AIMANTS
rants dans les spires soit le môme que celui du mouvement des aiguilles d'une montre. On donne à celle extrémité le nom de pôle sud, et l'on appelle pâle nord l'extrémité qui est tournée vers le nord.
c. Si l'on prend deux solénoïdes semblables et qu'on les fasse agir l'un sur l'autre, on constate que les pôles de même nom se repoussent et que les pôles de noms contraires s'attirent.
Ces actions d'un courant rectiligne sur un solénoïde et de deux solénoïdes l'un sur l'autre s'expliquent par les lois élémentaires rappelées plus haut.
L'action directrice de la terre sur un solénoïde se conçoit, dès lors, si l'on admet l'existence, au sein de la terre, de courants formant un solénoïde terrestre,
618. Aimants. — On sait que les aimants donnent lieu aux mêmes phénomènes que ceux que nous venons de constater en expérimentant avec les solénoïdes. Une aiguille aimantée, mobile autour d'un axe vertical, se met en croix avec la direction du courant rectiligne horizontal qui agit sur elle (expérience d'Œrstedt) ; une telle aiguille subit une action directrice de la part de la terre, et ses deux extrémités, comme celle d'un solénoïde, doivent donc recevoir les noms de pôle nord (extrémité tournée vers le nord) et de pôle sud (extrémité tournée vers le sud) ; les pôles de môme nom de deux aiguilles aimantées se repoussent, les pôles de noms contraires s'attirent.
Celle analogie entre les aimants et les solénoïdes se poursuit 4'ailleurs plus loin encore ; on observe, en effet, entre un aimant et un solénoïde les mêmes actions qu'entre deux solénoïdes ou entre deux aimants,
619. Théorie du magnétisme d'Ampère. — Les analogies que nous venons de signaler ont conduit Ampère à regarder les aimants comme des solénoïdes.
^ Dans cette hypothèse, chaque molécule d'un corps susceptible d'aimantation serait parcourue par un courant fermé, courant particulaire, analogue à l'un des courants circulaires qui constituent un solénoïde. Dans un corps non aimanté, les courants particulaires existeraient, mais seraient orientés d'une façon quelconque les uns par rapport aux autres, de telle sorte qu'aucun effet résultant appréciable ne se manifesterait. Après l'aimantation au contraire, tous les courants particulaires seraient orientés parallèlement les' Imbert. — Physique biolog. gc
uns aux autres, de manière à constituer, à l'intérieur du corps, un certain nombre de solénoïdes à axes parallèles ou sensiblement parallèles.
L'aimantation consisterait donc simplement en une orientation de courants particulaires préexistant. Dans certains corps, tels que le fer doux, celte orientation cesserait d'exister dès que la force qui l'a produite cesse d'agir ; dans d'autres, au contraire, l'acier par exemple, l'orientation continuerait à subsister après que la cause à laquelle elle est due a cessé d'exercer son action,
620. Aimantation par les courants. — La possibilité d'aimanter un corps par un courant constitue une remarquable confirmation expérimentale de la tbéorie d'Ampère.
Soit, en effet, un barreau de fer ou d'acier placé à l'intérieur d'un solénoïde traversé par un courant. Les courants circulaires
du solénoïde doivent agir sur les courants particulaires du barreau pour les orienter de telle sorte que ceux-ci forment des solénoïdes à axes parallèles à celui du solénoïde extérieur ; le barreau de fer doux doit dès lors être aimante ; or l'expérience montre qu'il en est bien ainsi.
On appelle électro-aimant un barreau de fer doux entouré des spires d'un solénoïde à travers lequel on peut faire passer un courant. Ordinairement le barreau est Fig. 378 — Électro-aimant, courbé en fer à cbeval (fig. 378) et le fil du solénoïde est enroulé en deux bobines autour de chacune des
extrémités du fer doux.
On sait que les électro-aimants sont utilisés, en particulier, dans la plupart des systèmes télégraphiques.
621. Usages des électro-aimants en médecine. — On fait, en Physiologie, un fréquent usage des électro-aimants.
Nous avons décrit, au paragraphe 182 (pag. 338), le diapason chronographe, instrument dans lequel l'aimantation produite par les courants est utilisée pour entretenir les vibrations d'un diapason; l'inscription des vibrations d'un diapason à côté du tracé d'un phénomène biologique permet d'ailleurs d'étudier les particularités de ce phénomène en fonction du temps.