DE LA MESURE DU CALORIQUE
290. Nous avons supposé que le calorique était un corps susceptible de s’accumuler , de se séparer , de se combiner , etc. Nous devons donc rechercher les moyens de déterminer en quelles quantités ce calorique ^existe , se combine ou se dégage. Et quand nous nous contenterions de considérer le calorique comme cause de la chaleur , il faudrait encore mesurer l’intensité des actions de cette cause.
Lorsque nous touchons un corps, nous éprouvons des sensations de chaleur ou de froid que nous attribuons au passage du calorique du corps à la main ou de la main au corps. 11 faut supposer que ce calorique est libre ; on le nomme aussi thermométrique ; et on nomme températures les étals qui produisent ces sensations diverses. On suppose qu’elles dépendent de la plus ou moins grande quantité de calorique libre qui existe dans les corps.
On a remarqué que différens corps, qui produisent sur nos organes ou sur les thermomètres des effets semblables , contiennent souvent des quantités de calorique très-différentes. On en a conclu que les diflérens corps avaient , en quelque sorte, des capacités diverses pour contenir le calorique libre , et on est parvenu h mesurer comparativement ces capacités. Enfin , les indications du thermomètre et les
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diverses capacités caloriques des corps n’indiquant que des rapports entre des quantités inconnues de calorique , on a recherché quelle pouvait être la quantité absolue du calorique contenu dans un corps. Nous nous occuperons donc , i°. de la mesure de la température ; 2°. de la mesure des capacités caloriques; 5°. de la mesure du calorique absolu.
291. Mesure de la température. ■ — Les sensations de froid ou de chaud que nous font éprouver les corps ne sont que des indications très-infidèles de leur température , car elles dépendent et de la température même de la main , et des sensations qui ont précédé. On a dû chercher des moyens plus sûrs de mesurer et de comparer les températures des corps : on les a trouvés dans certains changemens que le calorique produit constamment dans les corps qui en sont pénétrés. Ainsi, l’augmentation de volume des liquides échauffés a servi de base b l’instrument qu’on nomme thermomètre , la dilatation du platine à un genre de pyromètre , et la contraction de l’argile au pyromètre de Wegwood. Nous allons décrire successivement ces instrumens.
292. Le thermomètre consiste , en général , en un tube de verre étroit, terminé par un réservoir sphérique ou cylindrique, et contenant un liquide qui ne remplit pas complètement le tube. Lorsque le réservoir est approché d’un corps chaud , le liquide qui se dilate monte dans le tube; le contraire arrive au contact des corps froids. La quantité dont le liquide s’élève ou s’abaisse fait juger de ce que l’on nomme la température; et, pour l’apprécier avec exactitude , on place à côté du tube une échelle divisée en petites parties, que l’on nomme degrés.
Dans la confection d’un thermomètre il y a h considérer le tube , le réservoir, le liquide qu’011 emploie, la détermination des points fixes pour servir de comparaison, et la graduation ou division de l’échelle.