OCCLUSION. DISSOLUTION
l'absorption est, pour quelques uns d'entre eux, voisin de celui nui correspondrait à leur liquéfaction ; cependant on n'a pas pu déterminer encore l'état sous lequel se trouvent les gaz absorbés.
C'est cette propriété d'absorption que l'on utilise lorsqu'on emploie le charbon comme désinfectant.
Le dégagement de chaleur qui accompagne l'absorption des gaz par les solides paraît être la cause de certains incendies de mines et de parquets en bois secs et poreux.
Quelques métaux, surtout lorsqu'ils sont sous un état particulier qui leur donne une porosité très grande, absorbent des quantités considérables de certains gaz. Ce phénomène a été appelé par Graham du nom à'occlusion. Le métal qui fournit le plus remarquable exemple d'occlusion est le palladium ; ce métal peut, en effet, absorber plus de 600 fois son volume d'hydrogène. Dans ce cas, 'd'ailleurs, il se formerait, d'après Troost et Hautefeuille, une véritable combinaison chimique.
Le fer, la fonte, l'acier, sont doués aussi d'un certain pouvoir d'absorption. La destruction des matières organiques, contenues dans l'eau, par l'immersion de l'éponge de fer est une conséquence de cette propriété; l'oxygène absorbé par le fer spongieux oxyderait les 0.9 de la matière organique de l'eau, et la Chimie offre, en effet, de nombreux exemples de combinaisons analogues.
139. Absorption des gaz par les liquides. Dissolution. — Certains gaz peuvent être absorbés en quantités plus ou moins considérables par certains liquides ; on dit alors qu'il y a dissolution du gaz dans le liquide. La quantité de gaz dissous dépend de la nature et de la pression du gaz, de la nature du liquide dissolvant et de la température des deux corps.
L'expérience montre que, pour un même liquide et un même gaz, le volume du gaz dissous par l'unité de volume du liquide est constant, pour une même température, quelle que soit la pression du gaz, pourvu que le volume dissous soit mesuré à la pression que le gaz exerce sur le liquide à la fin de l'expérience. Ce nombre, constant pour un même liquide et un même gaz et variable avec la nature du gaz, est donc une constante physique spécifique; c'est ce que l'on appelle le coefficient de solubilité du gaz dans le liquide.
Le poids d'un gaz, sous un même volume, étant profiortionncl
PESANTEUR
à sa pression, la loi précédente peut encore s'énoncer ainsi : A une même température, le poids d'un gaz dissous par l'unité de volume d'un liquide est proportionnel à la pression que le gaz exerce sur le liquide à la fin de l'expérience.
La loi de la constance du volume dissous, et par suite celle de la proportionnalité du poids du gaz dissous à la pression, n'est toutefois exacte qu'entre des limites peu étendues de pression, surtout pour les gaz très solubles.
La solubilité varie sensiblement avec la température ; pour l'oxygène et l'acide carbonique, le coefficient de solubilité dans l'eau est donné, d'après Bunsen, en fonction de la température entre 0° et 20°, par les formules :
« = 0.04 114 — 0.001 090î + 0.000 022 56^^, pour l'oxygène, a = 1 .796 7 — 0.077 6f + 0.001 64i% pour l'acide carbonique.
Le tableau suivant contient les coefficients de solubilité de quelques gaz dans l'eau à 0° et à 15°.