Qualités preiBiières et qualités secondes. — Oa
distingue deux sortes de qualités dans les corps : les unes communes à tous les corps, par exemple, l'étendue et la résista; ce; ce sont les qualités dïle^ premières ; les autres qui n'existent pas toujours dans les corps et peuvent en être séparées, par exemple, la couleur ou le son; ce sont les qualités secondes. Les secondes supposent les premières. Les secondes sont relatives, les premières sont absolues. Cette théorie, quoique sujette à de sérieuses objections, doit subsister dans ses bases essentielles (126).
759. Erreurs des seus. — Quoique la question des erreurs des sens paraisse se rapporter surtout à la logique, cependant elle se rattache à la psychologie, parce que ces erreurs sont naturelles et universelles. Or, on démontre à l'aide de la théorie des perceptions acquises que les sens en eux-mêmes ne nous trompent pas, mais que, par de fréquentes associations qui ne sont pas assez souvent démenties pour être conjurées, nous nous habituons à attendre d'un sens les mêmes perceptions, liées en général aux perceptions d'un autre sens. Ainsi, pour l'ordinaire,^ une ligne brisée pour la vue correspond à une ligne brisée peur le toucher. De là vient que dans l'eau, nous croyons voir une rame brisée, ce qui n'est pas en réalité. C'est une erreur d'aïsociation, non de perception (129).
760. Données de la conscience. — La conscience est le sentiment intérieur que le moi a de lui-même; ses don-
nées sont toutes celles que fournit la perception du moi (105).
i° C'est de la conscience que nous viennent toutes les idées des phénomènes intérieurs.^ par exemple, les idées de plaisir et de douleur, de nos diverses sensations, de toutes les passions (amour, crainte, repentir, etc.), de tous les phénomènes intellectuels, à savoir l'idée des idées elles-mêmes, notions, roncepts, jugements, raisonnements.
2" La conscience du moi comme être et comme activité nous fournit l'idée de substance et de cause (112).
3° Elle nous fournit également (en tant qu'elle se combine avec la mémoire) la notion dhmité et d'identité, celle de durée eL enfin celle de tiberté (112 bis).
IX, — CONSERVATION ET COMBINAISON. — MÉMOIRE, — ASSOCIATIOIT DES IDÉES. IMAGINATION.
761.. Mémoire et imagination. — Les idées une fois acquises par l'esprit sont conservées et peuvent se reproduire, soit spontanément, soit volontairement.
C'est ce qu'on appelle mémoire ou imagination.
Imaginer, c'est se représenter un objet en l'absence de cet objet. Ces représentations s'appellent des images.
Si, dans la représentation d'un objet, on le reconnaît comme ayant été déjà perçu, c'est le souvenir, et la faculté de se souvenir est la mémoire (76-131).
La mémoire suppose donc le rapport au passé. L'imagination fait abstraction de la notion de temps (76).
Les différents sens ont chacun leur imagination; mais la vue est le sens qui reproduit les choses avec le plus de vivacité et de netteté. C'est elle qui a fourni le mot d'images d'où est venu le mot d'imagination (77).
762. Deux espèces d'ianagination. — L'imagination est double : 1» Elle est reproductrice,\ov&(\v\'e\\e ne fait que ramener devant nous les sensations passées. Elle se confond alors plus ou moins avec la mémoire, et on l'appelle mémoire imagina tive. Arislote l'appelait la fantaisie. 2" Elle est créatrice et productrice. C'est l'imagination des beaux-arts ; elle se rapporte alors au troisième degré de la connaissance, à savoir, 'l'élaboralioa.
763. Soutenir et rémiaiîsceuce. — La réminiscence n'est qu'un demi-souvenir : c'est une reproduction spontanée de quelque perception antérieure sans la conscience précise que
l'on a eu déjà cette perception. Le souvenir proprement dit suppose au contraire une relation précise avec le passé (lârj).
764. Perception el mémoipe. — L'une nous représente' les objets présents, les autres les objets absents et passés (134).
764. Mémoipe et imagination. — Quoique très liées et plus ou moins confondues à leur origine, elles se distinguent dans leur développement; elles diffèrent surtout en ce que les tableaux de l'une (l'imagination) sont libres tandis que les tableaux de l'autre (la mémoire) ne le sont pas (133).