RAIES DU SPECTRE
Pour observer ces phénomèDes , il faut faire entrer la lumière solaire dans une chambre obscure par une fente étroite ; le prisme doit être formé d*une matière bien homogène, et ses arêtes doivent être placées parallèlement à la fente et dans la position de minimum de déviation. A l'œil nu on peut apercevoir quelques-unes des lignes ûxes les plus remarquables : c'est ainsi que Wollaston les a aperçues ; mais pour les distinguer nettement, on est obligé de les regarder avec une lunette achromatique.
Voici de quelle manière on peut disposer l'appareil. On fixe dans le volet d'une chambre obscure le porte-lumière (fig. 1018 et 1019), et on place dans le tuyau une douille fermée par une plaque mince percée d'une ouverture très-étroite par laquelle passent les rayons solaires : lorsque rexpérience doit durer un certain temps , un héliostat serait bien préférable. Alors on reçoit le faisceau de lumière sur un prisme d'une substance très-pure, dont les arêtes sont parallèles à la fente, et derrière le prisme on place une lunette achromatique. C'est en regardant dans cette lunette toutes les nuances du spectre que l'on distingue facilement les différentes raies. Pour concevoir l'effet produit par la lunette achromatique , il faut remarquer que si l'on regardait directement le prisme, en plaçant Toeil dans le faisceau réfracté , on verrait un spectre dont le lieu serait le point de concours des rayons divergents qui arriveraient à l'œil : alors, si on se sert d'une lentille achromatique, c'est-à-dire qui ne décompose pas la lumière, on verra une image amplifiée du spectre, dans laquelle les couleurs et les raies auront les mêmes positions relatives. Pour que les raies soient aperçues distinctement, il faut que la lunette soit allongée de manière qu'étant dirigée sur la fente du volet, on l'aperçoive distinctement; il faut même changer un peu la position de l'oculaire pour voir bien distinctement les différentes raies : il faut l'enfoncer un peu plus pour les raies qui se trouvent dans le violet que pour celles qui se trouvent dans le rouge. Lorsque le prisme est tourné de nianière que l'angle d'incidence excède celui du minimum de déviation , les raies disparaissent; mais elles reparaissent en raccourcissant la lunette. Elles disparaissent également quand l'angle d'incidence est plus petit que celui du minimum de déviation ; mais elles deviennent distinctes quand on allonge la lunette. En élargissant l'orifice, les raies les plus fines disparaissent et ensuite les plus larges.
On peut aussi projeter le spectre sur un écran , de manière à
SSS UntBE.
readre les prteeqMlet nies visibles en nième lem|is les personnes de la snlle. Il soffîi poor cela de placer dans lefattceaa , à sa sortie dn prisme^ une lentille achromalîqiie et m écm de papier Mane à la distance convenable; la lentille ajani i mctn de foyer, eUe doit être placée à 2 mètres de ronvertnre^ et Iccnt i la même distance de la lentille.
Poor mesurer la distance des raies, FraoenhoOin* s'est servi dm appareil désigné sons le nom de «ita-oai^irr. Cet appareil se compose de deux fils métalliques parallèles* tendus dans on cadre placé dans la lunette ; tm d'eux est fixe et l'autre peut s'éloigner oq se rapprocher du premier à Taide d'une \ïsy disposée comme dans la fig. 5 : alors on peut facilement mesurer l'écartement des fils dans une position quelconque. Pour appliquer cet insiniment à la mesure de Técartement de deux raies , on fait ooincider les fik avec les raies, et la position de la vis micrométrique donne leur distance.
Frauenhoflër a constaté par de nombreuses expériences : I* que, poor la même espèce de lumière, le nombre des raies , leur forme et leurs dispositions sont entièremeut indépendantes de Taugle réfringent du prisme ainsi que de la substance réfringente; ^ que les raies sont les mêmes, non-seulement pour la lumière émanée directement dn soleil, mais pour celle qui provient indirectement du soleil , telles que celles des planètes, de la lune, du ciel , des nuages; 9* que les spectres provenant de la lumière des éUnles, des flammes, de réiectricité, donnent des raies disposées d'une manière différente; i*que la lumière électrique, celle des lampes ordinaires et de la flamme de Taloool, donnent des raies brillantes, tandis que tous les autres foyers de lumière donnent des raies obseore«.
Dans le spectre provenant de la lumière d'une lampe, il y a deux lignes brillantes dans le rouge; dans le spectre formé par la lumière électrique, les raies les plus brillantes sont dans le vert et l'orangé : il en existe aussi une plus faible dans le rouge. Frauenhoflèr, poor obtenir une ligne lumineuse par Télectricité, réunissait deux conducteurs par un fil de verre de 15 millimètres de longueur al très-fin; un des conducteurs communiquait avec une machine Aeetrique , l'autre avec la terre.
La découverte des raies est d'une très-grande importance, parce pie les points fixes que les raies établissent dans le spectre permetent de déterminer avec une grande précision les indices de réfriic-