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QUANTITÉ DU SANG

Pour évaluer-cettc masse liquide, on avait essayé de saigner un animal à blanc-, mais il reste toujours dans les vaisseaux une quantité de sang difficile à apprécier. Une injection complète du système vasculaire, destinée à en mesurer la capacité, ne donne pas de meilleurs résultats. Un moyen plus simple et en môme temps plus ingénieux consiste à calculer la quantité de sang d'après la dilution que lui fait subir l’injection d une quantité d’eau déterminée, étant connue la proportion de solide et de liquide qu’il contenait d’abord. Supposons qu’on ait constaté que le sang d’un animal contient, à un moment donné (sur un échantillon extrait par saignée), quatre parties de liquide pour une de solide. On introduit dans le système vasculaire une quantité d’eau égale à celle du sang qu’on avait retiré, puis on pratique une seconde saignée, qui naturellement donnera un liquide sanguin plus dilué que celui obtenu par la première. Si, par exemple, la première saignée était de 100 grammes et que, après injection de 100 grammes d’eau, la seconde saignée amène du sang deux fois plus aqueux, il sera facile, par une simple proportion, de calculer le sang que contenait primitivement l'animal.

Un procédé analogue, imaginé par Gréhant et Quinquaud’ (1882), estfondé sur la propriété que possède l’oxyde de carbone de donner une hémoglobine oxycarbonée, combinaison très fixe. On fait respirer à un animal une certaine quantité de gaz contenant des proportions d’oxyde de carbone bien déterminées. Au bout d’un quart d’heure, par exemple, on constate quel est le volume d’oxyde de carbone fixé par l’animal, et quel est le volume fixé par une quantité donnée de sang; ces deux volumes étant connus, il suffit d’un simple calcul de proportion pour obtenir le volume du sang total.

La méthode oui paraît avoir donné les meilleurs résultats e^t celle du lavage de'WELCKER- (1858). Un animal est décapité; on recueille tout le sang qui s’en écoule et on mesure le pouvoir colorant de ce liquide. On divise alors le cadavre en fragments et, par un lavage complet, on en retire tout le sang. En comparant alors le pouvoir colorant de l’eau sanguinolente ainsi obtenue au pouvoir colorant du sang déjà extrait, on peut facilement calculer quelle est la proportion du sang contenu dans cette «eau, et on obtient ainsi l’expression de la totalité de la masse sanguine. Il y a encore ici cependant de nombreuses causes d’erreur, parmi lesquelles il suffit de citer celle qui tient à ce que le lavage enlève non seulement le sang, mais encore la matière colorante des muscles, celle de la moelle des os spongieux, de la rate, etc., matières colorantes qui dérivent de celle du sang, mais qui, attribuées à ce liquide, donnent à l'évaluatidn de sa masse une valeur supérieure à ce qu’elle est en réalité.

On admet, en général, d’après les résultats fournis par cette méthode, que le poids total du sang est en moyenne la treizième partie

1. Ch. Quinquaüd (i843-i8g4), médecin français, connu surtout par .les travaux de chimie médicale.

2. II. Welcker (1822-1887), anatomiste et anthropologiste allemand.

CIRCULATION DU SANG

du poids tolal du corps de l’homme-, ce qui ferait donc 5 kilogrammes de sang pour l’homme, dont le poids moyen est de 05 kilogrammes - Lette proportion varie avec les espèces; elle est de 1/lH environ du poids du corps chez le chien, 1/20 chez le lapin et le

chez^le^apfn*^ ' ^ pa'dies du corps chez le chien et 5 p. lOO

Du reste, la masse du sang est très variable selon les circonstances ; état de jeune ou d absorption digestive est la condition qui inhuele

G est ce que Cl. Bernard avait indirectement prouvé en montrant qu’il aut, pour faire périr un animal en digestion, une dose de poison (strychmne, par exemple) double de celle qui suffit pour le tuer quand il est a jeun 11 est vrai que dans ce cas il faut tenir compte non seulement de ce que 1 organisme en général est gorgé de liquide, mais de ce que les déments anatomiques eux-mémes sont saturés et bien moins disposés à absorption du poison. Un fait plus significatif encore est le suivant: sur un lapin à 1 état normal, il faut enlever 30 grammes de sang pour amener la mort par hémorragie; au bout de trois jours d’inanition, il suffit d’enlever / grammes pour obtenir le même résultat. On comprend quelle importance a ce fait pour le médecin, au point de vue des saignées pratiquées au début d une maladie ou après plusieurs jours de diète.

La diarrhée, les sudations font aussi diminuer la quantité du sang.

Comment la masse totale du sang, qui reste constante, est-elle repartie dans les divers organes? Ce sont les muscles qui en contiennent le plus ; les viscères en contiennent moins (voy. p. 489). La quantité de sang d’un organe varie, suivant que l’organe est en repos ou en activité. On a vu (p. 173) que les glandes salivaires’ lorsqu elles sécrètent, reçoivent au moins quatre fois plus de sang qu à 1 état normal ; il n’a pas toujours été possible de mesurer d’une façon aussi précise l’afflux sanguin qui se fait dans les autres glandes, mais- on sait par des constatations plus ou moins directes que cet afflux n’est pas moins considérable. Dans les muscles qui se

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