‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 49 sur 139 · MACHINES ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

MACHINES ÉLECTRIQUES

555. On a imaginé successivement différons appareils propres à développer, par le frottement,, une grande quantité d’électricité , et à l’accumuler dans des conducteurs isolés. On a ajouté depuis quelque, temps des perleclionnemens essentiels à leur construction.

La machine la plus usitée consiste en un plateau de glace circulaire dont le diamètre est quelquefois porté jusqu’à six pieds, et qui est monté sur uu axe en cuivre, à l aide duquel on peut le faire tourner ou moyen d’une manivelle. Ce plateau est monté dans un châssis qui porte quatre coussins en cuir rembourrés de crin , qui, à l’aide de vis , pressent plus ou moins les deux faces du plateau , et qui correspondent à son diamètre vertical. Ces coussins peuvent être frottés d’un amalgame de zinc et de mercure réduit en poudre et incorporé dans de l’axonge; on peut aussi les enduire d ’ormussif. Au devant et sur les côtés de ce plateau sont disposés deux conducteurs en cuivre terminés par des sphères et montés sur des colonnes de verre enduit d'un vernis do gomme laque. Ces deux conducteurs communiquent entre eux par une traverse qui réunit leurs extrémités les plus éloignées du plateau. Les mêmes conducteurs portent, du côté de la glace, un cylindre plié sur lui-même , qui embrasse le bord de celte glace sans la toucher, et qui correspond à la lois à ses deux surfaces

PROPREMENT DITE

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dans une étendue h peu près égale à celle des coussins. L’intérieur de celte espèce de fer h cheval est garni de pointes très aiguës * destinées à soutirer l’électricité du plateau. Enfin, depuis chaque paire de coussins jusque près du conducteur correspondant, la glace est couverte d’une enveloppe de taffetas gommé qui s’oppose à la déperdition de l’électricité par l’air atmosphérique. Du reste , les coussins qui frottent la glace doivent communiquer librement avec le réservoir commun.

Lorsqu’on tourne dans le sens convenable, c’est à dire de gauche à droite , le plateau d’une semblable machine électrique, la glace, 'en passant dans les coussins , se charge d’électricité vitrée , qui est conservée par le taffetas gommé , et ensuite soutirée par les pointes , pour se porter dans les conducteurs , en sorte que la glace en est dépouillée avant de passer de nouveau entre les coussins opposés, où le même effet se renouvelle. Les conducteurs se chargent au point de fournir des étincelles qui peuvent avoir plusieurs pouces de longueur ; et si l’on désire augmenter la masse du fluide électrique, on peut suspendre par des fils de soie, au plafond de l’appartement, d’autres conducteurs plus étendus , que l’on fait communiquer avec ceux de la machine.

On conçoit qu’un semblable appareil ne peut jamais fournir que de l’électricité vitrée, tandis que, si les coussins étaient en communication avec les conducteurs isolés, et les pointes avec le réservoir commun , les conducteurs se ch a rge r a i e n t d’ é le c t r i ci t é * r és ine u s e .

La machine de Ncirne offre un exemple très frappant de la séparation des deux fluides électriques par le frottement. Elle consiste en une espèce de manchon ou de cylindre de verre qui tourne sur un axe , et qui sc trouve placé entre deux conducteurs parallèles et isolés, dont l’un porto un

DE L’ÉLECTRICITÉ

frottoir et l’autre des pointes. Dans le mouvement de rotation , les deux conducteurs s’électrisent en sens opposés ; et , si l’on rapproche suffisamment leurs extrémités , il en part continuellement des étincelles qui réunissent les fluides que le frottement avait séparés.

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