‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 39 sur 139 · CORPS CONDUCTEURS ET NON CONDUCTEURS · texte numérisé non relu

CORPS CONDUCTEURS ET NON CONDUCTEURS

* 5i8. Tous les corps de la nature paraissent susceptibles de contracter les états électriques dont nous avons parlé; mais ils diffèrent essentiellement sous le rapport de la faculté de conserver cet état. Si l’on tient à la main un tube de verre et qu’on le frotte avec un morceau de drap , il deviendra électrique, et conservera long-temps cette propriété s’il est plongé dans un air sec. Si l’on tient et que l’on frotte de la même manière une tige de métal , il ne s’y développera aucune électricité apparente , parce que celuHîes deux fluides qui aura été isolé quittera immédiatement le corps frotté , et ira se perdre dans le réservoir commun. La preuve que cela est ainsi , c’est qu’il suffit de fixer la tige métallique au moyen d’un manche de verre , pour qu’elle s’électrise et conserve son électricité lorsqu’on la frappe ou qu’on la frotte.

D’après çes observations, et beaucoup d’autres que

PROPREMENT DITE

nous aurons lieu de développer, on a divisé les corps naturels en conducteurs et non conducteurs. On a encore nommé les corps non conducteurs idio-électriques , parce qu’ils semblent pouvoir s’électriser d’eux-mêmes, tandis que les corps conducteurs ont été nommés anèlectrlcjues . Haüy se contente de distinguer les corps en conducteurs et isolans.

Les métaux sont tous de très bons conducteurs de l’électricité; après eux viennent les liquides, en exceptant ceux qui sont combustibles.

La faculté d’isoler, ou la non-conductibilité , ne paraît exister dans aucun corps d’une manière absolue. Le spath d’Islande et la topaze blanche occupent le premier rang sous ce rapport. Viennent ensuite la gomme laque et la cire à cacheter; en troisième rang le quartz et le verre; et enfin toutes les matières résineuses , et presque tous les corps combustibles.

La promptitude avec laquelle les métaux conduisent l’électricité est telle, qu’on n’observe jamais un intervalle sensible entre le moment où l’on électrise une des extrémités d’un fil métallique et le moment où son autre extrémité donne des signes d’électricité, quelque long que soit d’ailleurs le trajet; et l’expérience a été répétée sur des fils d’une lieue.

Nous ferons remarquer ici que la propriété conductrice ne dépend pas seulement de la nature du corps , mais aussi d’un certain rapport entre son volume et la quantité d’électricité qui le traverse; en sorte qu’un fil métallique très fin peut devenir un conducteur insuffisant pour une grande quantité de fluide électrique. Il résulterait de quelques expériences de Wheatstone, faites avec un miroir tournant rapidement, que l’électricité aurait une vitesse de n5,ooo lieues per seconde, tandis que la lumière n’en parcourt que 70,000 c.

DE L’ÉLECTRICITÉ

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