‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 337 sur 385 · MIRAGE · texte numérisé non relu

MIRAGE

Le mirage précédent est le mirage inférieur. On l’observe trèsrarement dans nos pays. Le mirage latéral est, au contraire, assez commun; ii se produit au voisinage d'un mur exposé au midi et fortement échauffé par le soleil.

Dans ce cas, les objets placés à une certaine distance donnent lieu à des rayons qui viennent se réfléchir sur l'une des couches d’air voisines du mur. L’observateur voit, par conséquent, une image de l'objet; si celui-ci est mobile, on voit l image et l’objet se rapprocher ou s’éloigner i’un de l’autre, se pénétrer quelquefois en partie, ce qui donne iieu à un spectacle assez singulier.

Le mirage supérieur est très-fréquent en mer quand l’air est calme; il est produit par la réflexion des rayons venus d’un navire sur des couches d’air supérieures ; on voit alors une image renversée du navire, située au-<lessus de lui et présentant en général une sorte de confusion ou de pénétration à la région de contact.

727. Chambre claire. — La chambre claire, instrument fort employé soit pour le dessin, soit pour la mesure du grossissement dans les instruments d’optique, est fondée aussi sur le phénomène de la réflexion totale. On peut lui donner des dispositions assez

Fig. 010. — Cliambre claire. Fig. 057. — Cliainbrc claire.

diverses; la figure 656 représente celle qui a été proposée par Woilaston. L’organe essentiei est un prisme à quatre faces, dont deux sont perpendiculaires l’une sur l’autre, tandis que les faces opposées se coupent sous un angle de 135»; les deux autres angles sont sensiblement égaux à 67“,5.

L’une des faces perpendiculaires est tournée vers les objets extérieurs ; un rayon x pénétrant normalement par cette face tombe

PHYS. DE3CHANEL. 5g

RÉFRACTION

sur les deux faces inclinées à 135”, sous un angle de 67° environ, angle très-supérieur à l’angle limite; il se réfléchit donc normalement sur la seconde face perpendiculaire et peut être reçu par l’œil. On peut placer l’arête a du prism e de façon que l’une des moitiés de la pupille pp reçoive le faisceau x venant des objets extérieurs et l’autre moitié un autre faisceau provenant d’une feuille de papier blanc placée au-dessous. On pourra donc voir i'i la fois, projetées sur la feuille de papier, et l’image virtuelle des objets extérieurs et la pointe d’un crayon avec laquelle on pourra les dessiner. Le prisme e.st porté borizontalement sur un pied (flg. 657) et peut ‘tourner librement autour de son axe. La face supérieure est recouverte d’un écran percé d’une ouverture de quelques millimètres de largeur, et placée dans le voisinage de l’arête a de manière à dépasser le prisme d’une quantité variable.

L’œil ayant besoin de s’approprier aux diverses distances des objets qu’il aperçoit, la simultanéité des deux images, très-inégalement distantes en réalité, produit rapidement un sentiment de fatigue très-prononcé. On atténue beaucoup cet inconvénient en plaçant sur le trajet des rayons et en avant du prisme un verre concave, (jui rapproche, comme nous l’expliquerons dans le chapitre suivant, l’image virtuelle des objets extérieurs. On peut aussi tailler la face Dü de manière à lui donner la courbui-e néce.ssaire pour produire le même elTcl.

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