‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 1 sur 429 · SOUP.CI · texte numérisé non relu

SOUP.CI

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PREFACE

Cet ouvrage est surtout un livre d'enseignement. Depuis le jour où il a paru pour la première fois, nous nous sommes toujours appliqué à lui conserver ce caractère.

Exposer, sous une forme concise et suffisamment complète, l’état présent de la science, tel était notre but ; il n'a pas cessé d’être le même.

Les limites dans lesquelles nous nous sommes renfermé nous ont permis de ne rien omettre d’essentiel. Nous avons rapidement glissé sur les parties de la physiologie, de moins en moins nombreuses, où les hypothèses tiennent plus de place que les démonstrations, et réservé à l’exposition des faits acquis les développements nécessaires.

Les expériences sur les animaux vivants, le microscope appliqué à l’étude de l’organisation et des phénomènes de la vie, les méthodes rigoureuses d’observation substituées aux incertitudes ou aux illusions de nos sens, les appareils enregistreurs qui nous révèlent l’infiniment petit de la durée et les moindres variations des forces qui s’agitent au sein de la matière vivante, les progrès rapides et incessants de la chimie organique, ont profondément remué les bases de notre science. Depuis que la physiologie s’est engagée, sans retour, dans la voie sûre et féconde de l’expérience, c’est-à-dire depuis le milieu de la première moitié du dix-neuvième siècle, les découvertes n’ont pas cessé de succéder aux découvertes et chaque jour qui s’écoule ajoute quelque chose aux acquisitions de la veille.

PRÉFACE

Notre Traité élémentaire de physiologie a paru pour la première fois en 1855. À dater de ce moment, les éditions de cet ouvrage se sont régulièrement succédé tous les deux ou trois ans, jusqu’à l’année 1870 de funeste mémoire. C’est à cette date, relativement éloignée, que remonte notre dernière édition, la sixième. Publiée à grand nombre, dans cinq tirages successifs, cette édition est épuisée depuis deux ans.

Dans une science en voie d’évolution continue, dix années écoulées ont modifié bien des choses et mis en lumière plus d’une vérité nouvelle. Aussi, la septième édition, que nous donnons aujourd’hui, a-t-elle subi de profonds changements. La plupart des chapitres ont été complètement remaniés. Dans la première partie, nous signalerons plus particulièrement ce qui touche à la respiration, au sang, à la chaleur animale, aux sécrétions, à la glycogénie, à la nutrition. La seconde partie consacrée à la physiologie des muscles ou des organes du mouvement, à l’étude des fonctions du système nerveux et à celle des organes des sens, peut être considérée comme entièrement nouvelle. Le dernier livre, réservé aux fonctions de génération ou de reproduction, a reçu aussi de nombreuses améliorations.

Si le fond du livre n’est plus le même, sa forme aussi a changé. La plupart des figures intercalées dans le texte ont été renouvelées et le grand in-8° que nous avons choisi nous a permis d’introduire les additions nécessaires sans grossir démesurément notre format.

Dans cette édition, comme dans les précédentes, nous avons adopté les divisions consacrées par un long usage. Nous n’avons pas cru qu’il fût nécessaire d’innover en ce genre.

Les coupes nouvelles qu’on a cherché à introduire dans l’étude de la physiologie sont moins physiologiques qu’anatomiques ou morphologiques ; elles sont fondées sous certains rapports, mais elles ne sont pas meilleures que les divisions anciennes et, souvent, elles le sont moins. Les diverses fonctions de l’économie animale ne sont que des divisions plus ou moins factices; elles ne sont, pour ainsi dire, que des instruments d’analyse.* Ce qui est plus essentiel, c’est de ne point oublier que les divers actes biologiques sont enchaînés les uns aux autres par des liens réciproques ; que toutes les fonctions concourent à un but commun, qu’elles sont indissolublement unies les unes aux autres, aussi bien que les organes qui les exécutent, et qu’elles ne sont isolées que dans nos descriptions.

PRÉFACE

Le lecteur trouvera, disséminée dans le corps de l’ouvrage, à la suite des principaux articles ou paragraphes, une bibliographie étendue des monographies ou mémoires relatifs aux diverses branches de la physiologie. Ces indications bibliographiques remplacent, dans la mesure du possible, les développements dans lesquels ne saurait entrer un livre d’enseignement; elles ne seront pas inutiles à ceux qui voudraient se livrer à une étude plus approfondie de la physiologie et suivre l’histoire de ses progrès.

Paris, lormars 1880.

Jules BÉCLÀRD.

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