SULFURIQUE
Contractions
Il ne parait pas impossible de trouver des formules env piriques qui expriment la loi de dilatation des liquides. M. Biot a trouvé , par exemple , que la formule èt = at + ht 1 -{- et, dans laquelle t désigne la température en degrés du thermomètre centigrade , a , b , c , des coefïiciens constans qui dépendent de la nature du liquide, et èt, la dilatation vraie pour l’unité de volume , pouvait servir à calculer la dilatation d’un liquide quelconque à un degré donné de température.
SANS CHANGEMENT d’ÉTAT.
271. Changement de volume des solides. — Les changemens de volume des solides , à différentes températures, sont beaucoup moins considérables que ceux qu’éprouvent les liquides , puisque le moins dilatable des liquides, c’està-dire le mercure, augmente de pour ioo° de chaleur, tandis qu’un des solides les plus dilatables , c’est-à-dire le plomb , n’augmente que de par la même variation de température. Les solides n’offrent pas de rapports mieux déterminés que les liquides entre leur faculté de changer de volume et leurs autres propriétés , comme leur fusibilité par exemple; car le platine et le verre éprouvent à peu près les mêmes changemens de volume, et le plomb se dilate seulement deux fois plus que le fer , quoiqu’il soit infiniment plus fusible.
La dilatation des solides est à peu près régulière dans des limites bornées de l’échelle thermométrique; mais, de même que les liquides se dilatent davantage en approchant de leur terme d’ébullition, les solides se dilatent davantage en approchant de leur terme de fusion. Ainsi le verre se dilate de 7^7 de o° à ioo°, de 7—$ de ioo° à 200°, et de — de 200° à 3oo°.
On peut faire usage de différentes méthodes pour déterminer avec exactitude la dilatation des corps solides ; et , dans tous Jes cas , il est nécessaire d’employer des instrumens qui permettent d’apprécier les plus petites différences, puisque les dilatations sont par elles - mêmes déjà très petites. On peut , à la méthode de Borda , comparer avec exactitude la longueur d’une règle métallique à différentes températures, à l’aide d’un nonius qu’on observe à la loupe. Connaissant la dilatation du mercure pour ioo°, on peut, à la méthode de M. Dulong , mesurer celle du verre , en remplissant complètement de ce liquide une boule terminée par un tube étroit, pesant le tout avec beaucoup
38 de l’action du calorique sur les corps,
d’exactitude, et plongeant ensuite la boule dans l’eau à ioo°. Il est évident que le mercure se dilatera et qu’une portion s’échappera du vase. En pesant donc de nouveau, ce qui manquera en mercure exprimera la dilatation du métal moins celle du verre; et si l’on connaît la dilatation du mercure, on en conclura la dilatation réelle de la boule de verre de o° à ioo°. On voit que, des deux méthodes que nous venons de décrire, l’une indique l’expansion linéaire ou dans un seul sens, et qu’il faudra la multiplier par 3 pour obtenir l’expansion cubique; tandis que la seconde donne directement l’expansion cubique , et qu’il faudra la diviser par 3 pour obtenir l’expansion linéaire. MM. Petit et Dulong ont appliqué la connaissance acquise de la dilatation du mercure et de celle du verre à la recherche de la dilatation des métaux solides ; ils ont introduit dans un tube de verre fermé par un bout un barreau métallique de dimensions bien connues ; ils ont ensuite soudé à l’extrémité ouverte de ce tube large un tube étroit , divisé en degrés représentant des poids connus de mercure; ils ont ensuite rempli tout l’appareil de ce même liquide et l’ont exposé à des températures connues : le mercure montait dans le tube gradué dans les élévations de température , et descendait par les refroidissemens. L’effet total , ainsi produit, se composait de la dilatation du mercure , plus lajdilatation du barreau métallique, moins la dilatation du verre : il était donc facile , en retranchant la dilatation du mercure et ajoutant celle du verre , d’obtenir celle du barreau métallique , dont le volume était du reste déterminé, non pas par une mesure , toujours plus on moins infidèle, mais en divisant son poids absolu par son poids spécifique.
Un grand nombre de physiciens s’étant occupés de recherches de ce genre , nous donnerons ici une table extraite du Dictionnaire de Chimie du docteur Ure , qui contient
SANS CHANGEMENT idÉTAT
§CJ
la plupart des observations réduites à ta dilatation linéaire, et exprimées en fractions décimales et en fractions ordinaires.