‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 480 sur 510 · Physiologiste français contemporain · texte numérisé non relu

Physiologiste français contemporain

2. L. Fredericq et.l.-P. Nüel, Éléments de physiol. humaine, 6® édit., Gand et Paris, 1910, p. 4'l9-4^o.

Fig. 297. — Polygone de .sustentation dans la station debout (Andu4 Broca).

LES FONCTIONS MOTRICES

position exige : 1® des contractions des muscles de la nuque, car la tête aune tendance à, tomber en avant, la verticale menée par son centre de gravité passant au-devant de l’articulation occipito-atloïdienne (voy. Cg. 293, p. 1153). — 2° des contractions des muscles spinaux pour assurer la direction rectiligne de la colonne vertébrale ; — 3® des contractions des muscles antérieurs de la cuisse pour empêcher le tronc de tomber en arrière (voy. p, 1153);

Au moyen d’un dispositif spécial, on a d'ailleurs pu enregistrer les oscillations constantes delà station debout, dues aux contractions musculaires (Bergonié).

B. Statiou assise et station couchée. — Les conditions d’équilibre sont dans ces deu.x positions beaucoup plus simples.

Dans la station assise, les contractions des muscles dorsaux et de ceux des gouttières vertébrales sont nécessaires si la tête et le dos ne sont pas appuyés; elles deviennent inutiles quand la tête et le dos se trouvent convenablement appuyés.

La station couchée se réalise tout naturellement, sans le concours d’aucun muscle; tous les muscles peuvent être dans cette position en résolution complète.

2° Locomotion.

Nous avons étudié les conditions générales des mouvements accomplis par les muscles et des déplacements (locomotion en général) que ces mouvements effectuent (p. 1153 et suiv).

Parmi ces déplacements, un des plus importants est celui du corps en entier, c’est-à-dire la marche.

A. iMarche. — Dans la marche, le corps ne quitte jamais le sol, mais repose tantôt sur un pied (iemps de simple appui), tantôt sur les deux pieds {temps de double appui). Chaque jambe lui communique tour à tour la force vive nécessaire à la progression ; le moteur est le muscle soléaire, le point d’appui est le pied.

Soit le moment où les deux pieds touchent le sol et soit le pied gauche en avant du droit; les muscles de la jambe droite se tendent, de sorte que cette jambe se place plus ou moins dans le prolongement de la cuisse et le pied dans le prolongement de la jambe ; ainsi le corps se trouve poussé en avant, ne portant plus que sur le pied gauche ; cependant il ne tombe pas, parce que la jambe droite, ayant fini de pousser, pivote autour de la tète du fémur et vient appliquer le pied droit sur le sol; le mouvement en avant est donc arrêté, en même temps que s’est accompli le premier pas ; un autre y succède, la jambe gauche prenant à son tour le rôle de propulseur. Le pied qui arrive à l’appui touche le sol d’abord par le talon, puis par toute la surface plantaire et se soulève sur la pointe. La pression du pied qui se pose sur le sol est plus forte que cette même pression dans la station verticale, car à la pression due au poids

MÉCANIQUE ANIMALE

HGl

même du corps s’ajoute celle qui tient soit au travail d’impulsion de la masse du corps, soit à la perte de force vive lors du choc du talon sur le sol.

Outre l’action du soléaire pendant l’appui, les principales actions muslaires en jeu dans la marche sont celles qui se passent dans la jambe oscillante (flexion de la cuisse sur le bassin, puis de la jambe sur la cuisse, puis, quand la jambe oscillante a croisé la jambe restée à l’appui, extension de la première et extension du pied).

^ Toutes ces données résultent principalement d’expériences faites à l’aide des méthodes graphique et surtout chronophotographique (Mahey) (voy. fig. 298), grâce auxquelles on a pu fixer les déplacements des divers segments du corps humain pendant la marche.

B. Course. — Dans la course les phénomènes mécaniques sont les mêmes, mais, outre que les mouvements sont plus rapides, il n’y a plus de double appui ; au contraire, il y a un temps de suspension pendant lequel, entre deux appuis des pieds, le corps reste en l’air un instant. La durée de ce temps de suspension paraît peu varier d’une manière absolue ; mais si on l’apprécie relativement à la durée d’un pas de course, on voit la valeur relative de cette suspension croître avec la vitesse de la course, car avec cette vitesse diminue la durée de chacun des appuis.

Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est la manière dont se produit, d’après Marey, ce temps de suspension; on pourrait croire, au premier abord, que c’est l’efTet d’une sorte de saut, dans lequel le corps serait projeté en haut, de manière à décrire en l’air une courbe au milieu de laquelle il serait à son maximum d’éloignement du sol. 11 n’en est rien ; le temps de suspension correspond au moment où le corps est à son minimum d’élévation; ce temps de suspension ne tient donc pas à ce que le corps est projeté en l’air, mais à ce que les jambes se sont retirées du sol par l’effet de leur flexion (Marey).

Fig. 298. — Coureur de Maukï.

Le sujet a un vêtement noir, sur lequel des lignes et des points blancs jalonnent la position des divers articles mobiles. Grâce à cet artifice, les images successives du marcheur ou du coureur restent distinctes les unes des autres, réduites qu’elles sont à des lignes (chronophotographie sur plaque fixe).

LES FONCTIONS MOTRICES

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