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CHAPITRE XI

DES MOUVEMENTS DE l'OEIL.

417. Centre de rotation de l'œil. — La paroi externe du globe oculaire n'est pas en contact direct avec les parois osseuses de l'orbite, surtout dans la région postérieure ; toutefois le globe est très voisin de l'orbite tout le long de la partie antérieure de la cavité orbitaire (fig. 223, pag. 570) . Il en résulte que l'espace existant en arrière du globe oculaire, espace comblé par un tissu connectif qui contient beaucoup de graisse, peut être regardé comme un volume clos rempli par des corps incompressibles. Les mouvements du globe oculaire, comme ceux des articulations diarthrodiales, doivent donc satisfaire à la condition de l'invariabilité du volume compris entre les parois de l'orbite et celles du globe, volume qui représente ici la cavité intra-articulaire des diarthroses.

Les mouvements, que nous pouvons communiquer au globe oculaire pour diriger successivement le regard vers divers points de l'espace, s'effectuent d'ailleurs autour d'un point sensiblement fixe et invariable, qui est donc le centre de rotation de l'œil.

La position du centre de rotation de l'œil a été déterminée par des méthodes très diverses dans le détail desquelles nous ne croyons pas devoir entrer. L'une des meilleures, celle de E. Bertin, consiste à placer, sur la direction de l'axe visuel, deux objets qui, bien qu'inégalement éloignés de l'œil, paraîtront coïncider. Si l'on change la direction de la ligne du regard, les deux objets, perçus alors par la vision indirecte, apparaissent distincts l'un de

l'autre. Ce fait montre d'abord que l'axe visuel ne passe pas par le centre de rotation du globe, auquel cas la coïncidence des deux objets n'eût pas été modifiée par le changement de direction du regard. On conçoit en outre que l'intervalle qui paraît exister entre les deux objets, lors de la vision indirecte, dépende, toutes choses égales d'ailleurs, de la distance du centre de rotation du globe aux points nodaux supposés confondus; on comprend dès lors que cette distance puisse être déduite de la mesure de cet intervalle.

Les diverses méthodes employées ont montré que, si le centre de rotation n'est pas absolument fixe, ce point ne se déplace du moins que de quelques dixièmes de millimètre, en avant ou en arrière suivant que le regard est dirigé vers le haut ou vers le bas. Ce centre est situé en moyenne à 14 millim. en arrière de la cornée dans les yeux emmétropes, un peu plus loin ou un peu plus près suivant que l'œil est myope ou hypermétrope.

En somme, on peut admettre que les mouvements du globe oculaire sont des mouvements de rotation autour d'un point fixe situé un peu en arrière des points nodaux.

418. Points d'insertion et axes de rotation des muscles dei'çeil. — Nous avons dit déjà que les muscles, au moyen desquels nous faisons effectuer au globe oculaire des mouvements dp rotation, sont au nombre de six, et nous avons indiqué sommairement les directions de leurs fibres (§ 328, pag. 569).

Les mouvements du globe étant des rotations autour d'un point fixe, chacun des muscles précédents, par sa contraction, fajt nécessairement tourner le globe autour d'un axe passant par le centre et par la direction moyenne des fibres du muscle. La détermination de cet axe, différent pour chaque muscle, exige donc la ■détermination exacte de la direction du muscle lui-même, ou, cp qui revient au même, la détermination de la position des poipl^ d'insertion du muscle. Cette détermination a été faite sur le cadavre, par Ruete et par Fick de la manière suivante.

On enlève la partie supérieure du crâne et l'on mène un trait de scie suivant le plan médian du corps, c'est-à-dire à égale distancp des deux globes. On implante alors dans la fente ainsi faite, et a}i niveau des globes, une tige métallique rigide que l'on fixe, aussii exactement que possible, dans une direction perpendiculaire à Ip

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