IODURE D’ANTIMOINE
Ce sel est toujours le produit de l’art. Il est cristallisé , d’une couleur rouge-brun lorsqu’il est en masse, et rouge de vermillon quand il est à l’état de poudre. L’eau le décompose.
Préparation. — On l’obtient en mettant trois parties d’iode dans une capsule de porcelaine, et y ajoutant par petites portions une partie d’antimoine; on a soin d’agiter le mélange avec une baguette de verre. Si l’on opère sur une certaine quantité de matière, on doit refroidir la capsule, parce que, dès la première introduction du métal, l’iode se liquéfie, et il se développe une chaleur très forte. Le mélange étant fait exactement, on l’introduit dans une cornue de verre que l’on fait communiquer avec un flacon à ouverture large, et on distille en chauffant graduellement, jusqu’à entretenir l’écoulement de Fiodure qui vient se solidifier dans le récipient.
CHIIVÏI COB ASIE — MÉBICAMENS CHIMIQUES. 365
PROTOCHLORURE d’aNTIMOINE.
(Beurre d’antimoine.)
Ce composé, toujours produit par Fart, est, dans son état de pureté, solide, cristallin, très cassant, incolore, d’une odeur acide, d'une saveur très caustique; doué de la propriété de cautériser les chairs sur lesquelles on l’applique ; très fusible, et répandant dans l air, lorsqu’il est fondu et un peu chaud , d’abondantes vapeurs blanches; très déliquescent et se résolvant, par l’absorption de l’humidité de l’air, en un liquide oléagineux, incolore et transparent, qui, versé dans l’eau, donne un précipité floconneux, d’une belle couleur blanche : ce précipité est le sous-protoclilorure d’antimoine ( poudre d’Alga roth).
Préparation. — On l’a long-temps préparé, et beaucoup de praticiens le préparent encore, en distillant, dans une cornue de verre dont la panse est remplie à moitié, un mélange de trois parties d’antimoine métallique pulvérisé et de huit parties de perchîorure de mercure ; et en recevant le produit dans une éprouvette, dans un petit malras, ou même dans le flacon où l’on doit le conserver. Mais aujourd’hui, on l’obtient plus beau et à bien moins de frais, en traitant, à l’aide de la chaleur et en plein air, du sulfure d’antimoine pulvérisé par l’acide hydrochlorique du commerce, jusqu’à ce que celui-ci refuse d’en dissoudre. On filtre la liqueur à travers le verre pilé ; on l’introduit dans une cornue, au col de laquelle on adapte un matras, et on chauffe doucement dans un fourneau à réverbère, jusqu’à ce que la liqueur qui distille commence à se figer au bec de la cornue. Alors, on change de récipient, on augmente un peu le feu, et le protochlorure d’antimoine distille et vient se concréter dans
^4 PHAKMACOTECHNIE.
le récipient. Pour l’en retirer, on le fond sur un bain de sanie, et on le coule dans des flacons d’une petite dimension a large ouverture et parfaitement bouchés j' 1 emenK A,nsi Préparé , le protochlorure est très
antimoniate de potasse.
Par ce nom, on fait connaître d’une manière approximative, la nature d’un médicament chimique de composition variable sous le rapport des proportions , et ont on distingue deux espèces ; savoir, dans le vieux angage, Y antimoine diaphonique non lavé ou fondant ,, ou y et 1 antimoine diaphorctic/ue lavé. L’un et
autre ont pour base la potasse combinée avec l’acide antinionique.
Préparation.-— On mélange exactement deux parties ci antimoine pur finement pulvérisé et trois pallies de nitrate de potasse; on introduit dans un creuset, et on chauffe jusqu’au rouge pendant une heure : on laisse refroidir, on sépare la matière du creuset et on la pulvérise. C’est l’antimoine diaphorétique non lavé, formé d’antimoniate de potasse et de nitrite de la même base.
Alors, on traite cette matière, d’abord par l’eau froide, et ensuite par l’eau bouillante, jusqu’à ce que le liquide en sorte insipide; on fait égoutter, on met en trochisques et on fait sécher. Par l’eau froide, on enlève le nitrite de potasse; par l’eau chaude, on décompose l’antimoniate de potasse , et on le transforme en antimoine diaphorétique lavé ou biantimoniate de potasse insoluble, et en antimoniate de potasse neutre qui reste dans la liqueur.
Si on verse dans le liquide un acide en excès, ce dernier s empare de la base de 1 antimoniate neutre, et on obtient un précipité très blanc de peroxide d antimoine ou acide antimonique hydraté, qui, lavé et
séché, portait autrefois le nom de matière perlée de R erkringius ,
CfflMtCOBÀSÏfl.— .MÉDICAMENT CHïMïQtTËS. 565
De nos jours, ces diverses préparations ont été justement abandonnées comme étant d’une composition incertaine, et comme pouvant être remplacées avec avantage, sous le rapport thérapeutique, par d’autres produits médicamenteux antimoniaux plus précis et d’un effet plus sûr.
Des préparations de bismuth.
Une seule est employée comme agent thérapeutique.