DE 1. ACTION DU CALORIQUE
s’en faut <le beaucoup que celle règle soit générale ; puisque l’acide nitrique se dilate plus que l’éther , et l’huile fixe à-peu-près autant que l’eau.
Dans tous les corps liquides dont nous avons parlé jusqu’ici , un accroissement de température produit toujours une dilatation , et réciproquement; mais l’eau présente , à cet égard , une anomalie fort remarquable, lorsqu’elle approche du terme où elle peut se convertir en glace , et qui correspond à o° du thermomètre centigrade. En effet , si l’on pose un vase rempli d’eau à ro° dans une chambre dont la température soit au-dessous de o% et si l’on place des thermomètres très -sensibles au fond et à la surface de cette eau , on verra d’abord la partie inférieure du liquide devenir plus froide que sa partie supérieure, attendu que les molécules refroidies deviendront plus lourdes et gagneront le fond du vaisseau; mais lorsqu’on approchera du terme de o°, l’inverse arrivera, c’est-à-dire que la surface du liquide sera plus froide que le fond; ce qui suppose que les molécules plus froides deviendront plus légères.
Les académiciens de Florence avaient remarqué , il y a long-temps , que si l’on plonge un thermomètre fait avec de l’eau dans un mélange réfrigérant , le liquide descend dans le thermomètre jusqu’à un certain point et remonte ensuite d’une quantité notable avant de se congeler. Ces expériences ayant été répétées, soit en Angleterre , soit en France, un grand nombre de fois, on a trouvé que lo maximum de la densité de l’eau était à 4°44 au-dessus de o°; qu’elle diminuait do densité en se refroidissant davantage , comme en s’échauffant; en sorte que sa densité était à-peu près la même à o° et à 10° au dessus. On attribue ce phénomène à ce que l’eau liquide qui approche du terme de congélation, tend déjà à prendre un arrangement moléculaire qui lui fasse occuper plus de volume, comme il arrive lorsqu'elle se congèle effectivement.
srn les corps, sans changement d’état. 53 L’eau étant pour nous un liquide de la première importance , nous croyons devoir donner ici une table des changernens de volume de ce liquide, depuis — i°,ii jusqu’à xoo°, dressée par le docteur Young, d’après les expériences de Gilpin et Kirwan.