‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 179 sur 525 · OXIDES DE FER · texte numérisé non relu

OXIDES DE FER

Lps deux suivans sont seuls employés.

1" Oxide noir de fer ( cthiops martial ). — On le trouve en grande quantité dans la nature, et sur-tout en Suède, sous forme de cristaux , de sable ou de masses irrégulières. Cet oxide est brun noirâtre, sur-tout à l’état pulvérulent , inodore , d’une saveur ferrugineuse , attirable par l’aimant.

Préparation.— Ce n’est jamais cet oxide naturel que l’on emploie sous le nom d’éthiops martial dans les officines. On a donné un grand nombre de procédés pour l’obtenir mais on le prépare le plus ordinairement en soumettant de la limaille de fer parfaitement pure à l’action prolongée de l’eau, sans le contact de l’air. On peut activer l’opération en élevant la température du liquide à environ + 20° centigr., et en agitant la masse de temps en temps.

-w Oxide rouge de ter ( colcothar , safran de mars astringent). — Il abonde dans la nature, et s’y présente sous forme de poudre ou de masses fcristallines concentriques. Il est d’un rouge plus ou moins foncé dans le premier cas , et d un rouge violet ; dans le second inodore , d’une saveur faiblement ferrugineuse.

Préparation . — Comme pour le précédent, dans les officines on n’emploie jamais cet oxide naturel. On l’obtient toujours en décomposant l’un des sulfates de fer ordinairement le prolqsulfate, par le feu. Pour cela , on le chauffe dans un creuset qui en est aux trois quarts rempli, que l’on ferme et que l’on place dans un fourneau où on le maintient au grand rouge-cerise, pendant plusieurs heures , jusqu’à ce qu’ enfin, le creuset ouvert , il ne s’en dégagé plus ni vapeur ni odeur d’acide sulfureux. Alors, on retire la matière par petites portions, et ou la projette

CHIMiCOBAStË.— MÉDIGAMENS CHIMIQUES. 545 toute rouge dans une terrine pleine d’eau ; puis on filtre, on lave à grande eau^ on porphyrise, on trochisque si l’on veut , et on fait sécher.

L’oxide rouge est encore employé à l’état d’hydrate: les anciens l’appelaient alors , safran de mars apéritifs safran de mars préparé à la rosée ; les praticiens de nos jours le désignent improprement par le nom de carbonate de fer j car lorsqu’il est pur , il ne contient point d’acide carbonique.

Cet oxide hydraté est pulvérulent , gris jaunâtre , inodore, d’une saveur faiblement atramentaire, insoluble dans l’eau.

P réparation. — On l’obtenait jadis , dans les officines, en humectant légèrement avec de l’eau de la limaille de fer bien pure, et l’exposant ensuite, soit à faction de l’air humide dhme cave, soit plutôt encore aux rosées du printemps. Le fer, placé dans ces circonstances, absorbe promptement l’oxigène de l’air et l’eau que ce dernier contient, et passe ainsi en grande partie à l’état d’oxide hydraté, que l’on sépare delà portion de limaille restant à l’aide de la pulvérisation et de la cribration.

De. nos jours , on a plus ordinairement recours au procédé suivant pour le préparer : on mélange, dans un grand vase de bois , les solutés aqueux , préparés séparément et filtrés , de dix-sept parties de sulfate de fer et de vingt parties de carbonate de soude cristallisé. Il se forme un abondant précipité de carbonate de fer hydraté, que l’on recueille et qu’on soumet à des lavages réitérés avec de l’eau aérée froide, pour faire passer le fer à l’état d’oxide rouge , et pour entraîner une certaine quantité de carbonate de potasse^ qui adhère fortement au produit; en même temps , facide carbonique abandonne le fer qui se trouve ainsi ramené à l’état de simple oxide hydraté. On fait égoutter ce dernier, puis on le réduit en trochisques, ou on se borne à le faire sécher sans le trochisquer, après quoi on le met en poudre , et on le renferme dans un flacon de verre»

PHARMACOTECHNÏE.

PROTOSULFATE DE FER.

(Vitriol vert , Couperose verte.)

On le trouve dans la nature, mais seulement dans les galeries de certaines mines en exploitation ou anciennement exploitées, et il provient toujours de la décomposition spontanée des pyrites ferrugineuses exposées au contact de l’air humide.

Il cristallise en rhomboïdes, de couleur verte, diaphanes, d’une odeur nulle, d’une saveur fortement atramentaire. Il est très soluble dans l’eau, et s’altère facilement par l’exposition à l’air où il prend une couleur de rouille, en changeant d’état; aussi , faut-il le renfermer dans de petits flacons parfaitement bouchés. Chauffé lentement et graduellement, à l’abri du contact de l’air, et sans dégagement d’acide sulfurique, il se fond dans son eau de cristallisation, et se transforme en une masse blanche qui est du protosulfate de fer anhydre. Si alors on lui restitue son eau , il reprend sa couleur verte. Lorsqu’on le chauffe plusieurs heures consécutives à une chaleur grand rouge-cerise, il se décompose complètement; son acide se divise en deux portions ; l’une se volatilise, et c’est ainsi que Ton préparait autrefois Y huile de vitriol ou acide sulfurique; l’autre se transforme en gaz acide sulfureux qui se dégage , et en oxigène qui se porte sur l’oxide de fer pour le faire passer à l’état de peroxide. C’est ainsi que nous avons dit que l’on obtenait l’oxide rouge de fer ( safran de mars astringent ) .

Préparation . — On le prépare en fesant agir l’acide sulfurique affaibli sur un excès de copeaux de fer. Lorsqu’il n’y a plus d’effervescence (effervescence due au dégagement du gaz hydrogène, parce que dans cette opéra-

CHIMIC0BÆS1E*— MÉDIGAME1NS CHIMIQUES. 347

tion l’eau est décomposée ), on décante la liqueur, on l’évapore, et on fait cristalliser par le refroidissement.

Dans les arts, on en prépare des masses énormes en utilisant, de la manière que nous venons d’indiquer, les eaux de lavage des huiles purifiées par l’acide sulfurique.

Dans certaines localités des départemens de 1 Aisne et de l’Oise, on en prépare également des quantités considérables, en fesant effleurir à l’air un schiste pyriteux très riche en alumine , en lixiviant, et en fesant évaporer et cristalliser. Lorsque les eaux-mères cessent d’abandonner des cristaux de sulfate de fer, comme elles contiennent en très grande abondance du sulfate d’alumine, on convertit ce dernier en alun, par l’addition de sulfate de potasse ou de sulfate d’ammoniaque, et quelquefois de ces deux sels réunis.

Le sulfate de fer provenant de ce dernier mode de fabrication contient toujours des traces plus ou moins sensibles de sulfate de cuivre , parce que le minerai qui le produit renferme une certaine quantité de sulfure de ce métal ; et, comme le sulfate de fer est parfois employé en médecine, à l’intérieur, il faut l’en priver. On a conseillé depuis long-temps, pour cela, de le dissoudre dans l’eau, et de le faire bouillir pendant quelques instans avec des lames de fer. Un procédé bien préférable à celuici consiste à dissoudre ce sel dans l’eau bouillante, et à faire traverser ce soluté par un courant de gaz acide hydrosulfurique, qui, non-seulement précipite tout le cuivre à l’état de sulfure noir, mais encore ramène complètement le sulfate de fer à l’état de protosulfate pur ; on filtre, et par le refroidissement ce sel cristallise.

PHARMACOTËCHNIB.

Des préparations d’étain.

Une seule est employée de nos jours en médecine; c’est le métal lui-même.

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