III. CLASSIFICATION
BES MÉBZCAMENS.
On s’est long-temps tourmenté pour ranger les médicamensdans un ordre méthodique. En vain les a-t-on classés tour-à-tour en officinaux et magistraux , en internes et externes , et en galéniques et chimiques ; il a fallu renoncer à ces modes de classement, comme trop peu exclusifs , plusieurs médicamens pouvant se rapporter également à deux classes différentes. Une autre raison non moins puissante est celle-ci , que ces coupes n étant pas assez fécondes en subdivisions , ne peuvent point servir de départ pour les embranchemens successifs de la classification.
Dans un siècle comme le nôtre, qui a créé ou perfectionné des méthodes si savantes , telles que celles de la Chimie, de la Botanique, de la Zoologie, etc. ,1a manière jusqu’ici arbitraire de ranger les médicamens laissait, dans cette partie des sciences médicales , une véritable lacune. C’est dans l’intention de la combler qu’un esprit sévère et ingénieux à la fois , M. Chéreau, a imaginé de ranger les médicamens en un certain nombre d’ordres, d’après la nature des préparations. Nous rendons à son travail toute la justice qu’il mérite , et cet aveu sincère nous mettraen droit, peut-être, de signaler dans Uintérêt de la science , ce que sa méthode peut avoir de fautif. D’abord , i! ne nous paraît pas avoir été heureux dans le choix de ses deux grandes coupes qui représentent, sous d’autres noms, l’une, les médicamens
officinaux, l’autre, les médicamens magistraux, point
CLASSIFICATION DES MÉDICAMENS. igg
de départ vicieux qui exposera toujours à des erreurs ; en second lieu, sa méthode est loin de pouvoir embrasser toutes les espèces de médicamens ; enfin , il a adopté pour les espèces qui se rapportent aux subdivisions de ces deux classes , des finales analogues : grave inconvénient qui empêche de les distinguer. Mais comme l’esprit humain n’arrive au parfait que graduellement, dans la succession des tentatives qui auront été faites pour réaliser une bonne classification pharmacologique, M. Chéreau , en mettant, le premier , sur la voie du vrai , aura acquis une belle part à la reconnaissance de la médecine.
M. Béral , venu après M. Chéreau, a su , en développant sa méthode , éviter l’inconvénient vicieux du point de départ , et nous avons regretté que dans sa classification, il soit retombé, en désignant les médicamens externes par une finale particulière, dans un défaut qu’il avait semblé d’abord reconnaître. En général , les médicamens internes et externes ne diffèrent entre eux que par leur mode d’application et non par leur nature. Enfin , nous signalerons dans sa méthode , sous le rapport du complément , le même inconvénient qu’à la première , puisque ne trouvant pas à y ranger tous les médicamens, il a été contraint d’en reléguer un certain nombre dans un appendice supplémentaire. M. Itérai a néanmoins le mérite de s’être maintenu dans la voie du progrès.
Avant ces deux auteurs , l’illustre Carbonneli avait donné une excellente méthode que nous croyons avoir complétée en y ajoutant la manutention. Mais cette classification ne range que les modes de préparation et non les médicamens ; et bien que , dans ce sens , elle soit précieuse et qu’il importe de la conserver , elle ne peut servir de cadre pour ranger ces derniers. En vain a-til annoncé que tous les médicamens pourraient y rentrer dans un ordre méthodique , la preuve dit contraire, cfesf
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qu’il ne l’a pas fait , et quel autre homme que lui était capable de réaliser cette conception ! la conclusion à tirer de cet argument , c’est que la chose était impossible.
Un mot convaincra nos lecteurs ; c’est que , dans la nomenclature de Carbonnell, la combinaison qui renferme les produits chimiques et les fait connaître , vient après la mixtion qui embrasse des médicamens ou entrent fréquemment ces mêmes produits. Il en résulte qu’il parle de l’emploi de ces produits avant d’avoir dit quels ils sont, et que, suivant un ordre vicieux , il expose le composé avant le simple.
Une autrepreuve, qui vient confirmer la première^c’est que deux hommes de mérite, MM. Henry et Guibourt , font tenté sans succès. Quand nous disons sans succès, nous ne portons de jugement que sur la classification suivie par ces auteurs , laquelle ne devait se rapporter qu’aux modes généraux de préparation. Quant au mérite intrinsèque et à la sévérité des détails , nous reconnaissons leur pharmacopée irréprochable.
Enhardi par l’exemple de ces devanciers , nous n’avons pas reculé devant l’idée, peut-être téméraire , d’embrasser tout le domaine pharmaceutique et de ranger les médicamens, sans exception , dans un ordre naturel. Il nous a semblé qu’une première coupe qui diviserait les médicamens en réguliers et irréguliers, nous permettrait de rapporter à ces derniers, tous ces médicamens anomaux qui ont jusqu’ici nécessité un appendice ^ tels que les sachets, les sparadraps, les éponges préparées, la charpie, etc. Nous en formerons la dernière classe de notre méthode, sous le nom d’ anomalie. Débarrassé de cette irrégularité, nous n’avons plus vu, vis-à-vis de nous, que des médicamens réguliers, et nous nous sommes trouvé plus à l’aise dans le choix du moyen déterminateur.
La base et l’excipient pous ont paru [non-seulement