‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 67 sur 126 · ACTION DE LA PILE SUR LES CORPS INORGANIQUES · texte numérisé non relu

ACTION DE LA PILE SUR LES CORPS INORGANIQUES

345. La découverte du précieux instrument dont nous venons de donner une idée en a fait naître une foule d’autres dans la composition de beaucoup de corps naturels; car le courant qui s’établit entre les deux extrémités d’un appareil galvanique produit sur les corps des effets extrêmement remarquables.

Si l’on fait passer le courant galvanique à travers un conducteur suffisant , on n’observe aucun phénomène apparent : il n’y a plus aucune tension dans l’appareil; et cependant , comme nous le verrons bientôt , ce conducteur

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présente alors des phénomènes d’allraction et de répulsion d’une très-haute importance ( Voy. Elcctrodynamie ).

Si le conducteur est insuffisant, par exemple si l’on fait usage d’un fil métallique très-fin , ce fil s’échauffe , rougit et fond, comme par une forte décharge électrique; mais celle action est persistante et continue, au lieu d’être instantanée comme dans le premier cas.

Si l’on fait passer un courant galvanique d’un morceau de charbon à un autre, en les plaçant dans le vide , ces charbons deviennent incandescens , extrêmement lumineux , sans perdre pourtant aucune partie de leur poids. Mais si le courant est considérable , une partie du charbon est enlevée à l’un des pôles , où il se forme une cavité, et transportée à l’autre où il se forme une saillie qui présente des traces de fusion.

L’expérience doit être faite de la manière suivante. On dispose un globe de verre elliptique dont les deux extré' mités, ouvertes et disposées comme deux tubulures, sont garnies en cuivre et munies de boîtes h frottement, par lesquelles pénètrent deux liges de cuivre à pointe, qui peuvent ainsi s’approcher et s’éloigner h volonté ; on arme chacune de ces pointes d’un morceau de charbon récemment calciné au blanc , en ayant soin que la lige de cuivre pénètre profondément dans le charbon; du reste, ces deux morceaux doivent être taillés en pointe mousse du côté par où ils se regardent. On fait le vide , dans cet appareil, par une troisième tubulure ; on rapproche beaucoup les deux pointes de charbon , et l’on met en communication les deux tiges avec les deux pôles d’une forte pile. On ne tarde pas à apercevoir une lumière brillante qui se porte d’un charbon h l’autre ; et si , dès lors , on les écarte successivement, jusqu’à les mettre à une grande distance l’un de l’autre, le courant lumineux continue, en prenant un éclat et une

étendue qui font de celte expérience un des plus beaux spectacles que la physique puisse offrir h la curiosité.

Les phénomènes de chaleur et de lumière qui se développent dans les points où le courant de la pile est obligé de franchir un léger intervalle, ménagé entre deux conducteurs, sont extrêmement remarquables et fort différons de ce que présente l’électricité ordinaire. On voit se succéder avec rapidité une multitude d’étincelles , mais elles sont très-courtes; car ce que nous avons appelé la distance explosive est toujours extrêmement petite , ce qui est une suite naturelle de la faible tension des fluides : mais ces étincelles sont d’un éclat qui ne peut se comparer h aucune autre lumière artificielle. Ce qu’il y a de très-remarquable, c’est que cette vive lumière prend des couleurs diverses, suivant la nature des métaux qui se trouvent en rapport; ainsi des conducteurs en cuivre donnent une belle lumière verte. En effet , dans ces expériences , le métal , quel qu il soit , fond et brûle toujours au point du passage de l’étincelle , de telle sorte qu’il est difficile de déterminer si la lumière produite appartient au fluide électrique ou ù la combustion même du métal. Si l’on produit ainsi des étincelles è la surface du mercure , il bout et se volatilise avec une grande violence. Un fait non moins remarquable, c’est que, en employant , pour tirer ces étincelles , un conducteur de platine suffisant, son extrémité n en est pas moins fondue en un globule incandescent; de sorte qu’il est démontré que la chaleur produite dans le point de contact de l’étincelle est infiniment supérieure u celle

qui se développe dans les autres tranches de la continuité du conducteur.

Les effets de fusion peuvent présenter , avec des piles assez médiocres , une intensité qu’on a peine h se figurer. Avec une pile a la Wollaston de vingt-un couples seule-

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