‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 19 sur 129 · CIRCONSTANCES DE LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES DE LA PRODUCTION

cylindre de verre A, qui avait élé arrondi et poIi.au tour ; il était traversé par un axe en fer , mobile dans des coussinets Gx«s CC , montés sur des supports isolants. Un frottoir D en bois , ayant inférieuremeni la courbure du cylindre , et que l'on pouvait recouvrir de différentes lames flexibles , était garni de deux appendices EE logés dans les coulisses FF ; à sa partie supérieure se trouvaient deux tiges métalliques GG , destinées à recevoir des poids IIH. Sur une des faces du cylindre , et à une petite distance , était placé un peigne métallique K, fixé à un support isolé I^ le peigne communiquait, par un fil recouvert de soie, avec une tige de cuivre ab, logée dans un tube de verre y et terminée en b par une boule sur laquelle était vissé un petit cylindre d'acier bien poli, terminé lui-même par une })0ule c ^ et autour duquel se trouvaient deux petites hélices en fils de cuivre , Tune fixe et Tautre mobile , auxquelles étaient fixées deux pailles terminées par deux boules de moelle de sureau. Sur le tube de verre se trouvait une douille en cuivre , fixée à une plaque de même mêlai ef, portant un cadran divisé ; enfin un écran mn , placé à plusieurs mètres, était percé d'un petit orifice dont le contre correspondait à Taxe de la tige ab; cesl par cet orifice qu'on observait la déviation du pendule mobile. Il était indispensable d'avoir un cylindre de verre parfaitement rond , afin que sa distance au peigne fût toujours la même pendant le mouvement , car, sans cela, le pendule aurait fait des oscillations continuelles. La nécessité de toutes les autres dispositions se comprend facilement.

Je m'assurai d'abord que les indications de l'instrument étaient toujours les mêmes dans les mêmes circonstances ^ j'examinai ensiiile successivement Tinfluencc des diflërcntes circonstances qui se présentent dans le frottement, et j'obtins les résultats suivants.

981. Influence du temj)g, la vitesse et la pression étant constantes. En employant pour frottoirs le papier nu ou couvert de cuivre , d'étain , d'argent, d'or, létain en feuilles , la soie , le coton , le laffetas ciré, etc. , à partir de l'origine du mouvement, la tension va en croissant pendant un certain temps, en général très-court ^ après lequel elle reste constante.

982. Influence de la vitesse. Pour observer l'influence de la vitesse, on tournait la manivelle de manière à lui faire faire une révolution dans huit, quatre, deux ou un battement d'une montre, et chaque vitesse était continuée pendant un certain temps. Il résulte des expériences faites avec tous les corps frottants sur des

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cylindres de verre , de résine et de taffetas ciré , qne la tension électrique est indépendante de la vitesse , excepté pour certains corps, tels que la pluche de soie, le molleton, et en général les corps garnis de longs filaments , qui neutralisent au delà du contact une partie de Télectricité du cylindre d autant plus grande que la vitesse est plus petite. Mais la permanence de tension , quelle que soit la vitesse, ne subsiste, quand le frottoir n*est pas très-bon conducteur, qu'à la condition que le cylindre n'est pas constamment déchargé : car, lorsqu'on décharge le cylindre par une frange métallique placée du côté opposé au peigne, la tension diminue avec la vitesse, et d autant plus que le frottoir est plus mauvais conducteur. Ce phénomène s'explique facilement en considérant que , le cylindre étant constamment déchargé, l'électricité qui le recouvre provient uniquement de la dernière friction, et doit être égale à celle de signe contraire qui s'écoule dans le sol à travers le frottoir } quand le frottoir est formé d*un corps bon conducteur, il laisse bouler dans le sol à chaque instant toute l'électricité qui peut se développer; mais quand il est mauvais conducteur il n*en est plus ainsi, et il est facile de voir que la tension du cylindre, dans ce dernier cas, doit être plus petite que dans le preniier, et diminuer avec la vitesse. Relativement à la quantité d'électricité développée , quand on fait varier la vitesse, il est évident que, la tension restant la même, quand on décharge continuellement le cylindre par une frange métallique, la quantité d'électricité produite est proportionnelle à la vitesse ; mais je me suis assuré de l'exactitude de cette loi d'une autre manière. L'armature intérieure d'une bouteille de Leyde fut mise en communication avec le peigne, et une boule métallique communiquant avec le sol fut placée à une distance Axe delà boule del'armature intérieure. Lorsqu'on fait tourner le cylindre avec une vitesse uniforme , la bouteille se décharge toujours après le même nombre de tours , quelle que soit la vitesse, pourvu que le frottoir soit bon conducteur; s'il est mauvais conducteur, les décharges ont lieu après des nombres de tours qui augmentent avec la vitesse. Cette dernière anomalie s'explique facilement d'après ce que nous avons dit relativement à l'influence delà vitesse sur la tension , quand les corps sont mauvais conducteurs et qu'on décharge le cylindre.

Cette permanence de tension ne provient pas de ce que, la déviation du pendule mobile étant très-grande, elle n'éprouve que de fuibles, variations relativement aux changements do tension du cy-

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