CHAPITRE Y
DES BRUITS DE l'oRGANISME.
905 Diverses espèces de bruits prolonges. - Nous avons appJé brait toute sensation sonore due à uu mouvement mii n'est pas régulièrement périodique.
^ Au foint de vue de l'étude des bruits d'une durée appréciable, hrniT nrolonoés qui prennent naissance dans l'organisme a îLf noiro:^riog^ il est utile d'établir diverses catemries gue l'on peut caraclériser-ainsiqu 11 suit. ^ mllmenl, bourdonnement, .iridulation. - Le brmt de roTleiZ dont le type est le bruit produit par une voiture tramée TuTe route pavée/paraltcocstitoé par la production sinaultanee Su g and nombre de sons graves discordants entre eu. et don les int usités varient considérablement à des intervalles de temp «lurts ê inégaux. Si la Hauteur des sons simultanément emis S e eu me°me temps que les variations d'intensité eviennent plt l réquenles, le bruit devient un (,o«.do».m«l. Enfln. lorsque les sons constituants sont très aigus le bruit porte le nom de
"'^Xuc^tion. - on appelle ainsi des bruits dus à 1 émission successive de sons très brefs avant chacun ™e durée rop courte pour que l'oreille puisse en apprécier la bauteur. Suivant d^ai leur que la bauteur des sons est moins ou plus grande, le brù est apnelé raie on crépUation. Un exemple de bruit de raie est c ù du br^uit engendré par la rotation de deux roues dentées n bois qui engr nent l'une avec l'autre ; la bauteur des sons n tHua'nt le râle est réglée par la grandeur des dents es roue^. Gargouillement. - Lorsque la hauteur des sons constituants au lieu d'être sensiblement constante comme dans le raie est périodiquement variable, c'est-à-dire lorsque le — ; par des sons de très courte durée mais de hauteurs dillerentea et se succédant toujours dans le même ordre, on dit qu il y a gar-
gouillement. Le type de ce bruit est donné par le passage d'un grand nombre de molécules gazeuses au sein d'un liquide. Chaque bulle de gaz, en pénétrant dans le liquide, y détermine un ébranlement et par suite un son bref dont la hauteur, peu élevée, est réglée par la masse liquide ; au contraire, la hauteur, plus élevée, du son engendré au moment où la bulle vient crever à la surface du liquide est en rapport avec la grosseur de la bulle.
Souffle, sifflement ou sibilance — Le bruit de souffle est celui qui se produit lorsqu'un courant d'air traverse une ouverture assez large ou passe d'un tube plus étroit dans un autre plus large. Le bruit de sifflement ou de sibilance est celui qu'on obtient par le passage de l'air à travers une ouverture très étroite. Bien qu'il soit assez difficile d'apprécier la tonalité exacte dans les bruits de soufQe et de sibilance, la différence des hauteurs auxquelles ces bruits correspondent est assez facilement perçue pour qu'une confusion ne soit pas possible.
Un bruit de souffle se fait entendre aussi lorsqu'un courant d'air passe d'un tube plus large dans un tube plus étroit, mais l'intensité du bruit est alors moins grande que celle qui correspond au passage en sens inverse.
• On peut dire, d'une manière générale, que la hauteur du souffle est en quelque sorte réglée par la hauteur du son propre de l'espace dans lequel pénètre le courant d'air.
206. Bruits de la respiration. — L'ensemble du conduit que l'air parcourt à lïnspiratiou et à l'expiration présente des variations de diamètre propres à engendrer des bruits de souffle, et les exsudais, plus ou moins liquides, dont les parois des tubes aériens peuvent être tapissées dans divers états pathologiques, donnent naissance à des râles et à des gargouillements. L'importance clinique de ces bruits est telle qu'il est nécessaire d'en rechercher l'origine.
Deux régions sont plus aptes que toutes autres à déterminer des bruits de souffle; ce sont d'une part la glotte, d'autre parties vésicules pulmonaires, celles-ci consiituaut un espace relativement considérable par rapport aux fines ramifications bronchiques qui viennent y déboucher. A ces deux niveaux prennent naissance des bruits de souffle : souffle trachéal dans la région glotlique, murmure vésiculaire dans toute la masse des poumons. On
BRUITS DE LA GIRCULiYTION. ^'01 oercoit d'ailleurs ce bruit par l'auscultation, c'est-à-dire en applinuanl l'oreille sur les régions correspondantes de la poitrine.
La hauteur du souffle trachéal est moindre que celle du murmure Yésiculaire; c'est qu'en effet le son propre de la trachée est moins élevé que celui des vésicules du poumon. En outre, le Touffle trachéal est plus fort à l'expiration, le murmure vesiculaire plus intense à l'inspiration ; cela tient à ce que les bruits de souffle, ainsi que nous l'avons dit plus haut, ont une intensité plus -rande lorsque le courant aérien passe d un tube étroit dans un tube plus large que lors du passage en sens inverse .
Des bruits analogues doivent prendre naissance au niveau de toute ramihcation des bronches, puisque toute ramification entraîne avec elle des changements de diamètre; mais ces souffles, dits bronchiques, sont normalement trop faibles pour être nettement
^^Les bruits trachéal et bronchique augmentent d'intensité lorsque les conduits aériens ont leurs parois épaissies par des exsudats; dans ces conditions, la voix est perçue plus intense pendant 1 auscultation,etl'onditalorsqu'ilya6ronc/iop/iome.OetaccroissemeQt
d'intensité est en rapport avec ce fait d'expérience que le son rendu par un tuyau, toutes choses égales d'ailleurs, est plus intense lorsque ses parois sont plus rigides ; il suffit, en effet, de garnir intérieurement de drap les parois d'un tuyau pour affaiblir notablement l'intensité des sons qu'il peut émettre.
Lorsque des mucosités s'accumulent en divers points des bronches au point de les obstruer, le passage du courant d'air détermine dans ces mucosités des bruits de rupture d'où résultent des ébranlements aériens dont la hauteur dépendra du diamètre aes bronches dans lesquelles ces bruits se produisent. Ces bruits sont ou des râles ou des crépitations c'est-à-dire des râles crépitants, suivant leur tonalité moins ou plus élevée.
En outre, suivant l'état de viscosité plus ou moins grande des mucosités auxquelles sont dûs les râles, ceux-ci sont dits secs ou humides ; ces derniers ont déjà une certaine analogie avec les gargouillements.
207. Bruits de la circulation. — H y a lieu de distinguer les bruits qui prennent naissance dans les vaisseaux et ceux dont le cœur est le siège.
Imbert. — Physique biolog.
a. La cause des bruits vasculaires n'est pas encore exactement déterminée. Ces bruits, qui sont des souffles, sont dus, selon les uns aux vibrations des parois des vaisseaux, selon les autres aux vibrations du liquide mAme.
Ce qui est certain toutefois, c'est que ces bruits se produisent surtout là où surviennent des augmentations de la tension sanguine, par suite d'un accroissement de calibre ou d'un coude des conduits d'écoulement. L'intensité des bruits parait être indépendante de l'état de rugosité des parois solides et augmenter lorsque le liquide est plus fluide et lorsque les parois du conduit sont moins épaisses ; les mêmes causes influent sur la hauteur des bruits vasculaires.
h. Le cœur, à chaque révolution complète, fait entendre deux bruits distincts dont les causes semblent aujourd'hui assez bien déterminées.
Le premier bruit se fait entendre ou moment de la systole Yentriculaire, c'est-à-dire lorsque la contraction des fibres musculaires du cœur chasse le sang hors des ventricules.
Le second hruil, plus aigu que le premier, coïncide avec la diastole, c'est-à-dire avec le retour au repos des fibres cardiaques contractées au moment de la systole.
La majorité des physiologistes s'accorde à penser que ces bruits sont dus surtout à la tension brusque à laquelle sont soumises, au moment delà systole, les valvules auriculo-ventriculaires, qui engendreraient dès lors le premier bruit, et au moment de la diastole, les valvules sigmoïdes placées à l'origine de l'aorte, qui donneraient ainsi naissance au second. D'après celte théorie, les bruits du cœur seraient analogues à ceux que l'on détermine par la tension brusque d'une membrane élastique peu extensible.
Il importe de faire remarquer toutefois que le premier bruit est da aussi à une cause autre que le claquement des valvules auriculo-ventriculaires; ce premier bruit persiste en effet sur des cœurs de chien qui se contractent à vide et chez lesquels, par suite, les valvules ne peuvent plus être tendues par la pression du sang brusquement comprimé. D'autre part, Wintricb, en se servant de résonateurs dont une portion des parois était constituée par une mince membrane de caoutchouc que l'on pouvait tendre plus ou moins, affirme avoir décomposé le premier bruit en deux
STÉTHOSCOPE. ^OS bPuits éléQ.entaires de hauteurs différentes. Aussi s'accorde-t-ou is .'énéralement à penser que le premier bruit du cœar est dû non seulement à la tension brusque des valvules auriculo-ventri- "nhii^s mais encore à la contraction môme des fibres musculaires du cœur Nous allons voir bientôt, en effet, qu'une contraction musculaire engendre un bruit de nature particulière, appelé bruit
''Tn^n'en ce qui concerne le second bruit du cœur, plusieurs physiologistes pensent qu'on doit le rapporter, en partie, aux vibrations du liquide sanguin.
La nature de ces bruits normaux du cœur change lorsque les valvules auriculo-ventriculaires ou sigmoïdes, par suite d'altérations morbides, ne ferment plus exactement les orifices qu elles obturent à l'état normal. Les bruits que Ton perçoit sont alors plus prolongés et prennent les caractères des bruits de souffle, de t'iIg 6tc
' \Vès'ce qui vient d'être dit, il est à peine besoin de faire remarquer combien est importante, au point de vuedinique, l'exploration du cœur par Uauscultation. ^
208. Bruit de la contraction musculaire. — Lorsqu on fait contracter un muscle par une série d'excitations électriques assez rapprochées pour produire le tétanos, l'auscultation permet de constater l'existence d'un bruit spécial, dit bruit rotatoire, dont la tonalité s'élève à mesure que l'on fait croître le nombre des excitations électriques par seconde. Ge bruit est dû, pense-t-on, a la contraction brusque des fibres musculaires à chaque excitation à laquelle on les soumet.
Le même bruit prend naissance lorsqu'un muscle est amené à l'état de contraction permanente par la volonté seule. La hauteur dubruit pouvant alors être fixée à 30 ou 40 vibrations parseconde, on aurait ainsi une évaluation du nombre d'excitations nerveuses que le muscle reçoit, à chaque seconde, lors d'une contraction due à la volonté.
209. Stéthoscope. — L'auscultation se pratique habituellement avec un instrument auquel Laënnec a donné le nom de stéthoscope. Le stéthoscope est un tube creux en bois terminé à l'une do ses extrémités par une partie évasée que l'on applique sur la région à ausculter et à l'autre par un disque sur lequel on
xVCOUSTIQUE.
applique l'oreille. Il importe de remarquer que la transmission de; vibrations à l'oreille ne se fait pas seulement par la colonne gazeuse comme on le croit généralement, mais encon par les parois solides de l'instrument. On pou en effet pratiquer l'auscultation au moyen d"ur stéthoscope plein.
Kœnig a imaginé un stéthoscope qui permet; plusieurs observateurs d'ausculter simultanément la même région du corps du malade avantage précieux au point de vue de l'enseignement clinique. Le stéthoscope de Kœnij (fig. 164) se compose d'une bague métalliqui sur les bords de laquelle sont fixées deu: membranes minces de caoutchouc. Grâce à ui robinet, on peut insuffler et enfermer une massi d'air dans l'espace clos limité par la bague et le deux membranes et mettre celles-ci dans un éla de tension convenable.
La membrane supérieure est surmontée d'un( calotte métallique d'où partent un (Bg. 164) oi plusieurs tubes de caoutchouc terminés par de; embouts destinés à être introduits dans le condui auditif de divers observateurs. Lorsque la mem hrane inférieure de caoutchouc est appliquée su une région du corps, les vibrations qu'elle reçoi sont transmises, par la masse d'air emprisonnée à la membrane supérieure, puis par la colonix Fig. 164. — stéthoscope gazeuse du tube de caoutchouc à la membram de Kœnig. tympan de l'observateur.
Cet instrument peut évidemment fonctionner aussi commt auto-stéthoscope.
210. Bruits de percussion. — En outre des bruits dont i Tient d'être question et qui prennent normalement naissance dan; l'organisme, la clinique utilise encore une série de bruits que li médecin fait naître par la percussion.
Vonv percuter une région du corps, on y applique une petite plaqu d'ivoire, appelée plessimètre, sur laquelle on frappe avec un peti marteau. Le plus souvent, la plaque d'ivoire est remplacée parle
les
BRUITS DE PEECDSSION. «"^ ,„s de la main gaucbe, sur lesquels on trappe avec l'extré«iité
luë\tntôvoque ainsi peuvent être dus au. vibra- ^'des ^r, es s li e sousVcentes ou à une masse d'air qm se sous les parues percutées et ,ui agit comme catsse de
'T^bauteur l'intensité et la durée des bruits de percassion „peadent évidemment des dimensions, de la nature, de l'elasucue
'^uïiieu de »;îeler à ce sujet que les uombres des vibrations » 1. nar des ver.es semblables sont en raison inverse de
^d men tons hoSgues. Sans doute cette loi ne sera pas, en «ra r rreuseml applicable, mais sa considération permetfa dans certaines circonstances, d'e.pliquer la hauteur relative dp divers bruits de percussion.
D même lorsque Icbrnitde peccussionsera renforce par leson ,runemare Rameuse sous-jacente à la région percutée, on devra e «ven que le son propre dune telle masse est moms ou ;„sTe,é, suivant que le volume de la cavité qui la contient est
bruf/eTercussion est dit lorsque son intensité est faible et sa durée courte. C'est le bruit que l'on obtient eu percutant des masses musculaires. f,iMp pi B-l
Le bruit est appelé obscur lorsque ^Y""!?" , é Ce bru durée un peu moins courte que celle du bruit de matite. Oe brui obscur prend naissance par la percussion de ^^vues 8a« dont les parois, peu élastiques, sont peu aptes a entrer en vibration
Lorsnue la durée et l'intensité du bruit sont plus grandes, le bru^t esTdi, pkm ou clair; c'est celui que l'on obtieutpar la per-
cussion d'un thorax sain. . nn^nrp
Enfin le bruit tympanique se rapproche davan ag eac re d 80DS musicaux par sa durée plus grande. Il est f où. sous la région percutée, existe une cavité P^e^'^,^^^f;^£^^^^^ les parois sont dans un état de tension qui favorise ^^^y^^^^^. Il iinporte de remarquer à ce sujet que, si les parois la cavité gazeuse sont soumises à une tension trop f ^^^^^^^^^^^^^^
fent en quelque sorte les vibrations, si bien que le bruit de perçus sioQ présente alors les caractères de la matité.