‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 169 sur 525 · CARBONATE D’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

CARBONATE D’AMMONIAQUE

(Alcali volatil concret, etc.)

L’acide carbonique se combine avec l’ammoniaque en trois proportions bien définies; mais nous ne parlerons que de l’une d’elles qui seule est employée en médecine , le carbonate, d3 ammoniaque , sel que l’on nommait autrefois sous- carbonate dé ammoniaque , et que maintenant on appelle improprement sesquicarbonate , car , d’après sa composition , c’est le nom de carbonate sesqui-hasique qu’on devrait lui donner.

Il est produit dans la décomposition des matières animales et végétales azotées, soit spontanée, soit déterminée par le feu. Il cristallise en lames foliacées fibreuses, blanches, d’une odeur piquante d’ammoniaque, d’une saveur urineuse et caustique. Il est assez soluble dans l’eau.

Préparation . — Dans les manufactures où l’on distille les matières animales, telles que les os , pour fabriquer ultérieurement l’hydrochlorate d’ammoniaque, on obtient, dans les conduites qui transmettent les produits de la distillation ( opérée dans de vastes cylindres ) , des incrustations de carbonate d’ammoniaque qui acquièrent plusieurs pouces d’épaisseur et vont quelquefois jusqu’à obstruer les tubes ; ce qui oblige à démonter l’appareil assez fréquemment. Ce carbonate est ordinairement très blanc ; mais , par son exposition à la lumière , il prend une couleur brunâtre : cette teinte est due à une huile pyrogénée particulière , qui lui communique en même temps une odeur qui décèle sa provenance. Si, alors, on l’introduit dans une cornue de verre , et si on le recouvre d’une couche de craie et de charbon ; que l’on

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adapte au col de la cornue une grande aîonge communiquait avec un ballon , et que Ton chauffe modérément la cornue dans un fourneau à réverbère, il se volatilise et vient se condenser dans falonge et le ballon que Ton a soin de refroidir constamment par un petit courant d’eau. Il est alors très blanc et ne se colore plus par l’action de la lumière. Par ce procédé, on l’obtient à très bon marché.

Dans les officines , on le prépare ordinairement en traitant, dans un appareil semblable, avec le soin toutefois de remplacer la cornue de verre par une cornue de terre , un mélange d’une partie et demie de craie réduite en poudre par la rasion et d’une partie d’hydrochlorate d’ammoniaque pulvérisé. Ce mélange introduit dans la cornue, on ajoute par-dessus une demi-partie de craie également en poudre, et l’on procède à la distillation comme ci-dessus.

De même que pour la préparation de l’ammoniaque , on substitue avec avantage le sulfate à l’hydrochlorate de cette base , et , dans les laboratoires où cette opération se fait en grand , on fait rendre falonge dans des cruches en grès, dont le fond est percé d’un très petit trou pour donner passage aux gaz non coercibles , et l’on reçoit dans le même récipient, avant de l'en détacher, le produit de plusieurs distillations. On le retire entin en le cassant par fragmens que l’on renferme dans des flacons bouchés à l’émeri.

Si on laisse ce carbonate exposé pendant quelque temps au contact de l’air, il change de nature; il perd une partie d’ammoniaque, son odeur s’affaiblit, et il devient bicarbonate.

IJYDRiODATE d’ AMMONIAQUE.

Ce sel, qui n’existe pas dans îanature, cristallise, comme les indurés alcalins , en cubes ; incolore et transparent quand il est nouvellement préparé , mais se colorant en

CHIMIGOB ASIE.* — MÉDICÀMENS CHIMIQUES. 555 jaune par Faction de Fair ; il répand, ainsi que les iodures alcalins , une odeur analogue à celle que l’on respire sur les bords de la mer , ou , pour plus d’exactitude , à celle des plantes marines ; d’une saveur fraîche , piquante et rappelant celle de la marée.

Il est très hygroscopique, et se dissout abondamment dans Feau.

P réparation. — On l’obtient en saturant F acide h ydriodique par l’ammoniaque, ou mieux par le carbonate de cette base. Mais, ce procédé est coûteux, et on Fobtient plus économiquement en décomposant Fiodure de 1er par le carbonate d’ammoniaque.

HYDROCHLORATE DAMMONi AQUE .

(Sel ammoniac.)

Ce sel se dégage de quelques déjections volcaniques. Les pharmaciens de Naples en recueillent parfois en renversant , sur des fissures qui se produisent dans certaines laves du Vésuve, pendant leur refroidissement, des pots dans lesquels il vient se condenser. Il se forme également dans la combustion souterraine des houilles, et on le trouve concrété en masses blanches dans les fentes des roches qui leur servent de toit. Mais il est le plus ordinairement le produit d’un art anciennement exercé en Égypte , et qu’on peut , néanmoins, regarder comme appartenant à la France , et spécialement à notre époque , en raison des immenses progrès qu’on lui a fait faire et du bas prix auquel ses produits peuvent être donnés.

Le commerce nous le fournit sous forme de pains orbiculaires ou plus ou moins coniques, blanchâtres, quelquefois avec des zones noirâtres ou jaunâtres, d’épaisseur variable. Il est cristallisable en petits octaèdres disposés en barbes de plume ; il est inodore; d’une saveur fraîche , piquante , puis salée ; d’une pesanteur spécifique de i ,45; hygroscopique, très soluble dans Feau,

0t)4 pharivïacotechktê.

Préparation.*— La fabrication de Phyd rochlorate d’ammoniaque ne pouvant se faire avec avantage qu’en grand, constitue par cela même une industrie particulière, et qui n’est exercée à Paris que par deux manufacturiers , MM. Payen et Pluvinet. La série des opérations étant d une pratique longue , nous nous bornerons seulement à en exposer succinctement les principes.

On traite le produit aqueux de la distillation des matières azotées, telles que de vieilles semelles, de vieux chiffons de laine, des os, etc., par le plâtre brut. Le carbonate d’ammoniaque contenu abondamment dans ce produit , décompose le sulfate de chaux qu’il transforme en carbonate, en se changeant lui-même en sulfate : ce dernier est séparé par la filtration qui se fait dans de vastes cuves.

On traite ce sulfate d’ammoniaque par le chlorure de sodium: il y a double décomposition; il se produit du sulfate de soude et de Phydrochlorate d’ammoniaque, que l’on sépare en partie l’un de l’autre par voi e de cristallisation. On évapore ensuite Phydrochlorate d’ammoniaque jusqu’à siccité, et on procède à sa sublimation. Le sulfate de soude qu’il retenait encore, étant fixe, reste au fond du vase suhlimatoire.

Purification . — Comme on se sert , dans les travaux en grand, de chaudières en cuivre et en fer pour exécuter les diverses opérations dont nous venons de parler , le sel ammoniac du commerce , même le plus pur , recèle toujours des traces de fer, de matière charbonneuse et souvent de cuivre. 11 est donc urgent, lorsqu’il est destiné aux usages de la pharmacie , de le purifier. C’est à quoi Ton parvient facilement , en le dissolvant dans 1 eau , et y faisant passer un courant d’acide hydrosulfurique , jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité noir : parce moyen, on le débarrasse complètement du cuivre. On filtre la liqueur, et on la porte à l’ébul Si— lion pendant quelques instans, pour en dégager entiè-

CHlMlCOBASIE.*— MEDICÂMEINS CHIMIQUES. 535

rement l'acide hydrosulfurîque qu'elle contient; puis on y verse un très léger excès d’ammoniaque , qui en précipite tout le fer, et on sépare le précipité par le filtre. Alors , on évapore la liqueur dans une capsule de verre ou de porcelaine, à un feu très doux et en remuant continuellement jusqu’à siccité. On obtient ainsi une poudre cristalline, (rès blanche, qui est de l’hydrochlorate d'ammoniaque pur,

HYDROCHLORATE d’aMMONIAQUE ET DE FER,

(Fleurs ammoniacales martiales.)

Ce sel se présente sous forme de masses solides corn» pactes , de couleur de rouille, inodores, d’une saveur fraîche , piquante et atramentaire. Il est très soluble dans l’eau, qu’il colore en jaune léger.

Préparation. — On l’obtient en sublimant le sel ammoniac après l’avoir mélangé avec une certaine quantité d’oxide de fer.

Il Y DRO SULFATE SULFURE DAMMON ÎAQUE.

(Liqueur fumante de Boyle.)

Ce sel est liquide, jaune; d’une odeur fétide et ammoniacale , analogue à celle de certaines fosses d’aisances ; d’une saveur fortement alcaline et très désagréable; très volatil , et répandant des vapeurs blanches à l’air.

P réparation. —On l’obtient par la distillation à feu nu, d’un mélange de trois parties de soufre sublimé, de six parties de chaux hydratée, et de six parties d’hydrochlorate d’ammoniaque: on reçoit le produit dans un matras parfaitement sec.

PHAÎIMACOTECHNÏE.

Des préparations du manganèse.

Une seule est usitée en médecine.

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