SULFATE D’ALUMINE ET DE POTASSE
(Alun.)
Ce sel existe en masses considérables, comme nous Pavons déjà dit plus haut, dans une roche volcanique, aux environs de la Tolfa et de Piombino , et dans le département de la Haute-Loire , d’où on le retire.
Il cristallise en octaèdres incolores , translucides, inodores , d’une saveur douceâtre, comme sucrée, et ensuite
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PHARMACOTECHJNIE.
astringente. Il est soluble dans beau , et plus à chaud qu’à froid. Il se fond dans son eau de cristallisation, et, si on continue aie chauffer, il abandonne peu à peu toute cette eau, se tuméfie considérablement , et se convertit en une matière spongieuse , blanche , très légère , que l’on appelle alun calciné. Cette calcination ne doit se faire qu’à une température qui ne dépasse pas le point voisin du rouge obscur ; autrement, le sel perd une portion de son acide y ce que Ton reconnaît à une vapeur blanche qui s’exhale du creuset , et, dans ce cas, il passe à l’état de soussulfate.
Préparation. — Les minerais ai un itères de la Tolfa, de Piombieo et de la Haute-Loire , après avoir été extraits du sein de la terre , sont grillés, puis exposés à l’air pendant plusieurs mois , où ils s’effieurissent peu à peu. On les lessive ensuite, on évapore le soluté, et on fait cristalliser.
Dans plusieurs départemens de France, tels que ceux de l’Aisne et de l’Oise , ainsi que nous l’avons dit en parla nt du sulfate de fer , on prépare Talun en brévetant les eaux-mères dont on a extrait ce dernier sel , soit avec le carbonate de potasse, soit avec le sulfate de la même base, et faisant cristalliser. Dans ce cas, on obtient l’alun à base de potasse.
L’extension que l’on a donnée à la fabrication du noir d’os et l’établissement de l’éclairage par le gaz de la houille, produisant du carbonate d’ammoniaque en quantité démesurée pour les besoins , permettent aujourd’hui de fabriquer le sulfate de cette base à très bon compte , et par suite , de l’e ployer avec avantage dans la p réparatin de l’alun, au lieu de la potasse ou de son sulfate : de là , l’origine de l’alun à base d’ammoniaque que l’on trouve dans le commerce. Gomme quelquefois les fabricans se servent simultanément des deux sels , on rencontre aussi l’alun à l’état de sel triple (sulfate d'alumine, de potasse et d’ammoniaque). On dis-
CHIMICOB ASIE. — MÊDICAMEHS CHIMIQUES 55 1
tingue facilement ces deux dernières sortes de la première, en les triturant dans un mortier, avec un peu d’un soluté de potasse caustique ou avec un peu d’hydrate de chaux ; elles répandent une odeur ammoniacale plus ou moins vive , ce qui n’a pas lieu avec l’alun à base de potasse.
Pour le plus grand nombre des usages , soit en médecine , soit dans les arts , il est à peu près indifférent d’employer l’un ou l’autre de ces trois aluns, pourvu qu’il soit pur ; mais comme , en grand , l’on se sert de chaudières de cuivre pour les préparer , le pharmacien doit toujours purifier ces sels en les dissolvant dans l’eau, et fesant passer à travers le soluté un courant de gaz hydrosulfurique.
Pour l’usage chirurgical , l’alun calciné ne doit jamais être préparé qu’avec l’alun à base de potasse.
Des préparations d’arsenic.
5ULFUKE d’arsenic.
On connaît cinq combinaisons en proportions définies du soufre avec l’arsenic; mais une seule intéresse le médecin sous le rapport pharmacologique ; c’est le sulfure jaune ( orpiment ou orpin ).
Il se trouve à l’état natif dans plusieurs contrées. Il est en masses cristallines , formées de lames flexibles , brillantes , d’une belle couleur jaune-citron; inodore ; insipide.
Préparation . — On obtient ce sulfure , dans les laboratoires , au moyen de deux procédés différons :
1° En précipitant, par un courant de gaz acide hydrosulfurique, une dissolution d’acide arsénieux dans l’acide hydrochlorique.
t) 52 tHARMACOTECHlSlË.
2° En sublimant un mélange de soufre et d’acide arsénieux, à une chaleur insuffisante pour en opérer la fusion.
Les produits fournis par ces deux procédés diffèrent entre eux, et sont loin en outre d’être identiques avec le sulfure naturel. Nous pensons que ce dernier seul doit être employé pour les préparations médicamenteuses dont il fait partie.
ÏODURE D’ARSENIC.
Cet iodure , toujours préparé par Fart, est solide , à cassure cristalline, de couleur rouge brique, d’une odeur d’iode ; très fusible , entièrement soluble dans l’eau qu’il colore en rouge.
Préparation. — Henry conseille, pour obtenir ce sel , de triturer cent parties d’iode avec seize parties d’arsenic pulvérisé, d’introduire le mélange dans une fiole et de chauffer au bain-marie. Lorsque la matière est complètement en fusion , on retire le feu , on laisse refoidir la fiole , et après l’avoir cassée on en détache le produit que l’on renferme dans un flacon à Fémeril.
Ainsi préparé, Fiodure d’arsenic est avec excès d’iode. Pour l’obtenir à l’état neutre, Plisson a proposé de recourir au procédé suivant. On introduit dans un matras mille parties d’eau distillée , cent parties d’iode et trente parties d’arsenic porphyrisé. On fait bouillir jusqu’à ce que la liqueur n’ait plus qu’une teinte jaune légère et qu’elle ne sente plus l’iode, onia filtre et on la fait évaporer promptement, jusqu’à siccité, dans une large capsule de porcelaine et en l’agitant sans cesse. On obtient par là une multitude de petits cristaux qui sont d’un rouge assez vif tant qu’ils sont encore humides, mais qui passent au rouge -violet de cinabre lorsqu’ils sont parfaitement secs. Dans cet état, pour peu qu’il y ait élévation
csiMïCoe Asoi . —uimCA mm chthiqüës. 853 de température, ils entrent en fusion , et, après leur refroidissement, ils présentent une masse cristalline d’un rouge plus ou moins briqueté. On peut très aisément opérer cette fusion dans un tube ou dans une fiole.