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FONCTIONS DES CAPSULES SURRÉNALES

Dès les premières heures qui suivent l’extirpation totale des deux capsules, les animaux présentent de l’apathie et de la faiblesse musculaire ; ces phénomènes s'aggravent progressivement, la température s’abaisse (à cause sans doute de l’immobilité), la parésie devient de la paralysie, et celle-ci gagne les muscles de la respiration. La mort survient dans cet état, en une soixantaine d’heures chez le chat, en une trentaine d’heures chez le chien, en dix heures et quelquefois moins chez le cobaye, en cinq jours environ chez le lapin, etc. Pour les grenouilles, en été, la survie ne dépasse pas quarante-huit heures; en hiver, elle dure une douzaine de jours (d’après les expériences de Abeloüs et L.\nolois, 1892).

Ces accidents mortels sont dus uniquement à la suppression des surrénales.

En effet, 1» pour qu’ils se produisent, h faut que l'extirpation soit totale. La conservation de 1/10 des glandes suffît pour assurer la survie chez le chien (d’après les observations de J.-P. Langlois)'; — 2“ le trau. matisme ou les lésions nerveuses (plaies du péritoine, contusions des reins ou du foie, irritation ou déchirures des splanchniques ou du plexus solaire, etc.) qu’amène l’opération sont absolument inefficaces pour provoquer le syndrome décrit ci-dessus ; — 3“ en insérant sous la peau de grenouilles opérées des fragments de surrénales pris à d’autres grenouilles, on prolonge la survie des premières. Les essais de greffe sur les Mammifères ont toujours échoué, à cause de la nécrose rapide de la substance médullaire à laquelle seule paraît appartenir la fonction surrénale ; cependant deux expérimentateurs américains. B, Büsch et Van Bergen (1906) ont réussi, une fois sur trente opérations, à transplanter une capsule dans le rein d’un lapin, préalablement privé de l’une de ses capsules; cent-deux jours après, l’extirpation de la seconde n'entraîna pas la mort; mais, soixante-deux jours plus tard, l’extirpation du rein avec la surrénale greffée fut suivie, en trois jours, de la mort avec tous les symptômes que présentent les animaux acapsulés.

2® Mécanisme de la fonction surrénale.

Les animau.x privés de leurs surrénales semblent intoxiqués.

En effet, 1° l’injection intraveineuse ou sous-cutanèe du sang d’une grenouille mourante à, une grenouille qui vient d’être opérée entraîne une paralysie rapide et la mort. Le sang de chien acapsulé est semblablement toxique pour le chien ; — 2» le sang de grenouilles acapsu. lées paraît contenir des poisons curarisants (expériences de Abeloüs et Langlois, 1892) ; l’excitation électrique du sciatique ne provoque aucune réaction musculaire sur ces animaux, tandis que le muscle a conservé

1. 11 est nécessaire que dans la petite portion restante il se trouve quelque peu de la substance médullaire des capsules ; s'il n’y a que de la substance corticale, la mort survient à coup sûr.

NUTRITION

son excitabilité ; il en est de même chez le cobaye ; — 3° la courbe de la fatigue (produite par des excitations régulières du sciatique) n’est pas la même chez les grenouilles acapsulées et chez les normales, la fatigue Survient chez les premières plus rapidement et ne disparaît pas par le i’epos même prolongé (expériences de Abelous, 1893) ; 4® la mort survient plus rapidement chez les animaux acapsulés si on tétanise les muscles (expériences de AlbaneseS 1892).

De là la théorie émise par Abelous et Langlois et que beaucoup de physiologistes ont acceptée, à savoir que les surrénales détruisent normalement ou neutralisent des substances toxiques résultant de la contraction musculaire.

Où s’exerce cette fonction surrénale? Dans la glande elle-même ou dans le sang? Cette question n’est point tranchée, car les injections d’exti ait surrénal aux animaux acapsulés n’ont donné que des résultats peu précis et d’ailleurs inconstants. — Et comment s’exerce cette fonction? Op ne le sait pas davantage.

Propriétés physiologiques de l’adrénaline. — On a extrait des capsules surrénales une matière azotée, cristallisable, lévogyre assez soluble dans l’eau chaude, qui se combine avec les acides pour former des sels, V adrénaline de Takamine^ et d’ALORicn * qui l’ont isolée à peu près en même temps (1901) et dont la formule serait ; C®Il“AzO*. Les glandes en contiennent 0,1 à 0,17 p. 100, surtout dans la partie médullaire.

Cette substance, injectée dans les vaisseaux, manifeste des propriétés remarquables sur le cœur et sur les vaisseaux*; le cœur .se ralentit et ses contractions deviennent plus amples ; la pression artérielle s’élève énormément ; il suffît de 0«f, 0000013 de chlorhydrate d’adrénaline pour produire cet effet chez le chien (Takamine). Tous les muscles innerv'és par le système sympathique éprouvent l’action de l’adrénaline: la pupille se dilate, les muscles des poils se contractent, les mouvements péristaltiques de l’intestin sont inhibés, etc. — En instillation ou en badigeonnage à la surface des muqueuses, elle provoque une anémie locale et une hémostase qui sont utilisées en ophtalmologie et en rhinologie. — Il a été déjà parlé (voy. p. 619) de la glycosurie à laquelle donne lieu l’injection de cette substance. Comme action sur le métabolisme, signalons encore l’infiltration calcaire de la tunique moyenne des artères (arlério-sclérose expérimentale), consécutive aux injections répétées d’adrénaline. — La toxicité générale

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