INDICES DES MILIEUX DE L'QEIL
1» Le système de prismes P, dont nous venons de parler, uiobile, en même temps que l'alidade A, autour d'un axe horizontal
9» un miroir concave M, dont on peut faire varier l'inclinaison ; 30' une lunette L, fixée dans une position inclinée; 4° un arc de cercle muni d'une graduation en indices sur laquelle se déplace l'extrémité A de l'alidade.
Le mode opératoire est le suivant : l'un des prismes P étant enlevé, on dépose sur la face hypoténuse de l'autre une goutte du liquide dont on cherche l'indice, et l'on remet le premier prisme en place. Cela fait, on règle l'inclinaison du miroir M, puis celle des prismes, de telle sorte que l'œil qui regarde dans la lunette Y voie le champ divisé en deux moitiés, l'une sombre, l'autre éclairée, et on lit la valeur cherchée de l'indice de réfraction sur le cadran divisé, en regard d'un trait de repère marqué sur l'alidade.
Afin que la ligne de séparation des parties sombre et éclairée puisse toujours être amenée dans la même position, condition indispensable à l'exactitude des mesures, la lunette est munie d'un réticule composé de quatre fils, parallèles et perpendiculaires deux à deux, qui, en se croisant, délimitent un petit carré -, la ligne de séparation des deux moitiés du champ doit toujours coïncider avec la diagonale de ce carré.
Quand on opère avec la lumière blanche, l'angle limite étant variable pour les diverses lumières simples constituantes, la ligne de démarcation des parties sombre et éclairée apparaît irisée et par suite peu nette. Pour permettre de faire disparaître ces colorations et de rétablir la netteté de la ligne de démarcation, la lunette a été munie en D (fig. 229) d'un système de prismes compensateurs dont on voit la coupe à part en PP sur la figure 228, et qui se manœuvrent au moyen du bouton V (fig. 229).
L'angle dont il faut faire tourner le système des prismes compensateurs pour corriger les effets d'irisation se lit sur un cercle gradué qui se meut au-dessous d'un trait de repère immobile D ; cet angle permet de calculer le coefficient de dispersion de la substance sur laquelle on opère.
On voit que les avantages présentés par le réfractomètre d'Abbe consistent en ce que la détermination d'un indice, avec trois décimales, n'exige que quelques secondes et en ce qu'il suffit de disposer
d'un très petit volume de liquide, avantage important lorsqu'on opère sur les milieux de l'œil.
Indices de l'humeur aqueuse et du corps vitré. — Les indices de ces deux milieux sont très voisins, et chacun d'eux est sensi-^
blâment égal à l'indice |= 1.333 de l'eau distillée.
Indices du cristallin. Indice total. — Lorsqu'on opère succès- • sivement sur divers fragments du cristallin pris à différentes dis-.^ tances de la périphérie, on constate que la lentille oculaire n'estfjl pas optiquement homogène et que l'indice de ses diverses couchepi va en augmentant de la périphérie jusqu'au centre. Ce fait estf d'ailleurs en rapport avec la constitution du cristallin qui, par^. macération, peut être divisé en uu certain nombre de couchesrj accolées les unes aux autres et d'autant plus consistantes qu'elles.; sont plus voisines du noyau.
Afin de déterminer les conséquences qu'entraîne cette constitu- ,• tion du cristallin, Helmholtz s'est proposé de déterminer l'indice,.; qu'il faudrait attribuer à une lentille optiquement homogène, de!; même forme (mêmes courbures des faces et même épaisseur) que i le cristallin, pour que sa distance focale fût égale à celle de la i lentille oculaire. A cet effet, Helmholtz plaçait horizontalement, , dans un court tube cylindrique rempli d'humeur vitrée, un cris- • tallin qui reposait sur un diaphragme percé d'une ouverture,; centrale. Un objet de grandeur connue étant situé à une distance'; également connue de la lame de verre qui obturait l'ouverture;; inférieure du tube cylindrique, on mesurait, avec l'ophtalmo-.mètre, la grandeur de l'image donnée par réfraction à travers » Ibi cristallin. En tenant compte de l'effet de la lame de verre, , Helmholtz a. pu déduire d'abord la valeur de la distance focale du i cristallin, puis l'indice de la lentille homogène, de même forn^ç : que la lentille oculaire, qui aurait même pouvoir dioptrique que • celle-ci. Cet indice, auquel on a donné le nom d'indice total (inj cristallin, a été trouvé supérieur à celui des couches centrales les • plus réfringentes de la lentille oculaire.
Donc le cristallin, grâce à l'augmentation d'indice qu'il présente ; depuis la périphérie jusqu'au centre, a un pouvoir dioptrique ; supérieur à celui que posséderait une lentille homogène de mèa^, •• forme et dont l'indice serait égal à celui du noyau.