DE LA LUMIERE EN GÉNÉRAL
de deux petits carrés de carton, l’une produite par la bougie , et l’autre par le quinquet. On trouvera alors que l’ombre du quinquet est beaucoup plus forte que celle de la bougie ; mais, en rapprochant celle-ci ou en éloignant le quinquet, on parviendra à rendre les ombres égales. Et si l’on mesure alors les distances de l’un et l’autre corps lumineux au plan de projection , et qu’on élève ces distances au carré , le rapport de ces carrés donnera celui de l’intensité des lumières.
L’ombre produite par un corps lumineux d’un certain volume ne peut jamais être parfaitement découpée dans son contour, ou d’une intensité uniforme ; car si nous considérons ( fîg. îôg) les deux points diamétralement opposés L, L', du corps lumineux , nous verrons que le point L formera un cône LOP', qui formerar une ombre faible OP',* que le point L' formera de son côté un autre cône L'O'P, qui produira aussi une ombre faible; mais que ces deux ombres se réuniront dans l’espace 00' : et si l’on considérait ainsi successivement tous les points de la surface du corps éclairant, il en résulterait un cercle très noir, dont 00' serait le diamètre, et un autre cercle d’autant moins noir qu’on s’approcherait de sa circonférence, et dont PP’ serait le diamètre. Cet anneau , faiblement ombré, qui enveloppe toujours l’ombre principale, porte le nom de pénombre. On conçoit qu’il n’existerait pas si le corps était éclairé par un seul point lumineux.
On observe encore , dans l’ombre du corps, quelques circonstances remarquables. Si , par exemple, une boule noire est exposée aux rayons du soleil , et qu’elle projette son ombre sur un plan, on verra que le centre de l’ombre véritable est moins noir que sa circonférence, et qu’au delà de la pénombre il existe un cercle plus éclairé que le reste du plan. Si, du reste , on regarde la boule noire
DE LA LUMIÈRE RÉFLÉCHIE, OU CATOPTRIQUE. l\\?)
de manière à ce qu’elle couvre entièrement le disque du soleil, elle semblera environnée d’une auréole lumineuse.
Les partisans du système de l’émission expliquent ces effets en disant que les rayons lumineux qui passent le plus près possible de la circonférence du corps opaque en sont attirés, déviés dans leur marche et portés vers le centre de l’ombre, ce qui en diminue l’intensité,* que d’autres rayons moins voisins ne reçoivent aucune influence , ce qui produit le contour de l’ombre vraie; et qu’enfin des rayons un peu plus éloignés éprouvent une répulsion qui les porte en dehors de la pénombre, où, s’unissant avec les rayons directs , ils forment la lumière plus vive qui se produit dans cet endroit, c’est à dire l’auréole qu’on aperçoit directement. Il faut convenir que cette explication n’est pas entièrement satisfaisante, attendu que la nature du corps opaque n’influe en rien sur le phénomène; ce qui devrait arriver, s’il était dû à l’attraction. Le système des ondulations rend compte de ces circonstances d’une manière beaucoup plus complète.