A* SS
Ainsi, les Isiines centrales avaient éprouvé une diminution de magnétisme.
UefTetma^ëtiqued* un faisceau de barreaux paratt être le même que celui d'une masse continue de même dioiension.
IVobili , (Cini a répété ces expériences, a trouvé que les aiguilles centrales prenaient des pôles contraires. On voit d'après cela que , quand on foi^me des faisceaux , il est très avantageux de les disposer en retraité, à partir du ceutre, de manière à former aux extrémités des cônes saillants ou rentrants', car alors les actions des barreaut tendent à augmenter leur puissance magnétique. Il résulte aussi de ces expériences que la partie centrale d'un barreau tend plutôt à diiùïnnè^ l'éfFer qu'à l'augmenter ; c'est d'ailleurs ce qu'une expérience direété de Nobili démontre avec la deniière évidence : deux cylindres d'acier de mômes diamètres et de mêmes longueurs, mais dont l'un avait été foré , de manière que les poids étaient 28 grammes pour le premier et 16 grammes pour le second , ayant été trempés de la même manière et aimantés à saturation , produisirent sur une aiguille placée de la même manière par rapport à chacun d'eux , le premier une déviation de 9", 5, et le second une déviation de id"*.
D'après Coulomb , des barreaux semblables , formés d'aiguilles de fer écroui, ont des forces directrices proportionnelles aux cubes des côtés homologues. M. Quetelet a trouvé que pour des aîihantsseaiUàUes d'acier les forces directrices étaient proportionnelles aux carrés des côtés homologues. Coulomb a reconnu, par des expériences très délicates, que pour les fils circulaires aimantés à saturation par la méthode de la double touche, les quantités de liiagiiécisme' libre développées aux extrémités sont proportionnelles aux rayons des fils. "
S6 MAGIfÉTISME.
841 . Des armatures. Lorsque le pdlc A d'un aimant {fig. 479) touche i*extrémité a d*un barreau et y développe un magnétisme contraire, ce ma{p)étisme réagit sur Taimant, et tend à y exciter une nouvelle décomposition de magnétisme. Celte augmentation produit dans le barreau ab une décomposition nouvelle qui réagit encore sur le pôle A , de sorte que Tun et Tautre , par cette mutuelle réaction, acquièrent un magnétisme plus intense. '
CestcequeTon peut facilement vérifier en suspendant à un aimant en fer à cheval (/î^. 679; un barreau de fer et une coupe de balance : on trouve que tous les jours le poids que Taimant peut soutenir augmente; mais quand on détache le fer, si Taimant avait d'abord été aimanté à saturation , il reprend son magnétisme primitif; dans le cas contraire, il conserve seulement une partie de ce qu'il a acquis.
Les barres de fer doux dont on garnit les aimants portent le nom (ïarmalures. Les barreaux aimantés sont ordinairement placés parallèlement dans une botte (^fig. (i80 }, de manière que les pôles contraires se correspondent , et aux deux extrémités on met transversalement des prismes quadrangulaircs de fer doux, qui complètent le parallélogramme : chacune de ces pièces de fer devient un aimant qui réagit sur les barreaux pour y fixer les fluides décomposés.
. Les armatures sont utiles en outre parce que dans certaines positions des aimants le magnétisme terrestre tend à recomposer les fluidesmagnétiques libres. Les aiguilles libres se trouvent toujours placées, en vertu de leur force directrice, de manière que Taction de la terre agit pour y développer une plus grande énergie : ainsi Faction de la terre leur tient lieu d'armatures.
On met aussi des^ armatures aux aimants naturels, non seulement pour augmenter la force magnétique des pôles, mais encore pour donner au magnétisme de la masse une meilleure direction. Ces armatures sont des plaques de fer doux que Ton applique contre les faces des pôles préalablement polies, et que Ton maintient par des cercles de cuivre ifig- tiSi ).
842. Aimantation partielle des lames d'acier. JVL Haldat a observé qu^on pouvait aimanter partiellement des plaques d'à* cier, suivant des contours quelconques , et produire alors, en y projetant de la limaille de fer, des figures analogues à celles que l'on forme sur des gâteaux de résine en y promenant le bouton d'une bouteille de Leyde chargée. M. Haldat emploie des pla-
AlMAITTATIOir PA&TISLLE DBS LAMES d'aGIEH. 97
ques de tôle d'acier, propres à la fabrication des cuirasses, de 2 à 3 décimètres carrés et de i à 3 iDillimètres d'épaisseur ; elles doivent éire décapées et adoucies à la lime ou au grès fia. Pour les aimanter partiellement, on se sert d'un fort barreau aimanté, dont une des extrémités est arrondie; on promène cet* te extrémité sur la plaque en suivant la ligne que Ton veut aimanter; elle est rendue visible en répandant sur la lame de la limaille de fer. On peut ainsi écrire des mots , mais les lettres ne doivent pas avoir moins de &à 5 centimètres de hauteur pour être bien di^ tinctes. Les traces de l'aimant restent vides et la limaille de fer se range autour de cet espace ; le magnétisme ainsi développé reste souvent encore sensible après six mois. Pour faire disparaître ces tra^o ces immédiatement , il suffit de chauffer la plaque sur des charbons jusqu'à la température à laquelle Facier prend la teinte jaune paille. Pour éviter le polissage de la pièce après le recuit, M. Haldat emploie des plaqnes étamées et les chauffe jusqu'à la fusion de Tétain ; mais comme Tendoit métallique s'oxyde, on lui rend son éclat en le frottant avec une poignée d'étoupe imbibée d'huile mêlée de sel ammoniac, après avoir répandu sur la surface de la lame une petite quanticé de limaille d'étain. On peut aussi faire disparaître entièrement les'traees de magnétisme en excitant dans la lame de violentes vibrations : pour cela on la place sur un madrier et on la frappe à coups précipités avec un petit maillet de bois ; après trois ou quatre minutes tout indice de maguétisme a disparu. Les vi"- Jbrations excitées dans la plaque de manière à la rendre seolemeni sonore sont insuffisantes pour produire l'effet dont il est question. ■ .
M. Haldat a encore observé un phénomène très remarquable , relatif à l'influeilce du frottement sur le développement du magnétisme. Si on prend des fils de fer doux non recuits, d'un décimètre de longueur et d'un millimètre de diamètre , et si on les place entre les pèles contraires de deux aimants assez distants pour qu'ils ne décomposent pas le fluide magnétique des fils, ces derniers s'ai-» manient quand on les frotte vivement et longitudinalement avec un corps dur, tel que du laiton, du cuivre, du zinc, du verre et même du bois. Ainsi l'ébranlement des molécules d*un corps facilite son aûnantation; On conçoit facilement d'après cela pourquoi il est nécessaire, quand on veut développer une grande puissance magnétique dand de gros barreaux , de faire les frictions avec une grande pression tf
28 UAGniTisMe.
845. Aimantation part action de la terre. La terre , cûmùié nous l'avons va, exerce une action continuelle sur les aimants et sur tous les corps magnétiques. Cette force tend à aimanter ces derniers $ mais, à cause de son peu d'énergie, elle ne produit cet effet que sur les corps qui n'ont qu'une petite force coercitîve. Cette aimantation est évidemment analogue à celle qui a lien par l'influenced'un aimant à distance. L'action magnétique de la terre est sui:*lour remarquable sur le fer doux. Si on prend une barre de fer de 2 ou ^ pieds de longueur, placée dans la direction du magnétisme ter^ restre , ou seulement verticalement , elle prend un pôle austral à la partie supérieure et un pôle bos*éal à la partie inférieure ; si alors on fait tourner la barre autour de son milieu , l'intensité des pôles' s'affaiblit à mesure que la barre se rapproche d'une position perpendiculaire à sa première direction : alors tout indice de polarité disparaît, et si on. continue le mouvement les pôles reparaissent de nouveau , mais en sens contraire , de sorte que le pôle austral est' toujours sur l'extrémité supérieure de la barre.
D'après M. Barlow , les boulets et les bombes sont aimantés par' le magnétisme terrestre: les deux pôles sont aux extrémités du diamètre parallèle à la direction de l'aiguille d'inclinaison ,• sur tous les points des diamètres perpendiculaires l'action magnétique est nulle, et cette action croît de cet cquateur aux pôles. Les sphères pleines et creuses de même diamètre extérieur agissent de la même manière, pourvu que l'épaisseur excède i/30 de pouce. Enfin,' pour une même position de la boussole les tangente^ des déviations sont proportionnelles aux cubes des diamètres ou aux puissances 3/2 des surfaces, quelles que soient les épaisseurs des globes.
On concevra facilement , d'après cette expérience y que tous les corps magnétiques du globe deviennent, sous l'influence magnétique de la terre, de véritables aimants, dont les pôles changent avec leur position; mais si , par une circonstance quelconque , les corps ainsi magnétisés acquièrent une force coercitive , alors leur polarité subsiste , malgré les changements de position ; et , pour que les corps acquièrent une force coercitive, il suffit qu'ils éprouvent une action mécanique quelconque, une percussion, une vibration, une torsion , qu'ils soient soumis à l'action de la lime , ou qu'ils s'oxydent. C'est ce que l'on peut facilement reconnaître par les ex-« périences suivantes. Lorsqu'une, barre de fer doux, placée verticalement , est aimantée par l'aclion de la lerre , si en la frappe avec un marteau à Tune de ses extrémités , les pôles deviennent
AGTlOir DES AIMAITTS SUE TOUS LES GO&PS. 29
fixes et ne changent ,plus avec la position de la barre ; mais si Qa retouqie ta baore et qu'on la frappe de nouveau j on parvient à l'aimantei* en sens contraire. Cependant la force coercitive ainsi imprimée à la- barre^n'est pas permanente : car après quelques jours .^el souvent même après quelques heures , la polarité magnétique fixe a di8|>aru. On peut produire les mêmes phénomènes sur des Âlsde fier que l'on tord dans une position verticale. Dans les ateliers où Ton travaille le fer, presque tous les outils sont des aimants». >Quânt à Vinfluence de ToiiydatioB , on a remarqué depuis lopg-rtemps^que lioiitôs les barres de fer qui sont exposées à l'air dans^ tme {>osiiioii • verticale, et qui sont oxydées, sont de véri* tables aimsMPLtSv. C'est Jules César, chirurgien de Riroini, qui fit Icpremier cette, (Cibservatiott., en 1590. En 1630 elle fut confirmée pç^ Gassendi i ^hî reconnut que la croix du clocher de Saint-Jean dL'ÂîX) quî.étaii topoLbée de vétusté, et dont le pied était entièrement, oxydée/possédait toutes les propriétés d'un aimant. On peut également aimanter des barres d'acier par l'influence de la terre , en ]e&.nE^uintenaitf.d£uas \kue position verticale et les frappant avec ua:maBtea« de hi^at en. bas ; on obtient beaucoup plus d'effet en les ppsajUi:yar lapartie inférieore, sur deis barreaux plus grands, <le^r oud'aciei^i oo peutmémeobtenir ainsi une aimantation assez pm^anie.pour<|aeiles barreaux, frictionnés ensuite entre eux par la'.méthcKtft.d6 laiidduUe touche , finissent par être aimantés à saturation::.G'e^.iUiréfittltat auquel M. Coresh^ est parvenu. Il est très probaMeqi]^ dans les exp^iences sur le fer doux rapportées précédeauaen^^ l'ébranlement des molécules facilitait le développement des jf>ôles(^ eumme dans l'acier : car le fer doux n'est jamais c^pléitement dépourvu de force coercitive. C'est ce qu'il est facile devsecoiwattreieia soumettant à l'action d'un aimant un morceau de. fer récemment. reçuU, afin défaire disparaître tout écrouissage: la .morceau dteferootu^^ervie toujours des traces de polarité.
j.. • .. i§ }^}\^^Ho^ des aimants sur totis les corps*
8M.*'En l'Slf, Coulomb fil connaître à l'Institut une série d'expérlenôéd 'relatives à Tinfhienèe des aimants sur les corps non magbéelqeïes.L'appàreîI qu'il employait est représenté dans la figure 483". ITnls aigt^lé de 6 à 8 ihiilimëtres de longueur, formée d'or, disii^gentV dé verre , de bols ,* ou de différentes substances organîqties M iilot*£[aniqués, était snspendtie p^run fil de cocon sous une
cloche de verre ; les pôles contraires de deux forts aimants pouvaient être approchés ù une petite distance des extrémités de Taigoille. Coulomb compta le nombre d'oscillations que les aiguilles exécutaient dans un temps donné, hors de rinflucnce et sous Finfluence des aimants , et toujours il reconnut un accroissement de vitesse dans celle dernière circonstance : des barres non aimantées ne produisaient point cet effet. Ces phénomènes ne pouvaient s'expliquer qu'en admettant que tous les corps sont magnétiques, ou que toutes les substances renferment du fer, du nickel on du cobalt. Pour que cette dernière hypotlièse fût admissible , il faudrait que des quantités de ces métaux assez petites pour échapper aux analyses fussent sufGsantes pour produire les phénomènes dont il s*agit. Pour mesurer l'influence des petites quantités de fer renfermées dans les corps. Coulomb Gt des mélanges artificiels et des alliages de fer en toutes proportions , et en comparant leurs effets , il fut conduit à cette conclusion que, si les phénomènes dont il est question sont réellement dus à la présence des métaux magnétiques, ces métaux sont, dans les corps soumis à l'expérience, en quantités si petites que leur présence ne peut pas être mise en évidence par les réactions chimiques. Coulomb a aussi reconnu que la plupart des matières végétales et animales éprouvaient plus d'action magnétique que les métaux puriBés par les méthodes ordinaires. D'après les expériences de M. Becquerel , dans les corps faiblement magnétiques , comme lés peroxydes de fer, lô bois, ia gomme laque , et d'une forme prismatique , la distribution du magnétisme ne se fait pas toujours dans la direction de Taxe.
845. Ces expériences peuvent servir à déterminer les quanlilés de fer qui se trouvent dans différentes substances. M. Uiot en a fait une application remarquable , que nous allons rapporter. En faisant osciller deux petits faisceaux de lames de mica de différentes espèces, en présence de deux puissants aimants, dans le même temps l'un fit 12 oscillations, et l'autre 7 : les forces magnétiques étaient alors entre elles comme les nombres 1^4 et 49, eU'analyse chimique démontra ensuite que dans ces deux variét* de mica le fer se trouvait dans le même rapport.
846. Lebaillif, au moyen d'un appareil d'une grande sensibilité, a reconnu depuis que presque toutes les substances agissent sur Taiguille aimantée. Il a aussi constaté ce fait remarquable ique le bismuth et l'antimoine exercent toujours une action répulsive sur l'aiguille aimantée.
mrSTS MAQKÉTIQUES DES CO&PS EIT HOUTEHSIIT. 31
L'appareil de Lebailiif, qu'il désigne sous le nom de iidé^ roseope , est représeoté fig. 483; il se compose d'une paille de il à 15 pouces de longueur, dans laquelle on place trois fines aiguilles à coudre , aimantées à saturation ; l'aiguille ab est placée dans la paille , de manière que son axe soit dans le prolongement de celui de la paille, les deux autres a*b' et a"b" traversent la paille perpendiculairement i elles sont disposées de manière que leurs pôles contraires se correspondent. La paille est supportée horiz(Hitalement par im petit étrier de papier qui est^fixé à l'extrémité d'un fil de cocon (fig, 48/i). La partie mn n'a point de force directrice : on pourrait par conséquent remplacer les deux aiguilles par un petit contrepoids ; mais la partie m'n' a une force directrice qui dépend de l'intensité magnétique de l'aiguille et du rapport des distances des deux pôles de l'aiguille ab à l'axe de rotation ; elle est évidemment d'autant plus faible que l'aiguille est plus petite relativement à la longueur de la paille. Au dessous de l'aiguille ab se trouve un arc de cercle divisé , et tout l'appareil est environné par une cage de verre pour soustraire les mouvements de l'aiguille à l'influQuce de l'air. La cage est percée en avant d'une ouverture circulaire , destinée à l'introduction des corps à l'action desquels on veut soumettre l'aiguille.
Cependant, tous les faits relatifs aux actions exercées par les corps sur les aimants ne sont pas encore constatés par des expériences assez multipliées; ces actions sont si faibles qu'il faut des précautions extrêmement nombreuses et très délicates pour écarter les causes étrangères qui pourraient les produire ou les altérer.
§ YIII. Effets magnéHquet des corps en mouvement*
847. En 1832, M. Ârago découvrit ce fait important : quand une aiguille aimantée oscille très près d'une plaque solide ou d'une masse liquide placée au dessous d'elle , elle éprouve une sorte do résistance , indépendante de celle de l'air, qui anéantit bientôt les oscillations sans influer sensiblement sur leur durée, et d'autant plus rapidement pour le même corps que sa distance à l'aiguille est plus petite. Par exemple, si la plaque est en cuivre et si elle est suffisamment voisine de l'aiguille, la diminution successive des amplitudes peut être telle que l'aiguille ne fasse que ô onU oscillations d'june étendue sensible avant de revenir au repos , tandis que Ton en pourrait compter 3 ou & cents s'il n'y avait d*autre résistance que
33 HAG5ÉTISXE.
celle de Fair. M. Arago a reconnu , à des degrés différents , le Béme genre d'inflaenœ dans les autres métaux, dans le verre, Feao , la glace , eic.
848. Llnflnence des différents corps sur Fampliiude des oscilbtions d'une aiguille aimantée a été étudiée par MM. Arago, Xobili et Bacelli , Seebeck et Baumgaertner. Nous rapporterons «eulement ici les résultats obtenus par M. Seebeck. L*aiguille aimantée dont ce physicien s*est servi avait 2 pouces 1/8 de longueur; eDe était placée à 3 lignes de distance des plaques. Il a observé le nombre des oscillations qui devaient s'exécuter pour que Tamplitade fût réduite de hS^ à 10®. Le tableau suivant présente les résultats de ces expériences.
Ép.
9r.«tfc des «ccillatlofla.
rén plaqset.
SvbiUBccs.
Marive
Mercure
Bismatk
PhtJne
AntÛDome
Plomb
Or
Zinr
Étain
Laiton
CulTre
Argent
Fer
M. Seebeck a remarqué qu en alliant des substances magnétiques à d'antres qui ne le sont pas , on peut former des composés qoi n'exercent aucune action sur Faiguille aimantée : tels sont, par exemple, Falliage d*une partie de fer et de quatre d'antimoine , et celui d'une partie de nickel avec deux parties de cuivre.
849. Depuis, M. Arago a fait des expériences en sens cod traire ; il a soumis raiguille en repos à Faction de diverses plaques en Bûiivement. II en est résulté des phénomènes fort remarquables, que nous décrirons après avoir fait connaître l'appareil employé par ce savant physicien.
Cei appareil est représenté en coupe (fi g. &85); ab est uo plateau drcobire de cuivre rouge ou de toute autre substance , fixé par son centre â la tige verticale xy,VL laquelle on donne un mouvement rapide de rotation au moyen d'une horloge ; ed est une o uvcrtur
XFPBT8 HEAGlfÉTIQUBS DES GO&PS Blf HOUTXMINT. 38
circulaire faite dans le plateau MN, elle est fermée iofërienrement par une feuille de papier collée sur les bords ; ABCD est une c1<h che de yerre , dont la tubulure est garnie d'une douille tenuiliée par UB petit treuil , autour duciuds'enroule un fil de soie nm , qui supporte l'aiguille aimantée.
Dès que le tnouTement du plateau ah commence, l'aiguille est déviée dans le sens de la rotation ; si la vitesse de la plaque n*est pas trop considérable , l'aiguille parvient y après un temps très court, ù une position stationnaire, dans laquelle l'action de la plaque fait équilibre à l'action magnétique de la terre , qui tend à ramener l'aiguille dans le méridien magnétique. L'angle dont elle s'en écarte dans cette position dépend de la distance de l'aiguille au plateau , de la vitesse et de Vépaisseur de la plaque ; il augmente avec cette vitesse jusqu'à ce que la déviation soit de 90® : alors l'aiguille tourne sans s'arrêter dans le même sens que la plaque. Les mêmes phénomènes ont lieu , mais à.nn moindre degré , lorsqu'on remplace le cuivre par d'autres matières^, ils diminuent dans un grand rapport lors* que la continuité de la plaque tournante est interrompue par un assez petit nombre de fentes dirigées du centre à la circonférence , et disparaissent presque entièrement si la plaque est remplacée par de la poussière ou de minces copeaux de la même matière. En interposant entre Taulguille et la plaque mobile des plaques de différents métaux et de verre, l'action n'est point altérée; elle est au contraire fortement diminuée par l'interposition d'une plaque de iev^ et presque détruite par deux ; cette dernière observation est due à MM. Herschel et Babbage. Lorsqu'on suspend le disque par mu fil de cocoti et qta'on fait tourner l'aimant au dessous , le disque est entraîné : c^est évidemment ce qui doit arriver en vertu du principe de l'égalité de l'action et de la réaction.
880. Dans les expériences que nous venons de rapporter , la déviation ou la rotation sont produites par une force perpendiculaire aux rayons du disque et parallèle à son plan ; mais la rotation de la plaque développe encore *deux autres forces, dont l'une est perpendicnlaire^u plan du disque, et l'autre dirigée suivant les rayoris* ' M. Arago a d|émoiitré l'existence de ces deux forces par les expériences suivantes. Une aiguille aimantée fut suspendue verticalement par uni fil à l'extrémité du fléau d'une balance , et équilibrée par des poids ; sous l'extrémité inférieure de l'aiguille on fit tourner un disque de cuivre ,.et on observa une diminution de poids : ainsi la rotation du disque développe une force répulsive , perpen- II. 3
S& HAG5ÉTISME.
dicohire h sa sorface. Pour conslater TexisteDce d*ane force dirigée soWaot les rayons do disque , M. Arago dispose une aiguille d'indioaisoo de manière que son plan de rotation soit perpendiculaire an méridien magnétique, Taiguille est alors dirigée verticalement; et sous son extrémité inférieure il fait tourner un disque de cuivre. Lorsque le centre de rotation de l'aiguille est dans Taxe de rotation du disque , l'aiguille n'éprouve aucune déviation ; mais si on la (ait marcher dans le sens d'un même rayon , de manière que son extrémité corresponde successivement aux différents points de ce rayon et de son prolongement , on remarque que , quand la pointe de l'aiguQle tombe en dehors du disque y elle est repoussée loin da centre de rotation. Celte répulsion diminue à mesure que l'aiguille se rapproche du centre , elle devient nulle à une certaine distance, et se change en une force attractive qui diminue et devient nulle quand l'aiguille est au centre ; ainsi , sur chaque rayon du disque, il y a un point entre le centre et la circonférence où la force dont il s'agit est nulle ; au delà elle est répulsive , e^en deçà elle est attractive. Dans la fig. USQ , les diflTérentes positions de Faiguille sont iodiquées par des lignes pleines.
8tSl. Comme nous l'avons déjà dit, toutes les substances ne produisent pas, par leur mouvement, les mêmes efTets sur l'aiguille. Les métaux agissent beaucoup plus que les autres substances , et plusieurs physiciens n'ont pas obtenu d'effets sensibles avec le verre, le bois, l'eau • etc.
D'après MM. Herschell et Babbage , les efTets relatifs des dî/Terents métaux sont représentés par les nombres suivants :
GoiTre. • • i,00 Zinc • . • 0,d3
Ëtain . • • 0,46 Antûnoîne* • 0,09
Plomb • • • 0,25 Bismath • • . 0,02
D*après MM. Prévost et Colladon , les angles de déviation augmentent proportionnellement à la vitesse de rotation , et les sinus àes angles de déviation varient en raison inverse de la puissance
-j de la distance ; mais d'antres physiciens ont trouvé des lois différentes pour l'influence de la distance.
853. Nous avons déjà dit que , quand le plateau* est garni de fentes dans le sens des rayons , il perd une partie de son action , d'autant plus grande que le nombre des fentes est plus considéra- We, et qu'elle n'est point rétablie en remplissant les fentes par des
EFFETS MAGNÉTIQUES DES CORPS EN MOUVEMENT. 3ft
poussières métalliques. MM. Herscbell et Babbage ont rccoimu que des disques de fer élanié ne perdent presque rien de leur action par des fentes dirigées suivant les rayons 9 lorsque les fentes sont remplies par de l'étain.
Ces mêmes physiciens , en opérant avec des disques de cuivre et de laiton d'abord pleins , puis garnis de huit fentes suivant les rayons, également espacées, et successivement vides et remplies par différentes soudures, et en les suspendant au dessus d*un at* mant auquel on donnait une vitesse de rotation uniforme, ont obtenu pour la force accélératrice qui faisait tourner le disque les valeurs suivantes:
Plein i»00
Goapé suivant 8 rayons . .0,24
Fentes soudées aTec'dabismuth 0,5S
— — aveèderéCain. 0,88
Ditqae dt cuivre .
Plein
Conpé Boivant 8 rayons.
Fentes soudées à l*étain«
835. D*après M. Haldat, un disque de fer doux agit avec |^lu8 d'énergie qu'un disque de cuivre; avec la même vitesse il produit une déviation deux fois plus grande. Le fer fortement écroni se comporte comme le fer doux ; mais un disque d'acier non trempé ne produit point d'effet : l'aiguille après quelques oscillations reprend sa position primitive. Les disques incandescents produisent le même effet qu'à la température ordinaire.
864. Six mois après la publication de la découverte de M. Arago , M. Barlow communiqua à la société royale de Londres des recherches fort intéressantes, relatives à l'actiou des globes de fer tournant siur une aiguille aimantée. Nous rapporterons quelques uns des résultats obtenu^ par ce physicien. Une bombe de 8 pouces de diamètre tournait avec une vitesse de 720 tours par seconde antour d'un axe horizontal passant par son centre; une aiguille rendue sensiblement astatiqne ( Y. plus loin , p* 962 )* par un aimant convenablement placé était successivement présentée à la même distance de la bombe, dans un plan horizontal passant par l'axe de rotation , et dans unedirection tangentielle à la bombe. Dans toutes les directions de l'axe de rotation et dan& tous les azimuths, l'extrémité nord dé l'aiguille était attirée si le mouvement delà bombe était dirigé vers l'aiguille; elle était repoussée dans le cas contraire. Le maximum d'effet avait lieu à Téquateiu* , le minimum aux pôles de rotation. Si on éleVait
M MAGHÉTISHI.
raigallle zn dessus du plan dans lequel nous Tavons sapposëe, elle était sollicitée dans le même sens jusqu'à une certaine hauteur; au delà Faction changeait de signe ; cette hauteur angulaire dépendait de la direction de Taxe de rotation. M. Barlow a constaté que dans ces phénomènes les boulets pleins agissent avec une plus grande énergie que les boulets creux de mêmes rayons.
Ces phénomènes se ratuchent à d'antres, découverts par M. Faraday y et dont il sera question plus tard sous le nom d'Induction,
§ YI. Magnétisme terrestre.
osa. L'action de la terre sur les aiguilles aimantées se manifeste non seulement à sa surface, mais encore à de très grandes hauteurs dans l'atmosphère, comme MM. Gay-Lussac et Arago l'ont reconnu, et à toutes les profondeurs auxquelles on est parvenu. La terre parat^^ir comme un aimant dont les pôles magnétiques seraient situés sur une ligne sensiblement différente de son axe de rotation.
8it6. Direction de la force magnétique de ta ferre* Imaginons une aiguille aimantée , librement suspendue par son centre de gravité : sa pesanteur étant 'détruite par la résistance du point de suspension , elle pourrait prendre autour de ce point toutes les positions possibles. Il est évident que l'aiguille se dirigerait parallèlement à la résultante totale des actions attractives et répulsives ezer* cées par la terre sur ses éléments magnétiques : la direction de cette résultante serait par conséquent donnée parcellederaiguille. L'hypothèse que nous venons de faire ne pouvant pas être réalisée, la direction du magnétisme terrestre ne peut pas être observée di« rectement; mais cette direction étant déterminée par l'angle que fait avec le méridien du lieu le plan vertical de l'aiguille , et par l'angle que forme l'aiguille avec l'horizon, angles que nous avons désigné^ souslesnoms de déclinaison et d'inclinaisoûy et qui peuvent étre'ob* serves, le premier par une aiguille suspendue par son centre de manière à se mouvoir dans un plan horizontal, et le second par une aiguille mobile autour d'un axe horizontal qui passe par son centre de gravi lé et qu'on place perpendiculairement au méridien magnétique , il en résulte que la direction de Faction magnétique du globe est ramenée à la mesure de la déclinaison et de Finclinaison.