‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 222 sur 525 · STRYCHNINE · texte numérisé non relu

STRYCHNINE

La strychnine , découverte en 18f 8 par MM. Pelletier et Laventou , existe , à l’état de combinaison avec l’acide igasurique et presque toujours associée à un sel de brucine , dans plusieurs espèces de strychnos.

Elle est sous la forme de prismes presque microscopiques, quadrilatères , terminés par des pyramides à quatre faces ; de couleur blanche ; inodore ; d’une saveur amère presque insupportable, laissant un arrière-goût métallique. Elle est inaltérable à l’air. Soumise à l’action de la chaleur, elle ne se volatilise point et n’entre point en fusion.Elle exige 6667 parties d’eau à 10 degrés pour se dissoudre, et 2500 d eau bouillante ; insoluble dans l’alcool anhydre, se dissolvant sensiblement a l’aide de la chaleur dans l’alcool à 58 degrés et dans les huiles volatiles ; presque insoluble dans 1 éther^ les huiles fixes et les giaîsses. Elle réagit à la manière des alcalis sur les couleurs bleues végétales , précipite la plupart des bases

CHIMICOBASIE. MÉDICAMENS CHIMIQUES. 43g

inorganiques non alcalines , et , en se combinant avec les acides, elle forme des sels inodores , d’une saveur très amère et désagréable , précipitables par le tannin.

Préparation. — Parmi les procédés différens qui ont été proposés pour l’extraction de cet alcaloïde , nous nous bornerons à en indiquer deux , celui de M. Henry et celui de M, Corriol.

1° Procédé M. Henry. — On fait bouillir, à trois ou quatre reprises, la poudre de noix vomique dans l’eau ordinaire, en ayant soin d’ajouter, lors de la dernière décoction, une petite quantité d’acide hydrochlorique; on passe avec forte expression, on réunit tous les décoctés, et on les concentre jusqu’à consistance sirupeuse. Alors on ajoute , par portions, un léger excès de chaux vive pulvérisée ( dans la proportion de deux parties sur cinq de la noix vomique employée); on recueille sur une toile le précipité qui s’est formé, on le lave d’abord avec de l’eau pure, puis avec de l’acool à 22 degrés, on le fait sécher, on le réduit en poudre ûne , et on l’épuise enfin par de l’alcool à 58 degrés bouillant. Les solutés alcooliques réunis sont filtrés, puis distillés jusqu’à ce qu on ait retiré les trois quarts environ du liquide. On délaie le résidu dans une petite quantité d’alcool froid , et il se dépose aussitôt une poudre grasse d’un blanc mat ; c’est la strychnine altérée par une matière colorante qu’on enlève au moyen du lavage. On la dissout ensuite dans l’alcool bouillant, et on la fait cristalliser par le refroidissement. Pour l’obtenir aussi blanche que possible , on peut , tandis qu’elle est dissoute dans l’alcool , ajouter du charbon animal ; on la filtre après quelques instans d’ébullition. On y parvient mieux encore en la combinant avec l’acide sulfurique, décolorant par le noir animal , et précipitant par l’ammoniaque : il ne reste plus qu’à laver la strychnine précipitée, la faire sécher, la pulvériser, la reprendre par l’alcool et la faire cristalliser par évaporation spontanée.

phahmacotecüinie.

2 î rocéde de M. 6 ornol. — On fait, à trois reprises successives , macérer dans de beau la noix vomique râpée, et pendant huit jours chaque fois. On réunit les macérés , on les concentre jusqu’à consistance sirupeuse, et on les étend alors d alcool pour précipiter la gomme. On évapore au bain-marie , on dissout le résidu dans l’eau froide qui en sépare de la matière grasse; on filtre, on chauffe de nouveau, et on ajoute un lait de chaux. On recueille le précipité qui s’est formé , on le lave à l’eau , on le fait sécher, puis on le traite par f alcool bouillant qui, en se refroidissant, laisse cristalliser la strychnine. Pour obtenir cette dernière plus pure, on la lave avec une petite quantité d’alcool faible, après quoi on la dissout de nouveau dans l’alcool bouillant, et on la fait cristalliser . La brucine, accompagnée de matière colorante, reste en solution dans la liqueur du lavage et dans 1 alcool qui a laissé déposer les cristaux ; on l’en retire comme nous l’avons dit plus haut {Voy. pag. 457).

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