PILE DE VOLTA
reiils, et en général au contact de deux substances différentes, il se développe une force électromotrice en vertu de laquelle les électricités contraires provenant de la décomposition du fluide neutre sont maintenues séparées. 11 se produit par conséquent un état d’équilibre entre les attractions mutuelles des fluides et la force électromotrice.
Supposons, d’après cela, que sur une plaque isolante (flg. ti36) on place un disque de cuivre et de zinc soudés, l’équilibre s’établit et les deux métaux constitutifs du couple sont électrisés contrairement. Qu’on place au-dessus du cuivre une rondelle de drap d imbibée d’eau acidulée et recouverte d’un second couple, celui-ci partagera par voie de conductibilité l’électricité positive du zinc; mais, en vertu de sa force électromotrice propre, il y aura une décomposition nouvelle de fluide neutre, si bien que l’intensité de l’électricité positive du second zinc sera supérieure à celle du premier. Par la même raison, le premier cuivre aura une intensité d’électricité négative supérieure à celle du second. On voit clairement que, par suite de cette indépendance d’action propre de chacun des couples, l’intensité de la charge électrique augmentera aux extrémités ou aux pôles de la pile à mesure que le nombre des couples sera plus considérable , si bien qu’en réunissant ces extrémités par un fil métallique, on aura un courant dont l’intensité seia en rapport avec le nombre des couples.
Telle est l’origine de l’invention de la pile -, c’est vers l’année 1800 que Voila publia celte découverte, que l’on a justement considérée comme la plus importante de la physique moderne, celle qui a eu l’influence la plus décisive sur ses progrès et qui a donné lieu aux applications les plus diverses et les plus intéressantes.
Devant l'éclat de cette découverte disparut, pour ainsi dire, l'intérêt avec lequel les savants suivaient la discussion engagée entre
Fig. 430. — Pile de Volta.
DE LA PILE ET DU COURANT
Volta et Galvani. Ainsi passa inaperçu le fait considérable qu'il y a dans le corps des animaux du fluide électrique dans les conditions propres à produire dans certains cas un courant de sens déterminé.
Quant aux idées théoriques qui servirent de guide à Volta, elles ne sauraient supporter un examen sérieux, elles sont on peut dire en contradiction manifeste avec ce qu’il y a de plus fondamental dans la science. S'il y a, en elTet, un principe absolu, c’est que les forces physiques ne se créent pas, qu’elles naissent les unes des autres en éprouvant diverses transformations, mais qu’il n’est pas plus en notre pouvoir de les créer ou de les détruire qu’il ne l’est de créer ou de détruire la matière. Comment comprendre dès lors que le courant, qui est susceptible de produire lui-mème des phénomènes actifs de divei'ses sortes, puisse avoir pour origine le phénomène passif du contact? Cela est tout à fait contradictoire. Mais
qu’on regarde fonctionner une pile : à mesure que se produit à l’extérieur de l’appareil le travail propre du courant, on voit à l’in-
Kig. 437. — Pile à colonue.
térieur un travail correspondant, dont le premier est la transformation et la conséquence; c’est le travail chimique. Si donc nous utilisons pour diverees expériences la chaleur, la lumière, ou une action mécanique quelconque, dues au courant, c’est parce qu’un certain travail chimique s’est accompli, lequel s’est partiellement transformé; ce n’est donc que gn\cc à une certaine dépense que nous obtenons un elTet déterminé conformément aux principes fondamentau.x de la mécanique.
512. Pile à colonne. — La pile de Volta a reçu depuis son invention diveraes modifleations de forme ; nous indiquerons ici les dispositions les plus connues.
La pile à colonne (fig. 1|37) est la réa-
lisation primitive de l’idée de l'inventeur. Elle se compose d’une
sfh ie de doubles disques de cuivre et zinc soudés, disjiosés dans le