CHRIST1E
ÉLECTRICITÉ
d'induction.
CUMM1NGUE.
ÉLECTRICITÉ
thermolquc.
POUILLET. i
ÉLECTRICITÉ
d'un seul couple.
Argent 109
Cuivre 100 Or 73 Plomb 69 Platine 18 Fer 14,5
Cuivre 100 Or 93,6 Argenl 73,6 Zinc 28,5 Platine 16,4 Fer 15,8 Etain 15,5 Plomb 6,3 Mercure 3,5 CoUMium 1,5
Cuivra 100 Argent 100 Or 66,7 Zinc 53,3 Platine 20 Fer 20 Etain 16 Plomb 8,3
Argent 152 Or . 110,6 Cuivre 100 Zinc 52,2 Etain 25.3 Platine 24,5 Fer 22,3 Plomb 12,4
Argent 176,5 Cuivre 100 Zinc 53 Or 35,1 Fer 21,3 Étain 23,5* Platine 21,6 Plomb 16,8
Argent à 0,986 116 Cuivre rouge 100 Argent à 0,048 88 Or fin * 84 Argenl a 0,800 77 Laiton 2fi Fer 16 Or à 18 karats 15 Platine 13
M. Ilarris a employé la chaleur produite par le passage de l'électricité en admettant qu'elle est en raison inverse de la conductibilité.
L'appareil employé par M. Chrislie consistait en un cylindre de fer doux {fig. 718), entouré d'une spirale de cuivre dont les deux bouts se rendaient aux deux extrémités a et b d'un rhéomèlre à un seul fil ; mais les points c et 6, ainsi que les points a elrf, étaient réunis par des fils égaux du métal qu'on voulait comparer avec le cuivre, et dont on faisait varier la longueur jusqu'à ce que l'aiguille restât slalionuaire. En approchant des points >4 et B les pôles N et S d'un aimant en fer à cheval, les longueurs des fils ac et bc servaient à déterminer la conductibilité, eu supposant que les facultés conductrices étaient en raison inverse des longueurs des tils et en raison directe des sections.
Pour les courants thermo-électriques M. Pouillet a trouvé les résultats suivants :
Palladium 579
Argent à 0,963 515
Argent à 0,900 475
Argent à 0,857 422
Argent à 0,747 388
Or pur . . : 397
Or à 0,951. ...... 133
Cuivre pur 383
Cuivre recuit 384
Platine 855
Acier fondu.
D'après le même physicien , la température n*a qu'une faible influence sur U
conductibilité de certains corps , tandis qu'elle est très-grande tur d'autre»; le fer et l'acier sont dans ce dernier cas.
On Toit d'après les résultais des expériences de M. Pouillet combien la présence
des métaux étrangers a d'influence sur la conductibilité ; il est probable que celle circonstance a dû influer sur les résultais obtenus par les autres physiciens , et peutêtre autant que l'inexactitude des méthodes.
1189. On a reconnu que le charbon bien cuit, qui, comme on sait, est marnait conducteur de la chaleur, est bon conducteur de l'électricité; qu'un fil recuit estnifilleur conducteur que le fil dur ; que la flamme d'une lampe à alcool conduit l'éleclririté; que la chaleur diminue la faculté conductrice des métaux. Ou peut constater et dernier fait en plaçant entre les deux pôles d'une pile un fil assez fin pour qu'il soit échauffé au rouge par le courant; si on chauffe le fil dans des points où il n'est p» incandescent, l'incandescence diminue, et elle augmente quand on refroidit le fil dans les points environnants. Mais les corps solides mauvais conducteurs, tels que les sels, acquièrent souvent au contraire la faculté de conduire l'électricité lorsqu'ils ool été chauffés au point d'être liquéfiés; tels sont la glace, le nitre, la potasse, li soude; les chlorures de plomb, de polasse , de soude ; le sulfate de potasse , le protoxyde de plomb. Le soufre, le phosphore, l'iodure de soufre, le périodure d'étain, l'orpiment, le réalgar, les acides margariqnes, oléiques, l'acide acétique cristallisé, le camphre artificiel et la résine ne jouissent point de cette propriété. Le verre ne devient conducteur par la chaleur qu'autant qu'il contient une suffisante quantité Je polasse ou de plomb. La conductibilité du sulfure d'argent et de l'argent rouge r*t augmentée par une température peu élevée; tous deux donnent des étincelles avec le charbon. Les autres sulfures métalliques conduisent plus ou moins à froid; ruais leur faculté conductrice ne parait pas augmenter par la chaleur. La glace cl l'iodure de potassium fondu, qui ne conduisent pas l'électricité à petite tension, sont conducteurs de l'électricité à grande tension provenant des machines ( Faraday ).
Quand un circuit renferme deux fils de même nature, mais de diamètre différent, le courant a plus d'intensité lorsque l'électricité positive passe du fil le plus fin au til le plus gros que dans le cas contraire ; dans un circuit formé de cuivre et de zinc, l'électricité positive passe plus facilement du cuivre au zinc que du zinc au cuivre, et le contraire a lieu pour l'électricité négative. Il y a une cerlaiue analogie entre 1rs séries des méiaux rangés suivant l'ordre de leur conductibilité pour la chaleur et 1'élcctricilé; mais la grande différence que présente le charbon relativement à sa conductibilité pour la chaleur et l'électricité ne permet pas de supposer qu'il y ait identité.
1190. Conductibilité des liquides. Dans un circuit formé en partie par un canal plein de liquide, l'intensité du courant est la même dans tous les points du circuit. L'intensité du courant est aussi la même dans tous les points d'une même section : c'est ce qu'on peut facilement reconnaître en plongeant dans le liquide et à différentes profondeurs deux fils de cuivre communiquant avec les extrémités d'un rhéometre multiplicateur, maintenus à une distance fixe et recouverts de vernis sur toute leur étendue excepté aux extrémités (Nobili). On peut encore constater ce fait par uo autre mode d'expérience également dit à .Nobili. Si on divise un canal en un nombre quelconque de compartiments égaux ou inégaux, et si on verse daus chacun, à la mèmt hauteur, une dissolution d'acelate de plomb, les lames métalliques sont toutes colorées du même côté par les éléments électro-positifs qui s'y déposent en y formant une teinte uniforme, et les faces opposées se recouvrent d une-couche de plomb d'une épaisseur aussi uniforme. L'uniformité de distribution des couranls daus la section du canal subsiste encore quand la section du canal devient plus grande ou plus petite; quand le canal est en parlie seulement iutt rce^U: par nue plaque meuUique, la
plus grande partie Ju courant se détourne pour éviter l'obstacle. Lorsque l'intensité du courant sur l'unité de sertion augmente par le rétrécissement du canal, l'action chimique ne croit pas proportionnellement à l'accroissement d'intensité du courant. Lorsqu'un courant parcourt un large canal plein d'un liquide conducteur, dans lequel il pénètre et d'où il sort par de larges plaques de platine , et qu'on observe les intensités des courants élémentaires à l'aide de deux pointes maintenues à une distance constante, qui sont fixées aux extrémités d'un rhéomèlre, et qu'on place h différents points du canal et à différentes profondeurs , on trouve que l'intensité est à son minimum au milieu du canal , qu'elle est plus grande dans le voisinage du pôle positif, et un peu plus faible près du pôle négatif; qu'il existe des courants intenses derrière la plaque positive , et qu'il n'en existe point derrière la plaque négative. Ainsi tout se passe comme si les courants élémentaires traversaient le liquide en rayonnant tout autour du pôle positif et convergeaient vers le pôle négatif (Matteucci).
1191. M. Matteucci , intercalant dans un circuit des dissolutions renfermant 1/100 de différents corps, dans lesquelles le courant entrait et sortait par des fils de platine, a obtenu les résultats suivants :
Déflation, f DéfUUon.
Eau distillée î« Bi-oxalatede potasse. 14°
Sulfate double de potasse et d'alumine 4,30'
Chlorure de calcium 5
Chlorure de potassium 5
Sulfate de magnésie G
Su ITa le neutre de fer 6
Chlorure de sodium 7
Nitrate de potasse 7
Hydro-chlorate d'ammoniaque ... 8
Chlorure de barium 0
neutre de plomb 9
Sulfate de cuivre 90
Nitrate de mercure 35
Nilraie d'argent 45
Acide oxalique 14
» tartrique 10
» hydro-chlorique 10
» 8ulfurique 8
• nitrique 8
Potasse . 15
Ammoniaque . 8
Avec l'acétate de plomb et les nitrates d'argent et de mercure seulement on a observé des traces de décomposition.
Le sucre et l'iodure de soufre étant dissous en quantité quelconque dans l'eau n'augmentent pas sa faculté conductrice.
Il résulte de ce taldeau que la conductibilité des acides est inférieure è celle des sels renfermant les mêmes acides, résultats opposés à ceux obtenus par Marianmi, mais qui, d'après le mode d'expérience, sont compliqués des effets résultants de la force électro-motrice ou de l'action chimique.
) 102. En augmentant la quantité de sel dissous, M. Matteucci a reconnu 1° qu'avec le chlorure de potassium le maximum a lieu à 4/100, et que la conductibilité reste constante jusqu'à la saturation; 2° qu'avec le chlorure de sodium le maximum de conductibilité a lieu à 1/100; qu'elle reste constante jusqu'à 4/100, et diminue de 1/8 jusqu'à la saturation; 3° qu'avec l'acétate de plomb le maximum a lieu à 4/100, et diminue jusqu'à la saturation , où elle est la même qu'à 1/200; 4° qu'avec le nitrate d'argent le maximum a lieu à 2/100 jusqu'à 4/100; 5° que l'acide sulfurique se comporte de la même manière.
Lorsqu'une dissolution a atteint son maximum, l'addition d'un autre sel augmente la conductibilité comme si le premier sel n'existait pas, à moins qu'il n'y ait précipitation d'un sel insoluble. Le chlorure d'iode, le proto-chlorure d'etain, et le chlorure de cuivre, ajoutés en quantités convenables à une dissolution de chlorure de sodium, ont offert une conductibilité presque métallique.
Le même physicien a aussi reconnu que la chaleur augmente la conductibilité des dissolutions salines, mais d'autant moins que la conductibilité est plus grande; pour l'eau distillée, la température variant de 8° à 80", la déviation a varié de 4* à 27*; pour l'eau de puits une variation de îi" à 80* a fait varier la déviation de 4* à 41"; pour Teau saturée de sel marin une variation de température de 7" à 83° a fait varier la déviation de 7° à 3«i° ; et enfin , pour le nitrate d'argent une variation de 2i* à 45* a produit une variation de déviation de 73 u à 89°.
Il faut bien remarquer que toutes les expériences que nous venons de rapporter De peuvent conduire qu'à reconnaître le sens de la variation de la conductibilité dans les différents cas, et non pas le rapport des conductibilités. Les résultats sont d'ailleurs compliqués de la résistance que le courant éprouve à passer du métal dans le liquide et du liquide dans le métal, résistance qui n'est très-probablement pas h même pour les différents liquides, et qui même pour chacun d'eux varie peut-être aussi avec l'intensité du courant. C'est probablement par celle raison que plusieurs des résultais obtenus par M. Halteucci ne s'accordeut pas avec ceux obtenus par d'autres physiciens.
D'après M. Pouillet , la conductibilité du platine est 2546680 fois plus grande que celle d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre; la conductibilité de la dissolution diminue à mesure qu'un y ajoute de l'eau, mais suivant une loi qui n'est pas trèsrapide; en ajoutant 4 fois son volume d'eau , sa conductibilité passe de 1 à 0,51.
1193. Un milieu composé de deux liquides séparés par une membrane animale possède une conductibilité très-différente , suivant le sens du courant ; pour l'eau, et l'eau contenant quelques gouttes de chlorure d'iode , le courant entrant par ce dernier liquide produit une déviation 6 fois plus forte que quand il entre par l'eau pure (llatteuccij.
1194. l)n courant d'induction se transmet plus facilement d'un liquide à un autre, lorsque, l'arc métallique de cuivre, de fer ou de zinc qui réunit les deux liquides étant terminé par une pointe d'un côté et par une plaque de l'autre , le courant passe du premier liquide dans la lame , et de la pointe dans le deuxième liquide. Le platiue agit en sens contraire (Marianini, Bolto, de Larive).
§ XIII. Considérations générales sur C électricité dynamique,
1195. Dans la longue série de faits que présente l'électricité dynamique, nous avons vu les courants agir les uns sur les autres, suivant des lois qui diffèrent complètement des lois des attractions et des répulsions de l'électricité en repos; les courants produire l'aimantation , les aimants produire des courants ; la chaleur et les actions chimiques être tantôt des causes de production des courants , tantôt des effets produits par les courants. Ainsi, l'électricité est un agent puissant de la nature, et qui est intimement lié au principe delà chaleur, du magnétisme, et à la constitution même des corps ; et il est évident que nous ne pourrons découvrir la nature de ce principe et sa manière d'agir sans connaître et la nature du principe de la chaleur elle mode de constitution des corps.
Cependant, Davy, Berzélius, Ampère, Faraday, Becquerel et de Larive ont émis des hypothèses plus ou moins plausibles pour expliquer les phénomènes électriques et chimiques qui se développent dans le contact des corps; mais ces hypothèses, toutes obscures et incomplètes, ne peuvent être considérées que comme des essais, dont la discussion peut faire partie d'un ouvrage spécial sur l'électricité , mais qui ne peut entrer dans le cadre d'un traité élémentaire de physique , d'autaut plus qu'aucune de ces hypothèses n'est généralement admise.