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CHAPITRE PREMIER

DESCRIPTION ANATOMIQUE SOMMAIRE DE l'OEIL HUMAIN.

326. Membranes de l'œil. — Le globe oculaire, dont la forme est plus ou moins sensiblement sphérique suivant les personnes, est constitué par des membranes enveloppes et par des milieux transparents.

Sclérotique et cornée. — L'enveloppe la plus externe de l'œil est constituée, pour les cinq sixièmes environ de la surface totale

du globe, par la sclérotique et pour l'autre sixième, situé à la partie antérieure, par la coimée transparente, appelée aussi simplement cornée.

La sclérotique, blanche chez l'adulte, bleuâtre chez l'enfant, jaunâtre chez le vieillard, est constituée par des faisceaux de tissu connectif entre lesquels existe, comme dans les tendons des muscles, un réseau de fines fibres élastiques. L'épaisseur de la sclérotique diminue depuis le pôle postérieur du globe, où elle atteint l'"'", jusqu'à la régioQ antérieure, où elle n'est plus que de 0"",4 environ.

La sclérotique est recouverte en avant par la conjonctive, membrane muqueuse qui tapisse également la face interne des paupières.

La cornée transparente est enchâssée dans la sclérotique comme un verre de montre dans sa monture, la sclérotique débordant à l'extérieur du globe oculaire et la cornée débordant à l'intérieur.

La substance propre de la cornée est constituée par du tissu fibreux dont les faisceaux sont étalés parallèlement aux faces antérieure et postérieure de la membrane, de telle sorte que celle-ci peut être plus ou moins complètement divisée en lamelles.

Les deux faces extérieure et antérieure de la cornée, recouvertes chacune par un épithélium, ne sont pas rigoureusement parallèles. Aussi l'épaisseur de cette membrane est-elle variable ; elle augmente légèrement du centre à la périphérie, ce qui donne à la cornée la forme d'un ménisque divergent.

La forme géométrique des faces de la cornée joue un rôle impor- • tant dans la dioptrique oculaire ; nous i'étudierons en détail dans ; la suite.

Choroïde. — La choroïde est constituée par des vaisseaux . noyés dans une trame de tissu connectif qui réunit cette membrane ! à la sclérotique. Accolée à toute la surface interne de cette der- • nière, la choroïde se continue avec l'iris au niveau de la ligne de ; jonction de la sclérotique et de la cornée.

Il y a lieu de distinguer dans la choroïde deux régions.

La région postérieure, plus essentiellement vasculaire, d'une épaisseur de O^^.Ô environ, s'étend du pôle postérieur jusque un i peu au delà de l'équateur vertical de l'oeil au niveau d'une ligne ? qui porte le nom d'om serrata.

RÉTINE. 5^"^ A partir de l'ora serrata et dans toute sa région antérieure dite dUab^e, la choroïde augmente progressivement d'épaisseur et pïlsent;, le long de la ligne circulaire suivant lequel e elle se Lmine, en arrière de la périphérie de l'ins, une série de 70 a 80 replis auxquels on a donné le nom de procès cihaires.

Dans cette zone antérieure de la choroïde, et extérieurement mr rapport aux procès, est logé un muscle, le muscle cilmire, L joue un rôle important dans l'accommodation et qui est Lstitué par deux groupes de fibres. Ces fibres, d'ailleurs lisses, sont en effet dirigées, les unes, rectilignes, suivant les divers méridiens de l'œil, les autres, circulaires, suivant des cercles parallèles au bord périphérique de la cornée.

Intérieurement, la choroïde est tapissée par une couche de cellules hexagonales régulières, remplies de pigment noir, qui jouent, par rapport à la lumière qui pénètre dans l'œil, le rôle de corps absorbant.

Iris. — L'iris, épais de 0-"".3 en moyenne, est un écran vertical percé d'une ouverture centrale, la pupille, dont le diamètre, à l'état sain, varie considérablement suivant la quantité de lumière qui tombe sur l'œil . La face antérieure de l'iris, diversement colorée suivant les personnes, s'aperçoit nettement à travers la cornée transparente.

L'écran irien est essentiellement constitué par des fibres de tissu connectif, les unes radiées, les autres circulaires, et par des fibres musculaires lisses, circulaires, qui constituent le sphincter irien. Quelques auteurs admettent en outre l'existence de fibres musculaires radiées, antagonistes des précédentes.

Sur la face postérieure de l'iris, et constituant Vuvée, existent plusieurs couches de cellules, remplies de pigment noir, qui sont la continuation des cellules analogues de la choroïde.

Rétine. — C'est la membrane la plus interne; constituée en grande partie par des éléments de nature nerveuse, la rétine répond à l'excitation de l'agent lumineux, et c'est exactement sur elle que viennent se former les images des objets extérieurs lorsque ces objets sont vus avec netteté.

On considère dans la rétine, dont l'épaisseur, d'ailleurs variable suivant la région où on la considère, ne dépasse pasO'^'^.S à 0""\4,

UD certain Dombre de couches diverses qui se différencient chacune par la forme des éléments qui la constituent. Chacun de ces éléments joue probablement, dans l'acte de la vision , un rôle spécial qui n'est encore qu'imparfaitement connu.

La constitution intime de Ja rétine se simplifie en une région limitée, d'aspect jaunâtre, appelée pour cette raison macula lutea ou tache jaune. Là, les couches les plus internes de la rétine disparaissent et, dans l'excavation centrale {fosse centrale ou fovea centrahs) de la tache jaune, la couche de la rétine la plus voisine de la choroïde, la couche des bâtonnets et des cônes, subsiste presque seule.

La tache jaune, région sur laquelle nous faisons former l'image rétinienne de l'objet que nous voulons voir directement, est située du côté externe par rapport à la papille ou entrée du nerf optique. Les fibres de ce nerf s'épanouissent à l'intérieur de l'œil, de manière à former la couche la plus interne des éléments nerveux rétiniens.

327. Milieux transparents. — L'intérieur du globe oculaire est rempli par l'humeur aqueuse, le cristallin et le corps vitré.

Humeur aqueuse L'humeur aqueuse est un liquide transparent qui occupe l'espace compris entre la cornée et la face antérieure du cristallin et dont l'indice de réfraction, que nous apprendrons bientôt à déterminer, est voisin de celui de l'eau.

Cristallin. — Le cristallin est une lentille organique située en arrière de l'iris et en contact, par sa face antérieure, avec la face postérieurede l'écran irien. Delà résulte la subdivision de l'espace occupé par l'humeur aqueuse en deux parties; l'une de ces parties, la chambre antérieure, s'étend de la face postérieure de la cornée a la face antérieure de l'iris et à la portion de la face antérieure du eristallin laissée à découvert par l'ouverture pupillaire; l'autre, la chambre postérieure, sans communication avec la précédente à l'état normal, limitée par la région postérieure de l'iris, par les procès ciliaires et par la zonule de Zinn, a une forme annulaire.

Le cristallin est normalement transparent, mais il peut devenir opaque ou cataracte ; sa consistance, presque fluide dans toutes ses parties périphériques, augmente progressivement jusqu'au centre de la lentille, où elle devient assez considérable. La

MUSCLES DE L'QEIL.

onsistaDce générale du cristallin augmente eu outre à niesure ju'oD avance en âge, et c'est là un fait important sur lequel nous lurons à revenir dans l'étude de l'accommodation. La forme du cristallin, qui est celle d'une lentille biconvexe, si due en partie à l'existence d'une enveloppe transparente très lastique, la cristalloide, en partie aux liaisons de la lentille orgalique avec la face interne du globe oculaire et à l'état de contraclOD ou de relâchement du muscle ciliaire. On conçoit d'ailleurs ue, par suite de la consistance semi-fluide de ses parties périphéiques, la forme du cristallin ne soit pas fixe et invariable ; nous errons, en effet, que les courbures des faces de cette lentille ubissent, ainsi que son épaisseur, des modifications que nous pprendrons à mesurer.

La lentille oculaire, placée sur le trajet des rayons lumineux ui pénètrent dans l'œil par l'ouverture pupillaire, est maintenue n place par les fibres de la zonule de Zinn. Ces fibres, très nomreuses et très voisines les unes des autres, se détachent de la egion ciliaire de la choroïde et aboutissent les unes à la face antéleure, les autres à la face postérieure du cristallin . Corps vitré. — Tout l'espace compris entre la face postérieure u cristallin, les fibres de la zonule et la face interne des régions oyenne et postérieure du globe est occupé par le corps vitré, elui-ci, parfaitement transparent, paraît constitué par une subtaoce homogène, dans laquelle existent toutefois des débris de ellules, restes de la constitution de ce milieu de l'œil pendant la e fœtale. Le corps vitré, de consistance gélatineuse, est entouré une mince membrane transparente, Vhyaloïde, qui se soude, en vant, à la face postérieure du cristallin. 328. Muscles de l'œil. — Le globe oculaire peut effectuer es mouvements assez étendus grâce à un ensemble de six muscles. 0U8 ces muscles s'insèrent par l'une de leurs extrémités sur le obe oculaire, par l'autre sur les parois osseuses de l'orbite. L'insertion postérieure de cinq de ces muscles, des quatre musles droits et du grand oblique, se fait au fond de la cavité orbiire (fig. 224) ; le sixième muscle, le petit oblique, s'insère isolent à la partie inférieure et interne du rebord orbitaire. Les fibres des quatre muscles droits ont une direction sensibleeotrecliligne d'arrière en avant; elles s'accolent en avant avec le

globe oculaire sur une certaine partie de leur longueur et se fixa sur ce globe à quelques millimètres de la cornée (fig, 224). Le

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Fig. 223. — Muscles de l'œil gauche (FJeaunis et Bouchard, Anal )■

noms de muscles droits swpé?'iei«' et inférieur, interne Qtextef indiquent la direction moyenne de leurs fibres ; nous aura d'ailleurs à préciser davantage cette direction lorsque nous fan l'étude particulière des mouvements de l'œil. Le grand oblique, dont les fibres sont aussi sensiblement re

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