DÉTERMINATION DU REMOTUM
du même point R de l'œil oiiservé ; par conséquent l'image nette le la réline de l'observé se formera sur la rétine de l'observateur,
Fig. 267. — Théorie de la détermination du remolum avec l'ophtalmoscope.
ît celui-ci veri-a nettement le fond de l'œil observé.
Eu somme doue, la condition pour qu'un observateur voie rietteneot le fond de l'œil observé, aucun de ces deux yeux n'accom- Qodant, est qu'il existe entre eux une lentille par rap port à laquelle es deux remotum soient des foyers conjugués. Or si nous posons : RR'=r R,R', = ri OR — d OR, = <Z„
et si nous remarquons que les foyers conjugués R/etR' sont l'ua Bt l'autre virtuels, la traduction algébrique de la condition précédente sera (§ 283) :
r — d Ti — Cl', Y équation dans laquelle f est la distance focale de la lentille G.
Si donc on a noté le numéro de la lentille qui permet à l'observateur de voir nettement le fond de lœil observé, en l'état de relâchement de l'accommodation des deux yeux, puis que l'on ait mesuré les distances d^, Vi, l'équation précédente donnera r, c'est-à-dire fera connaître la position du remotum de l'œil observé.
Généralement l'observateur examine à l'image virtuelle et droite et se place assez près de l'œil observé pour que les distances del di soient négligeables. La formule précédente se rédqit alors à :
r i\ ~ f ou, en exprimant les distances en dioptries:
R Rj = F
On obtient une simpUQcation plus grande encore si l'observateur est emmétrope, ou du moins s'il s'est rendu tel au moyen du verre correcteur de son amétropie, condition que l'on peut toujours supposer réalisée. Dans ce cas, en effet, R, = 0, et il reste:
ou R=-F. 1)
Donc : la distance en dioptries R du punctum remotum de l'œil observé est égale au numéro, changé de signe, du verre qui a permis à l'œil observateur, supposé emmétrope, de voir nettement le fond de l'œil observé, les deux yeux n'accommodant pas.
L'œil observé sera donc myope ou hypermétrope suivant que le verre qui a permis de pratiquer l'examen dans les conditions indiquées était négatif ou positif.
Remarquons d'ailleurs que, l'œil observateur étant suppose être emmétrope et ne pas accommoder, les seuls objets dont les images nettes se forment sur sa rétine sont ceux qui sont situés à l'infini. Il en résulte que l'image de la rétine de l'œil observé donnée parj la lentille interposée doit se former à l'infini, c'est-à-dire que« cette lentille rend cet œil emmétrope.
En conséquence, le résultat contenu dans la formule (1) peut aussi se traduire de la manière suivante en langage ordinaire :
La lentille qui permet à un observateur emmétrope de voin nettement le fond d'un œil observé, l'accommodation étant auij repos dans les deux yeux, est la lentille qui rend l'œil observé emmétrope.
Nous avons supposé implicitement, dans ce qui précède, que 1 œiU examiné était exempt d'astigmatisme. Une différence de réfractioni dans deux méridiens principaux peut cependant être constatée etî mesurée avec l'ophtalmoscope, d'après les considérations suivantes.5 La papille, ou entrée du nerf optique, a généralement une forme» assez régulièrement circulaire. L'image de celte papille sera donc,, elle aussi circulaire, si l'œil examiné présente une même courbure^ dans les divers méridiens; au contraire, cette image sera elliptw que si l'œil est astigmate, et les directions des axes de symétrie de!, l'ellipse, appréciées de visu par l'observateur, font connaître lesorientations des deux méridiens principaux.
L'observateur choisit alors successivement comme objet uni
5ii5
DÉTERMINATION DU REMOTUM. 677 vaisseau situé dans chacun de ces méridiens et détermine, d'après les rè'^les que nous venons d'indiquer, les deux verres qui lui donnent successivement la vision nette de ces objets. Les numéros de ces verres sont égaux aux degrés d'amétropie de chacun des méridiens principaux de l'œil examiné.
On conçoit que cette méthode de détermination des éléments de l'astigmatisme exige un apprentissage préalable un peu long ; aussi ne conduit-elle à des résultats exacts que si elle est employée par un observateur très habitué à l'examen ophtalmoscopique.
En résumé, la détermination du degré d'amétropie, ou celle des éléments de l'astigmatisme de l'œil examiné, revient à chercher par tâtonnement la ou les lentilles qui permettent à un observateur emmétrope de voir nettement, soit le fond de l'œil observé, soit ceux des vaisseaux de la rétine qui se trouvent dans les méridiens principaux de cet œil, si celui-ci est astigmate.
Avantages, inconvénients et causes d'erreur du procédé de l'ophtalmoscope. — Le procédé de détermination du remotum avec l'ophtalmoscope présente l'avantage d'être objectif et par conséquent utilisable pour les personnes qui peuvent avoir intérêt à tromper le médecin sur l'état de leur réfraction oculaire. Par contre ce procédé exige un apprentissage assez long, qui décourage beaucoup de bonnes volontés .
En outre, l'exactitude des déterminations dépend, d'après ce qui précède, du degré plus ou moins complet du relâchement de l'accommodation chez l'œil observateur et chez l'œil observé. Celui-ci pourra au besoin être soumis à des instillations préalables d'atropine ; quant à l'observateur, il est nécessaire pour lui d'avoir appris à relâcher à volonté son accommodation.
L'état d'amétropie doit être déterminé par rapport à la région de la macula (fig. 268 m) sur laquelle nous faisons former l'image des objets extérieurs ; mais comme cette région est peu vascularisée et qu'elle a un aspect assez uniforme, c'est le plus souvent la papille a que l'on cherche à voir nettement, car les vaisseaux qui en émergent constituent autant d'objets faciles à apercevoir. Delà une cause d'erreur qui peut être très appréciable lorsque l'œil examiné, atteint de myopie progressive, présente un staphylome postérieur ; dans ce cas, en effet, la longueur de l'axe antéro-postérieur comptée dans la direction de la macula est sensiblement
différente de la longueur de ce même axe comptée dans lu directioa i de la papille.
Fig. 268. — Aspect du fond de l'œil vu à l'ophtalmoscope.
Ajoutons enBn que, si l'ouverture du miroir ophtalmoscopiq.u<i est trop étroite, le fonclionnement de l'œil observateur est réduiti plus ou moins complètement, à celui d'une chambre obscure, ck qui contribue à fausser les résultats obtenus.
378. Yeux ophtalmoscopiques. — On appelle ainsi dei yeux artificiels, ou du moins des systèmes dioptriques plus ou moins semblables à celui de l'œil humain et destinés à permettre aux débutants de s'exercer à l'examen ophtalmoscopique dans de!' conditions d'observation plus commodes que sur le vivant.
La plupart de ces yeux sont simplement constitués par uD'J lentille qui obture un tube cylindrique par lequel on représente globe oculaire. La base opposée du tube est fermée par un écrais opaque dont la face interne porte le dessin de la réline.
YEUX OPHTALMOSCOPIQUES. ^'''^ D.ns l'œil de Perrin, le premier en date, la lenlille A (fig. 259), ? 1 se les conditions de l'emmétropie qaant à la posi m du foy r principal postérieur, peut être remplacée par une lentille
Fig 269. — Œil de Perrin.
Fig 270.— (EU de Parent.
plus forte ou plus faible, ce qui rend l'œil myope ou hypermétrope. ,
Dans l'œil de Parent, représenté sur la figure 270, lemmetropie, la myopie et l'hypermétropie sont réalisées par une variation de longueur de l'axe antéro-postérieur de l'œil. Une graduation , dont l'instrument est doté, fait en outre connaître à chaque instant le degré d'amétropie réalisé. Enfin des lentilles cylindriques, doa l'axe peut être orienté suivant diverses directions, permettent de donner à l'œil divers degrés d'astigmatisme .
On voit que, dans ces divers yeux, on ne s'est pas préoccupé de
réaliser les conditions dioptriques de l'œil réduit, comme l'a fait i Landolt dans son œil artiQciel (§ 335) ; mais il convient d'ajouter que cette réalisation était inutile quant au but en vue duquel ces yeui ophtalmoscopiques ont été construits.
379. Ophtalmoscopes à réfraction. — La recherche dei ^ la lentille dont le numéro fait connaître le degré d'amétropie est facilitée par l'emploi des ophtalmoscopes à réfraction; ou appelle ainsi des ophtalmoscopes munis des séries de verres positifs et
négatifs nécessaires à la détermination du degré d'amétropie. Les ophtalmoscopes simples sont par contre ceux qui i ne comportent, outre le miroir, , qu'une lentille positive de 15* environ destinée à permettre ; l'examen de l'œil à l'image.' réelle et renversée.
Les ophtalmoscopes à réfrac- tion sont très nombreux ; ils i ne diffèrent entre eux que par r le mécanisme qui permet à l'observateur de faire arriver suc- • cessivement devant son œil les »
verres positifs ou négatifs. Ces \ verres, de faible diamètre, sont t fixés le long de la circonfé rence de disques situés sur lai face postérieure du miroir et t mobiles autour de leur centre, , de telle sorte que chaque verre !
Fig. 271. -Ophtalmoscope à réfraction. ^^-^^^ ^^^^ ^^^^^ ^.^^^ .
l'ouverture centrale du miroir ophtalmoscopique.
Quelques ophtalmoscopes à réfraction sont également munis i d'un disque porteur de verres cylindriques destinés à la détermi- • nation des éléments de l'astigmatisme ; un mécanisme spécial 1 permet de donner telle orientation que l'on veut à l'axe de ces i verres.
La figure 271 représente l'ophtalmoscope à réfraction de Parent.
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OPHTALMOSCOPE BINOCULAIRE. 681