‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 90 sur 139 · DE L’OEIL · texte numérisé non relu

DE L’OEIL

différentes serait beaucoup plus facile h concevoir qu’on ne l’a pensé jusqu’ici.

En considérant la courbure particulière du cristallin , et surtout Faccroissement de sa force réfringente, depuis sa circonférence jusqu’au centre , on peut concevoir avec une égale facilité la correction de l’aberration de sphéricité.

Il reste à examiner si les images formées au fond de l’œil sont privées de couleurs accidentelles, ou si Fœiî est achromatique. Nous devons faire remarquer ici que nous possédons en partie les élémens de la solution de ce problème , mais qu’il nous en manque un de la plus grande importance. En effet, l’achromatisme résulte i° de la nature des courbures combinées ; 20 de l’indice de réfraction des substances superposées; 5° de la puissance dispersive de chacune de ces substances pour les différentes parties du spectre.

Nous connaissons à peu près les courbures des différens milieux de l’œil; nous connaissons avec assez d’exactitude les indices de réfraction des différens milieux transparens de l’œil; mais il n’a encore été fait aucune recherche sur le pouvoir dispersif de ces différens milieux , et par conséquent ce dernier élément nous manque pour déterminer si l’œil tel que la nature l’a construit est vraiment et nécessairement achromatique.

Il est très probable que l’œil jouit de la propriété particulière que nous venons d'indiquer; d’abord, parce que les images observées directement à la partie postérieure d’un œil de bœuf paraissent très nettes et point irisées; en second lieu, parce qu’on ne concevrait pas l’utilité de cette complication de courbures et de milieux divers qui se succèdent dans l’œil avec tant de régularité et de constance, si elle n’avait pas pour objet la correction des aberrations de sphéricité et de rélrangibiîité.

ET TE LA. VISION

Nous observerons néanmoins que ia correction de ces aberrations n’est pas aussi indispensable qu’on pourrait le croire. En effet, le cristallin peut être extrait dans l’opération de la cataracte, et le sujet qui a subi l’opération peut voir distinctement en faisant usage de verres convexes; tous ceux qui font usage de verres convexes et concaves , pour corriger la myopie ou la presbytie , voient distinctement les objets sans incertitude et sans coloration dans l’image , quoique ces verres ne soient pas eux-mêmes achromatiques , et produisent nécessairement les deux sortes d’aberration.

1! paraît donc certain que la rétine, affectée par des impressions fortes et précises, peut fort bien ne pas percevoir les impressions plus vagues et plus légères que produiraient autour d’une image les nuances légères de l’irisation ou les pénombres résultant de l’aberration de sphéricité.

Pour concevoir ce phénomène physiologique , il suffira de rappeler quelques faits connus de tous les observateurs.

On distingue à peine un corps placé sur le même plan que la lumière vive d’un quinquet.

Après avoir regardé quelque temps une tache blanche sur un fond noir, si l’on regarde un fond blanc uni , on y voit une tache noire de la même grandeur que la tache blanche précédente.

11 arrive a chaque instant qu’en regardant en apparence simultanément en grand nombre d’objets divers, on n’en voit effectivement qu’un seul d’une manière distincte. Cette circonstance tient à un phénomène de vision étranger h la physique , et qui consiste dans l’action de regarder, c’est à dire d’appliquer volontairement notre attention à saisir l’image d’un objet déterminé.

En général , on se fait une idée très fausse de la vision;

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