‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 106 sur 139 · APPLICATIONS PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS PHILOSOPHIQUES

Le plus grand service que la physique puisse rendre à la science de l’homme , est sans contredit de lui transmettre ses méthodes rigoureuses, et la manière de raisonner qui l’a rapidement conduite h un très haut degré de perfection.

L’opinion que nous émettons ici est si directement contraire à celle des vitalistes, qui compte encore beaucoup de partisans, et qui veut séparer complètement la science de la vie des autres sciences naturelles , que nous ne croyons pas inutile d’appuyer notre proposition de quelques raisons principales.

Entre deux sciences comme la physique et la physiologie, il est facile de reconnaître celle qui a fait le plus de progrès ,* ce sera évidemment celle qui sera parvenue a expliquer le plus grand nombre de faits par le plus petit nombre de suppositions , et sous ce point de vise l’avantage est tout entier du côté de la physique.

Ce fait une fois constaté, il faudra conclure que la manière de philosopher clés physiciens a été supérieure jusqu’ici à celle des physiologistes, et qu’il y aura a l’avenir un grand avantage à substituer l’une à l’autre.

Pour éclaircir ces idées abstraites, nous emploierons quelques exemples.

Les physiologistes vitalistes , en voyant les animaux conserver une température a peu près fixe sous 1 empire de températures extérieures très variées, ont supposé une force, une propriété, une action vitale (on es! embarrassé pour le choix du mot) , en vertu de laquelle les animaux résistaien! également à des acquisitions et è des pertes de calorique. Comme si Newton, observant à la fois dans la nature des attractions et des répulsions , avait imaginé de les attribuer à une seule et même puissance. On voit que les vitalistes , en suivant le principe de la supposition des causes agissantes, n’ont été ni heureux ni rigôurëux dans l’application de ce principe.

Les parlions modernes de l’organisme se sont écartés bien davantage encore des principes actuellement consacrés de la philosophie naturelle : ils veulent trouver dans

DISSERTATION

l’arrangement matériel , et dans l’organisation même , la raison suffisante et là cause des actions ; comme si un physicien , observant la force directrice dans une aiguille d’acier aimantée, .attribuait les phénomènes produits à un arrangement nouveau dans les particules de l’acier, au lieu de supposer une influence active , de nature inconnue, il est vrai, mais dont la loi se découvre, se calcule, et satisfait à tous les résultats.

La physiologie renouvelle en ceci les propriétés occultes des anciens , système proscrit par Newton, et qu’aucun esprit exact ne songerait à faire renaître.

Le physicien observe des faits ; quand ils sont réunis en certain nombre , il suppose l’existence d’un agent actif qui doit les produire ; il recherche les conditions dans lesquelles cette puissance se développe , et les lois suivant lesquelles elle doit agir pour satisfaire à l’explication du plus grand nombre ou de la totatité des faits observés.

Le physiologiste ne nous paraît pas devoir suivre une autre marche.

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