‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 77 sur 397 · MESURE DE LA TENSION SANGUINE · texte numérisé non relu

MESURE DE LA TENSION SANGUINE

au mercure dans les deux branches, fait connaître la différence des deux tensions sanguines. ^

Tous les instruments précédents, sauf le manomètre diUerentiei de Claude-Bernard, sont en somme des manomètres à air libre. Maison a aussi construit un certain nombre d'instruments d'après le principe des manomètres métalliques, ce qui supprime les inconvénients signalés plus haut.

Fick a combiné un kymographion métallique constitué par un tube creux à section elliptique, comme le tube du manomètre de Bourdon ; l'intérieur du lube, rempli par une solution alcaline, est mis en communication par l'une de ses extrémités avec une artère, tandis que l'autre extréuîité est réunie à un système de leviers amphflcateurs qui actionnent une pointe écrivante.

Marey a utilisé une caisse a (6g. 60) de baromètre anéroïde ; l'intérieur de la caisse, rempli par une solution saline, communique d'une part avec une artère au moyen d'un tube p, d'autre part avec un manomètre à mercure m qui permet d'évaluer

eu colonne de mercure

les tracés fournis par

l'appareil. Pour obtenir

ces tracés, Marey a logé

la caisse a dans un vase

plus grand, contenant

de l'eau jusqu'à une certaine hauteur et mis en

communication, par le

tube t, avec un tambour

inscripteur. Toute variation de pression dans

Fig. 60 . — Manomètre métalVique inscripteur de Marey.

l'intérieur de la caisse a fait changer le volume de celle ci, entraîue des cbangemeuts de niveau de l'eau extérieure et ^irovoque, par

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suite, des variations de pression dans la masse d'air du tamboun Dans ce manomètre métallique inscripteur, Marey adouc utilig simultanément l'élasticité des métaux et celle d'une masse d'air

dans les deux appareils suivants, a contraire, l'élasticité de l'air inte" vient seule.

Le sphijgmoscope de Marey (fig. 6 S, pag.192) se composed'uneampouM en caoutchouc mise en communicatioc avec une artère et contenue dans ub tube en verre relié à un tambour in-i scripteur. Toute variation de tensioD sanguine entraîne unevariation duvo" lume de l'ampoule et par suite de Id pression de l'air du tube et du tambour Dans le dernier modèle de kymo-) grapbion combiné par Fick, le tub caA, quî communique avec l'artère.»

contient de l'air; son autre extrémif A est fermée par une membrane en caoutchouc munie d'une pointe s qu' agit sur un ressort Pô articulé en à avec un levier inscripteur dK.

Quel que soit celui de ces instruments que l'on emploie et que l'o mette en communication avec un artère coupée dont il est alors le prolongement, ses indications font connaître la valeur de la tension sanguine, non dans l'artère coupée, mais dans le tronc dont elle émane, ainsi que nous l'avons fait remarquer déjà., Pour avoir la tension dans l'artère avec laquelle l'instrument est en rapport, il faut pratiquer dans cette artère une simple incision par laquelle on introduira un tube d'un dia-mètre un peu inférieur à celui du vaisseau; ce tube, disposé^ suivant l'axe de l'artère, de manière à ne pas arrêter le cours dm

Fig. 61 . — Nouveau kymographion de Fick.

MESURE DE LA TENSION SANGUINE. 187 .a□^ devra être muai d'uQ ajutage latéral que l'on mettra en coo:aiiinlcalion avec l'un des instruments précédents.

Les procédés de mesure que nous veuons de décrire sommairement ne sont évidemment applicables qu'aux vaisseaux qui ont un calibre suffisant ; en ce qui concerne les capillaires, les métbodes spéciales imaginées jusqu'à présent n'ont pas encore permis d'y mesurer la tension sanguine avec une exactitude satisfaisante.

Des procédés spéciaux ont été aussi institués pour arriver à connaître la tension sanguine chez l'homme ; mais les conditions dans lesquelles les mesures doivent être faites rendent au moins très douteuse l'exactitude des déterminations.

Pour mesurer la tension dans les artères du doigt, Marey plonge celui-ci dans un tube en verre fermé par un manchon en caoutchouc recouvert de taffetas inextensible et muni d'une ouverture à travers laquelle le doigt peut passer. Le tube est rempli d'eau et rais en communication avec un manomètre dont les oscillations indiquent les variations de la tension sanguine. On pourrait croire a priori qu'en augmentant la hauteur de la colonne liquide du manomètre, et par suite la pression transmise à la surface du doigt, il arrivera un moment où, cette pression étant égale à la tension sanguine, le mercure demeure immobile. Mais l'expérience a montré que pour une pression de 30 cent, de mercure, à coup sûr très supérieure à la tension sanguine à mesurer, les oscillations de la colonne liquide ne sont pas annulées.

Basch a tenté des mesures analogues avec l'instrument représenté fig. 62, auquel il a donné le nom de sphygmomanométre. Il se compose d'une boule élastique p pleine d'eau et mise en communication, par un tube plein du môme liquide, avec un manomètre différentiel à mercure. La pelote est appliquée sur une artère bS.°'"^°°"'^^'*' et l'on augmente la pression qu'elle exerce

sur ce vaisseau jusqu'à éteindre les pulsations au-dessous du point où la pelote est appliquée. Si l'artère était mise à nu et isolée des

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tissus voisins, la pression exercée alors et mesurée par le mac mètre, serait égale à la tension sanguine augmentée de la for Bégligeable d'ailleurs, qui est nécessaire pour oblitérer la lumi de l'artère lorsqu'elle est vide.

Nous décrirons plus loin, sous le nom de sphygmographes, catégorie d'instruments qui ne donnent pas, il est vrai, lesvalei; absolues de la tension sanguine, mais qui fournissent sur les vari lions que subit cette tension, pendant la durée d'une révoluti cardiaque, des renseignements qui constituent souvent un éléme de diagnostic.

Les mesures directes les plus précises de la tension sangui cbez l'homme sont en somme celles, en petit nombre, que I'od prises au moment d'amputations; pour les animaux, aucontrair les mesures effectuées sont nombreuses et, si les nombres abso trouvés diffèrent quelquefois sensiblement avec les divers obser leurs, l'ensemble des résultats met du moins hors de contestati' ce fait que la tension sanguine décroît à mesure qu'on s'éloigne i l'origine du système circulatoire, les ventricules, conformém aux résultats fournis par l'bydrodynamique. Nous citerons comD exemples les chiffres suivants qui expriment les tensions sa' guines en centimètres de mercure :

Artère carotide d'ua veau. 16°. 5 Veine faciale d'une chèvre i\ — métatarsienne.... 14°. 6 — jugulaire — 1

On admet généralement que, chez l'homme, la tension sanguin dans la carotide est de 16"=. Albert a trouvé, dans un cas d'ampi talion, que cette même tension dans les artères de la jambe ét comprise entre 10*^ et 16°. Dans le voisinage de l'extrémité du sj tème circulatoire, à l'intérieur des gros troncs veineux qui déb chent dans le cœur, la tension tombe à 2*= environ.

Ajoutons que, chez tous les animaux sur lesquels ont porté 1 expériences, et il doit en être sensiblement de même chez l'hommij la tension sanguine est trois fois plus petite environ à l'origine > l'artère pulmonaire que dans l'aorte. On doit conclure de là que" résistance dans la grande circulation est plus considérable q dans la petite; on verra d'ailleurs plus loin que cette conclusi' s'accorde avec les mesures de la tension, prises par Chauveau i Marey, dans l'intérieur même du cœur de quelques grands animauij

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