LOIS DES ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES
5 1 3. Deux corps dans l’état naturel ne présentent aucun phénomène particulier d’attraction ou de répulsion.
Si un corps est électrisé d’une manière quelconque, il attire un autre corps dans l’état naturel.
Si deux corps sont électrisés de la même manière , ils se repoussent.
Si deux corps sont électrisés l’un vitreusement , 1 autre résineusement , ils s’attirent.
Si deux corps qui s’attiraient viennent h se toucher, ils se repoussent immédiatement après.
Ces phénomènes sont faciles a constater en employant de petites boules de moelle de sureau suspendues h des fils de soie, et auxquelles on communique à volonté 1 une ou l’autre électricité en les louchant , soit avec un cylindre de verre, soit avec un cylindre de résine, bien secs et frottés avec un morceau de drap.
Ces phénomènes d’attraction et de répulsion se conçoivent parfaitement dans le systèmo des doux fluides , comme uoas lo dirons on parlant des influences électriques ît
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distance; leur intensité dépend de la tension électrique, comme nous le dirons encore en parlant de l’accumulation de l’électricité dans les corps.
Quelles que soient la cause et l’intensité des attractions et des répulsions, elles s’exercent suivant des lois qui ont été déterminées avec beaucoup de précision par Coulomb. Il faut d’abord remarquer que les puissances ainsi développées dans les corps électrisés sont très-considérables, et, par exemple, qu’elles l’emportent souvent de beaucoup sur la pesanteur. Coulomb a d’ailleurs constaté quelles agissaient exactement en raison inverse du carré de la distance qui sépare les corps. Il est parvenu à cette démonstration au moyen de la balance de torsion que nous avons décrite En effet, lorsqu’un disque de papier doré
est placé à l’une des extrémités du levier de cette balance, si on lui présente un petit corps électrisé d’une manière quelconque , il en sera d’abord attiré , le touchera , et s’en écartera ensuite en décrivant un arc plus ou moins considérable, et produisant dans le fil suspenseur une torsion relative. Mais si , dans cet état , on veut forcer le disque h se rapprocher du petit corps électrisé à une distance moitié moindre, il faudra faire éprouver au fil une torsion quatre fois plus considérable que celle qu’il éprouvait précédemment , ce que l’on connaîtra facilement au moyen du cadran placé à la partie supérieure de la machine. Les mêmes phénomènes ayant lieu dans un ordre inverse lorsque les deux corps s’attirent, il en résulte que les attractions et les répulsions électriques suivent la même loi que l’attraction générale.
Coulomb est encore arrivé h la même démonstration par un moyen moins direct, mais peut être plus élégant et plus susceptible d’une exactitude rigoureuse.
Si l’on suspend è un fil de cocon de ver à soie un petit
PROPREMENT dite.
levier transversal , portant h une Je ses extrémités un petit corps solide et h l’autre un petit disque de papier destiné h rendre les oscillations plus lentes par la résistance do l’air, mais de manière à ce que le tout soit en équilibre, et si l’on place un petit corps électrisé h une certaine distance de la petite boule qui termine le levier, cette petite boule en sera attirée, le levier prendra une force directrice, et on ne pourra pas le déranger de sa situation sans qu’il tende è y revenir, et produise des oscillations qui pourront être comptées avec exactitude pendant une minute, par exemple. Or nous savons que les forces qui sollicitent un pendule ont des intensités proportionnelles au carré des nombres d oscillations qu’elles déterminent dans ce pendule; en conséquence Coulomb, en plaçant le corps électrisé h différentes distances de son petit pendule et en comptant les oscillations dans ces différens cas, a pu démontrer que l’intensité de l’attraction électrique était inversement proportionnelle au carré des distances.