Achroraatopsie et dyschromatopsie pour le rouge
— Goosidéroos, en parlicuher, le cas où, dans l'hypothèse de Young-Helmholtz, les fibres du rouge manquent ou sont complètement paralysées. La nature de la sensation qui correspond alors à l'excitation de la rétine par les diverses radiations simples résultera de la considération des courbes 2 et 3 de la figure 287.
On voit immédiatement que toutes les radiations simples qui s'étendent du rouge au vert excitent les fibres du vert beaucoup plus fortement que les fibres du violet. Par suite, toute cette région la moins réfrangible du spectre apparaîtra avec une coloration verte uniforme; celle coloration sera d'ailleurs moins saturée à mesure que l'on s'approche du vert, car l'excitation des fibres du violet n'est plus négligeable, dans cette région, comme elle l'est dans la région moins réfrangible comprise entre le rouge et le jaune.
Par contre l'éclat, ou l'intensité lumineuse, paraîtra d'autant plus grand que l'on s'éloignera davantage du rouge pour se
rapprocher du vert.
Il résulte de là celte conséquence importante que, si la coloration paraît la môme, du rouge au vert, à un œil frappé de cécité pour le rouge, ces diverses régions du spectre apparaissent, à cet œil, avec des différences d'intensité lumineuse telles que le dyschromatrope
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doit pouvoir, grâce à ce fuit, les distinguer l'une de l'autre. Cette conséquence est rigoureusement vérifiée par l'oljeervalion de la dyscljroraatopsie chez des personnes capables d'analyser leurs Bensatioiis et dont les yeux sont frappés de cécité pour le rouge ; tel était le cas du physicien anglais Dallon, d'où le nom de daltonisme donné souvent à cette espèce de dysohrornatopsie.
La région la plus réfrangible du spectre donnera lieu d'ailleurs à des sensations sensiblement identiques à celles que cette même région fait naître dans un œil normal ; les fibres du rouge eu effet, lorsqu'elles existent, ne sont que faiblement excitées parles radiations qui s'étendent du vert au violet, et leur paralysie ne peut modifier que dans une faible mesure les sensations qui rosultent de l'action des radiations les plus réfrangibles.
Ajoutons toutefois que les yeux aveugles pour le rouge feront encore des confusions de couleurs autres que celles dont nous venons de parler relativement à la région la moins réfrangible du spectre.
En effet, la lumière que les yeux normaux appellent blanche, et qui est constituée par toutes les radiations simples, excite a peu près également les deux seules espèces de fibres que possèdent les yeux aveugles pour le rouge, puisque les surfaces limitées par les courbes 2 et 3 de la figure 287 sont à peu près égales entre elles. Par suite, toute radiation simple qui excitera à peu près également les fibres du vert et celles du violet donnera lieu à une sensation identique à celle de la lumière blanche. Or il existe une radiation, située dans le bleu du spectre, qui réalise cette égalité d'excitation et dont la sensation correspondante sera donc confondue avec celle de la lumière blanche par l'aveugle pour le rouge. Oe dernier, par suite, confondra les colorations g.-ises avec une coloration de nuance bleue, non parce que la sensation que lui donne le bleu, si elle était appréciée par un œil normal, est identique à celle que ce même œil normal appelle grise, mais parce que les deux sensations du gris et du bleu sont identiques pour le dyschromatrope et que celui-ci les qualifie en conséquence par le même nom.
Si l'excitabilité des fibres du rouge, au lieu d'être abolie, est seulement diminuée, la nature des couleurs confondues restera la même, la confusion sera seulement moins complète.
L'uniformité de coloration de toute la région la moins réfrangi-
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hle du spectre résulte iuimédiatement, dans la théorie de Charpentier, d'une égalité du temps perdu relativement à l'excitation des éléments photestésiques par les radiations qui sont comprises entre le rouge et le vert. Mais il ne semble pas que cette théorie puisse rendre compte, aussi facilement que celle de Young-Helmholtz, des différences d'intensité lumineuse que les aveugles pour le rouge attribuent à ces diverses radiations et de la similitude des sensations qui correspondent à l'excitation par la lumière blanche et par certaines radiations bleues.
405. Achromatopsie et dyschromatopsie pour le vert et pour le violet. — Chacune de ces cécités partielles doiine lieu à des confusions caractéristiques de couleurs qu'il est encore facile de déduire des théories exposées plus haut.
L'is aveugles pour le vert, par exemple, attribueront la même coloration rouge à toutes les radiations les moins réfrangihles du spectre; mais l'intensité lumineuse leur paraîtra maxima vers l'orangé. En outre, la région moyenne du spectre, qui excite à peu près également les deux espèces de fibres qui sont seules excitables dans les yeux aveugles pour le vert, déterminera une sensation analogue à celle de la lumière blauche.
On déterminerait de même les confusions qui caractérisent la cécité pour le violet.
406. Recherche de la dyschromatopsie par la méthode de Holmgren. — Plusieurs procédés ont été imaginés dans le but de reconnaître l'existence d'anomalies dans la perception des couleurs ; quelques-uns d'entre eux, fondés sur les phénomènes de l'optique physique, ne pourront être décrits que lorsque nous aurons exposé la théorie de la lumière. Nous ne considérerons donc actuellement que le procédé de Holmgren, qui est d'ailleurs l'un des meilleurs et des plus simples.
Remarquons d'abord que tout procédé qui nécessite la désignation des couleurs par le nom qu'elles portent doit être rejeté. Il est possible, en eSeï, qu'un voyant normal, et ce sera le cas de beaucoup d'enfants, nomme mal une couleur, non parce qu'il la confond avec une autre, mais parce qu'il ignore le nom par lequel on la désigne.
Par contre, d'après ce que nous avons fait remarquer plus haut, une personne affectée d'achromatopsie peut arriver, en se basant
sur des différences d'intensité, à distinguer les unes des autres, et par suite à nommer exactement les couleurs qui lui donnent cependant des sensations analogues. On pourrait être conduit ainsi à regarder comme affectés d'achromatopsie des sujets qui perçoivent normalement les couleurs et à attribuer une perception normale à des personnes affectées dedyschroraatopsie.
Le procédé de Holmgren est basé sur l'emploi d'un grand nombre d'écheveauK de laine diversement colorés. Les couleurs des écheveaux diffèrent non seulement par la teinte, rouge, jaune, verte, etc., qu'ils présentent, mais encore par le degré de saturation, de telle sorte qu'on peut les diviser en plusieurs groupes qui offrent chacun une série de nuances allant du rouge, du jaune, du vert, etc., clair et presque blanc au rouge, au jaune, au vert, etc.-, foncés.
Afin que les cas, dans lesquels l'altération de la perception des couleurs est faible, ne puissent passer inaperçus, on doit d'abord faire distinguer au sujet des couleurs claires ou des couleurs foncées; Texpérieuce démontre, en effet, que nous distinguons d'autant moins facilement les colorations que celles-ci sont plus lavées de blanc ou qu'elles sont, au contraire, moins éclatantes. Holmgrea conseille, eu conséquence, de commencer l'examen en présentant au sujet un écheveau vert clair (Pl. 1), et en l'invitant à choisir, dans la masse des autres écheveaux, ceux dont la couleur lui paraîtra être plus ou moins semblable à la couleur présentée. Les couleurs, dites de confusion, qu'une personne affectée de dyschromatopsie confond le plus facilement avec le vert clair, sont reproduites de 1 à 5 sur la même planche L
Si cette épreuve a donné lieu, de la part de l'examiné, à un assemblagede couleurs disparates, le degré delà dyschromatopsie et sa nature seront déterminés par les épreuves suivantes, lesquelles ne donneront lieu d'ailleurs à aucune confusion dans le cas où le sens chromatique du sujet est seulement faible.
On présente au sujet un écheveau coloré en pourpre (Pl. et on l'invite de nouveau à chercher, parmi les écheveaux mis à sa disposition, ceux dont la couleur se rapproche le plus de la couleur pourpre présentée.
Lorsque le sujet est aveugle pour le rouge, les couleurs de confusion sont les couleurs bleue et violette reproduites eu 6 et 7; si,
iMBERT. — Physique biologique, p. 73o.