‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 239 sur 385 · EXCITATEUR UNIVERSEL · texte numérisé non relu

EXCITATEUR UNIVERSEL

L’une des branches étant mise en conununication avec l’arniaturc e.xtérieure d’une batterie, on fait communiquer l’autre avec l arinature intérieure par le moyen de rexcitateur à manches de verre. Au moment où se produit l’étincelle, le fil rougit, fond ou

Fig. 3U5. — Excitateur universel.

brûle suivant sa nature chimi(iue, et laisse une trace sur une feuille de papier c placée derrière. Lorsqu’on se sert d’un fil d’or, c’est une trace violette formée par la vapeur d’or qui présente l’analogie la plus complète avec les taches que la foudre laisse sur les murs quand elle a frappé des cordons de sonnette renfermant des fils dorés.

465. Portrait de Franklin. — La volatilisation de l’or donne lieu à une très-jolie expérience connue sous le nom de portrait

Fig. 3%. — Presse pour le portrait électrique.

électrique. On pratique sur une feuille de carton (fig 397) des découpures dont l’ensemble forme un dessin, le portrait de Franklin par

tiüî ÜÉCHAKÜl-; DKS CONDENSATECKS.

exemple; îles lames trélain sont collées de chaque tiMé de la feuille. En avant de la découpure on place une feuille d’or et en arrière un

petit carton blanc; on recouvre la feuille d'or des parties qu’on voit en haut et en bas de la figure et on place le tout sur une presse (fig. 396) qu’on serre fortement, en laissant déborder les lames d’étain.

La presse est placée ellemême sur le support de l’excitateur universel et on amène les Imules au contact des lames d’étain. On fait alors passer la décharge, l’or se volatilise et va pioduire, aux points placés vis-à-vis des jours de la découpure, des taches violettes qui reproduisent le dessin.

466. Vitesse de propagation de l’électricité. — Aussitôt après la découverte de la bouteille de Leyde, on essaya à diverses reprises de mesurer la vitesse avec laquelle se propage la décharge dans la chaîne conductrice ipii réunit les deux ai'inatures. Watson, vers 171(8, opérait de la manière suivante : Deux fils de fer, de 1872 mètres de longueur, étaient dispo.sés sur des supports isolants et repliés de manière que les quatre bouts fussent à côté les uns des autres; l’un des bouts intermédiaires est en communication avec l’armature extérieure d'une bouteille, et l’aulre peut être rapproché de l’armature intérieure. Watson prenait à la main les deux bouts extrêmes et on faisait passer l’étincelle. Bien que les deux électricités eussent chacune 1872 mètres à parcourir pour arriver au corps de l’observateur, il ne put jamais parvenir à saisir le plus |)etit intervalle de temps entre le moment oîi se produit l’étincelle et celui où la commotion est ressentie. On en conclut que la vitesse de transmission de la décharge était l)eaucoup trop grande pour permettre une mesure directe.

Kig. :W7. — Expt'i iencc du portrait do Franklin.

VlîKSStî DK LÈLKCTRICITÉ.

M. W lipalstonc, voi-s 1836, a repris les cxpériciiocs de Walson, mais en y appliquant la métliode du miroir lournanl dont nous avons pai'lé plus haut (437). Il faisait pa.sser la décharge d’une hatlerie dans une chaîne présentant trois solutions de conlimiilé, ce qui donnait lieu à trois étincelles. Kn opérant devant le miroii-, on observe dans la position des images un dé|ilacement dil à la transmission dans le conducleur. Suivant une des expériences, la décharge emploierait 1, 1152000 de seconde pour parcourir un lit de cuivre de 400 métros de longueur; donc, dans une seconde, l’e.space parcouru serait égal à 1152000 x 400"’ = 460 800 000 mètres, ce ((ui fait environ 115 000 lieues; c’est une vitesse supérieure à celle de la hamièro, (jui parcourt 77 000 lieues par .seconde.

Le mode d’e.xpériinentatiüu employé par AI. W'healstone présente de très-grandes difficultés de mesure; ce n’est donc pas tant au nombre ohlenu qu’il convient d’attacher de l’imporlance qu'au fait lui-méme. Il est établi eu effet, par cette expéi ience, qu’au moment où l’on réunit les deux armatures d’une bouteille de Leyde, il se produit, à partir du point de contact et dans les deux sens, sur le conducteur de décharge, une sorte de courant qui se propage d’ailleurs avec une extrême rapidité.

467. Résistances relatives. — Il est probable, d’après les expi’’liences faites ultérieurement sur le courant électrique proprement dit, que les résultats seraient différents si l’on changeait la nature du fil, si, par exemple, on substituait au cuivre le fer et surtout le platine. Cola provient de la différence de conductibilité entre les différents métaux, c’est-à-dire du plus ou moins de résistance qu’offrent leui-s molécules au mouvement des fluides dans leur intérieur. L’élévation de température des fils devant être attribuée à l'ébranlement des molécules est d’aiiianl plus considérable que la conductibilité est moindre. C’est ce ([iii résulte de divei-ses expériences et notamment de celles de Al. Itiess, iiue nous rappellerons plus loin à proiios de réchaulTenient des fils par les courants voltaïques. Dans les recherches de celte nature, la quantité d’électricité employée pour la charge de la batterie se mesure à l’aide d’un instrument appelé bouteille électrométrique de Lane.

C’est une bouteille de Leyde dont l’armature externe coiiunu-

nÈCHARGK DES CONDENSATEURS.

Fig. 30H. — lïoiilfillc rlectromrlri<|ih! rie Lam*.

nique par m avec une colonne verticale conductrice (fig. 398). Au sommet de celle-ci peut glisser une tige b. de façon à placer la boule terminale à des distances variables de la iKuile a.

Pour se servir de l'appareil, on met en communication son

armature interne avec l’armature externe de la batterie isolée, et l'on faitconmiuniquer la colonne avec le sol. A mesure que la batterie se charge, la bouteille se cbarge aussi. Lorsque la quantité d’électricité aura atteint une certaine, limile, une étincelle jaillira entre n et b et il y aura une décharge spontanée de la bouteille. Après cela la charge recommencera, et il est bien évident que si l'on maintient les boules a et b h la même distance, cbacune des étincelles correspond à une quantitid’électricité déterminée et que l’on peut prendre pour unité. Les charges successives d’une batterie peuvent donc être mesurées par le nombre d’étincelles de décharge de la bouteille éle.ctrométrique.

468. Effets mécaniques. — La décharge électricpie à travers les corps mauvais conduclenrs donne lieu ii divei'ses expériences très-connues.

1" Pcrcc-ciirie. — On place une carte (lig. 399) entre deux pointes faisant partie de deux garnitures métalliques séparées l’une de l’autre par une colonne de verre. La partie inférieure étant mise en communication avec l’armature extérieure d'une bouteille de Leyde que l’on tient à la main, on approche le houton de l’autre conducteur; il se produit une étincelle qui se reproduit entre les deux pointes et qui détermine la perforation de la carte. On remarque dans cette expérience que le trou n’est pas au milieu de l’intervalle des deux pointes, il est au contact de la pointe négative. Cet effet parait dû à la présence de l’air. En effet, en disposant l’expérience de manière il pouvoir raréûer l’air ambiant, on remaixiue qu'à mesure que la force élastique diminue, le trou se rapproche du milieu.

Page 1