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CHAPITRE V

APPLICATIONS MÉDICALES DE l'ÉLEGTRICITÉ DITE STATIQUE

56 k . Électrisation du corps humain par frottement.— Le

corps humain est relativement bon conducteur de l'électricité, et on doit pouvoir lui communiquer un potentiel par frottement, si on l'isole du sol. Ce fait n'a pas été vérifié par l'expérimentation, mais on connaît quelques cas d'électrisation, en quelque sorte spontanée, qui en sont une confirmation. La science possède, en effet, quelques observations de personnes du corps desquelles on pouvait tirer des élinccUes qui atteignaient, dans un eus, 1 ccntim.

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tlo longueur (Féré) ; la peau, chez ces persomios, était d'ailleurs très sèche. Il est probable que i'électrisalioa du corps est due alors au frottement des vêtements contre la peau et que, celle-ci étant très sèche, l'éleclricltô ne peut s'écouler dans le sol.

Les bons effets thérapeutiques que l'on retire des frictions sèches sont peut-être dus en partie au développement d'électricité qui doit résulter du frottement exercé (Boudet). Cette électricité s'écoule d'ailleurs dans le sol au fur et à mesure de sa production, à moins que l'on isole le malade, ce que l'on ne fait pas généralement.

565. Franklinisation. — On appelle ainsi l'emploi thérapeutique, très courant aujourd'hui et utilisé dans ud grand nombre de i-as, de l'électricité fournie parles machines dont il a été question dans le chapitre précédent. On utilise cette électricité de plusieurs manières, que nous allons passer rapidement en revue.

Bain slatique. — Le malade est placé sur un tabouret isolant ijui est réuni à l'un des pôles de la machine, tandis que l'autre pôle est mis en communication avec le sol. L'électricité communiquée au malade, lequel se trouve au môme potentiel que la

machine, s'écoule par toutes les aspérités (cheveux ) du corps.

Le bain est dit positif ou négatif suivant que le tabouret est réuni au pôle positif ou au pôle négatif de la machine.

Tandis que quelques auteurs affirment que les bains positif et négatif produisent des effets différents, d'autres attribuent les mêmes propriétés à ces deux modes d'électrisation.

Douche électrique. — Le malade étant placé sur le tabouret isolant, on approche de sa tête un plateau garni de pointes sur sa face inférieure, ou une cloche à bords tranchants, que l'on met en communication, soit avec le sol, soit avec l'autre pôle de la machine. L'électricité du plateau ou de la cloche s'écoule par les pointes ou par les bords tranchants, tandis que celle du corps, attirée par la précédente, s'échappe par les cheveux. Le corps dii malade est ainsi le siège d'un courant électrique.

Souffle, aigrette , étincelle. — Pour faire écouler l'électricité ( ummuniquéeau malade par une région déterminée du corps, on approche de coUc région un conducteur relié au sol et terminé par uiiepointc plus ou moins aiguë ou par une sphère. Dans tous les cas, le conducteur, soumis à des phénomènes d'mflucncc, réagit

à son tour sur le corps pour en attirer l'électricité dans la réf^ion en regard de laquelle il est placé ; c'est par cette régiou que se fait alors presque entièrement la décharge.

Si le conducteur est terminé en pointe, l'électricité s'en échappe d'une façoû continue et passe sur les molécules d'air environnantes, qui sont repoussées par la pointe et attirées par les régions voisines du corps où elles donnent la sensation d'un sonfUc. De là, le nom de souffle électrique donné à ce procédé de fran- Idinisation . D'après Boudet, la région de décharge sur le corps a un diamètre sensiblement égal à une fois et demie la distance de la pointe au corps.

Si le conducteur approché est terminé par une pointe mousse, les phénomènes d'influence donnent naissance à une aigrette ; le malade éprouve dans ce cas une sensation de picotement qui n'est nullement douloureuse.

Enfin lorsque le conducteur est terminé par une boule, les électricités de nom contraire du conducteur et du corps se combinent sous forme d'étincelle, si la distance du corps à la sphère n'est pas supérieure à la distance explosive qui correspond au potentiel des corps électrisés et au diamètre de la sphère. La longueur des étincelles est d'autant plus grande que la sphère a un diamètre plus grand ; si cette longueur est suffisante, il se produit une contraction des fibres musculaires sous-jacentes au point du corps d'où, l'étincelle jaillit.

Lorsque l'on veut obtenir des étincelles d'une longueur déterminée et invariable, on peut faire usage de l'excitateur de Boudet représenté sur la figure 339. Cet excitateur est constitué par un bouton de charbon E, recouvert de peau que l'on mouille avec de l'eau salée, et terminé, à l'intérieur d'un tube de verre isolant, par

et c'est entre ces deux boules qu'éclate l'étincelle lorsque le bouton E est appliqué sur une région du corps et que l'extrémité métallique C du conducteur est reliée soit au sol, soit à un pôle de la machine. On peut d'ailleurs remplacer la boule B par une

une boule métallique B'; une seconde boule métalli-

Fig. 339. — Excitateur de Boudet.

que B peut être amenée, t grâce à un pas de vis, à une ' distance convenable de B', >

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