I. — Intensité
600. Principe des galvanomètres. — On sait que, d'après l'expérience d'Œrstedt, un courant qui passe dans le voisinage d'une aiguille aimantée dévie celle-ci de sa position d'équilibre. Toutes choses égales d'ailleurs, la déviation dépend de l'intensité du courant, d'où la possibilité de mesurer cette intensité par cette déviation.
Pour augmenter la sensibilité de ce procédé de mesure, on accroît la déviation à observer en faisant faire au fil, traversé par le courant, un certain nombre de fois le tour de l'aiguille aimantée. La déviation est encore accrue si l'on emploie un système asiatique, c'est-à-dire soustrait à l'influence directrice de la terre ; un tel système est constitué par deux aiguilles aimantées, parallèles et invariablement réunies l'une à l'autre, les pôles de noms contraires se trouvant en regard, et l'une de ces aiguilles étant, en outre, seule entourée par le courant.
Nous n'avons pas à indiquer ici comment on arrive à la mesure absolue de l'intensité, c'est-à-dire comment on peut déterminer le nombre d'ampères ou de fractions d'ampères qui correspondent à une déviation observée ; c'est là, en effet, une question que le médecin et le physiologiste n'ont jamais à résoudre. L'un et l'autre
ne peuvent qu'avoir à comparer les intensités de courants indépendamment de leur évaluation soit en unités C. G, 8., soit en unités pratiques, ou à faire cette évaluation au moyen d'un instrument pourvu d'une graduation établie à cet effet. Nous nous bornerons donc à décrire ici les principaux instruments dont le pbysiologiste et le clinicien peuvent avoir à faire usage.
601. Galvanomètres apériodiques. — Si certaines dispositions spéciales, que nous allons faire connaître, ne sont pas réalisées, l'aiguille aimantée, lorsqu'elle est déviée par l'action d'un courant, oscille pendant longtemps avant de s'arrêter dans sa nouvelle position d'équilibre.
On diminue considérablement le nombre et la durée des oscillations en munissant l'aiguille de palettes légères en mica, véritables amortisseurs contre lesquels s'exerce la résistance de l'air; on arrive au môme résultat en entourant l'aiguille aimantée d'une masse de cuivre dans laquelle les mouvements de l'aiguille déterminent des courants' d'induction qui, comme nous le dirons plus loin, s'opposent au mouvement de l'aiguille qui les a engendrés.
Les galvanomètres dont l'aiguille s'immobilise rapidement dans chacune de ses positions d'équilibre sont dits apériodiques. Il importe de remarquer que l'apériodicité ne diminue en rien la sensibilité de l'instru- Fig. 366. ~ Galvanomètre de Ducreiet. ^ent, c'est-à-dire la déviation de l'aiguille aimantée.
602. Sensibilité des galvanomètres. — Nous avons dit qu'on augmentait la déviation de l'aiguille en enroulant le fil traversé par le courant autour de l'aiguille aimantée ; mais cette affirmation n'est pas vraie d'une façon absolue, car, pour faire