‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 172 sur 188 · Nous .avons · texte numérisé non relu

Nous .avons

déjà dit que les deux bouts des fils qui possèdent au même instant la même espèce d'électricité, soit positive, soit négative, aboutissent à l'axe métallique k

(Fig. 392), tandis que les deux autres bouts , qui restent aussi toujours de même signe l'un par rapport à l'autre, se fixent à la virole de laiton q (Fig. 391 et 392). Par conséquent, l'axe k et la virole q représentent des pôles voltaïques constamment de nom contraire , mais qui prennent la place l'un de l'autre à chaque demi -révolution des bobines. En avant de la virole q, sur le cylindre d'ivoire J qui enveloppe l'axe k, sont fixées deux demi-viroles o,.o', aussi de laiton et complètement isolées l'une de l'autre ; la seconde o' communique avec l'axe k par une vis r (Fig. 392), tandis qu'une languette métallique x relie la demi-virole o à la pièce q. Ces demi-viroles sont donc elles-mêmes alternativement positives et négatives. Au-dessous du commutateur et reposant sur le socle en bois qui supporte toutes les pièces de

Fig. 391. — Commutateur de l'appareil de Clarke, vue en perspective.

Fig. 392. — Commutateur de l'appareil de Clarke (coupe faite suivant l'axe de rotation).

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l'appareil , se trouvent deux plaques de laiton m, v , séparées l'une de l'autre par un bloc isolant de bois M ; deux ressorts métalliques b eL c font communiquer chacune de ces plaques avec une des demi-viroles. Par suite du mouvement de rotation qui est transmis au commutateur, chaque ressort se trouve successivement en contact avec les deux pièces o, o' ; ces dernières sont d'ailleurs disposées de telle, sorte qu'à l'instant même où leur électricité change de signe, elles abandonnent l'un des ressorts pour se mettre en rapport avec l'autre ; de cette manière c'est toujours le même pôle voltaïque qui communique avec le même ressort. Il en résulte que la plaque m reste, par exemple, constamment positive , et la plaque n constamment négative. Pour fermer le circuit et permettre ainsi l'établissement du courant, il suffit de réunir les deux plaques par un fd conjonctifp (Fig. 391) ou par tout autre système de conducteurs. On obtient ainsi un courant continu, dont la direction reste constante, mais dont l'intensité présente des variations périodiques.

Quand on veut se servir de l'appareil de Clarke pour produire des commotions énergiques , le dispositif précédent n'est pas suffisant ; il faut y adjoindre un ensemble de pièces qui constituent le disjoncteur, et qui ont pour effet de déterminer des interruptions du courant des bobines et d'engendrer ainsi un extra-courant. P/ans ce but, sur le cylindre d'ivoire J (Fig. 391), en avant du commutateur, sont fixés deux appendices métalliques, dont un seul i est visible sur la figure. Ces pièces auxiliaires sont isolées l'une de l'autre et situées aux extrémités d'un même diamètre ; mais chacune d'elles communique avec la demi-virole opposée. Enfin , un troisième ressort a (Fig. 386) vient s'appuyer sur la circonférence du cylindre d'ivoire où sont fixés les appendices en question. Toutes les fois que le ressort a touche un des appendices, il est en communication avec la demi-virole que presse le ressort opposé b ; en conséquence le circuit se trouve fermé par l'intermédiaire de la plaque n , et le courant circule dans l'intérieur de l'appareil. Mais sitôt que le ressort a cesse d'être en contact avec l'un ou l'autre des appendices , le circuit est ouvert , et le courant, accompagné d'un extra-courant de rupture qui prend naissance, se précipite dans le circuit dérivé constitué par les rhéophores munis d'excitateurs P P, et par le corps du sujet en expérience auquel aboutissent ces excitateurs. L'extra-courant ainsi obtenu produit des effets bien plus énergiques que le courant induit lui-même ; il est déjà très-sensible dans les appareils où les courants induits ne possèdent pas d'intensité appréciable. C'est pour cela que dans les machines magnéto-faradiques on a recours de préférence à l'extracourant pour produire des effets physiologiques.

Quand la résistance du circuit extérieur a une grande valeur, et tel est précisément le cas qui se présente dans les expériences physiologiques et thérapeutiques, il faut associer les deux bobines en série, afin d'augmenter la résistance intérieure. Pour obtenir ce résultat, on joint ensemble le bout terminal du fil de l'une des bobines avec le bout initial de l'autre, si l'enroulement est en sens contraire, ou les deux bouts terminaux , hï le fil s'enroule dans le même sens sur les deux bobines ; de cette manière les bouts qui se font suite passent au même instant par des états électriques de signe contraire, en sorte que les deux fils forment un seul circuit, dont la longueur est égale à la somme des circuits de chaque bobine ; ce ch-cuit total est parcouru par deux courants qui cliangenl de sens h chaque demi-révolution, mais qui restent toujours de même sens l'un

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par rapport a l'autre. Quant aux autres bouts des fils, l'un d'eux va se fixer h l'axe k du commutateur et, l'autre h la, virole </■

Eu associant les bobines on batterie ou en quantité, comme nous l'avons supposé dans la description de la machine de Clarke, on a un circuit moitié moins long et de section double ; la résistance est alors bien inoindre, et ce dernier dispositif convient toutes les l'ois quo la résistance extérieure est aussi très-l'aible ; le cas se présente dans la production des effets lumineux et calorifiques.

[ Pour les effets physiologiques et chimiques , le fil des bobines est fin et long (500 à G00 mètres sur chaque bobine). Pour les effets physiques, au contraire, un fil gros et court (25 à 30 mètres) est préférable.]

Il est souvent difficile de juger de la direction du courant d'après lé sens de l'enroulement des fils sur les bobines. Un moyen pratique pour reconnaître cette direction consiste h faire plonger les deux électrodes dans de l'empois d'amidon ioduré ; le pôle positif se décèle alors par la coloration bleue qui se développe dans son voisinage immédiat, et qui est duc h l'action de l'iode mis en liberté sur l'amidon. Le même moyen de diagnostic est applicable aux appareils d'induction volta-faradiques.

[3511'. Appareil magnéto-faradique de Breton frères. — Ua des premiers appareils magnéto-faradiques facilement transportâmes qui aient été mis au service de la pratique médicale est celui de Breton, dans lequel les courants d'induction sont engendrés par la méthode de Page, c'est-à-dire par les variations que subit l'état magnétique d'un aimant placé en regard d'un barreau de fer doux eu mouvement (cf. § 351).

La Fig. 393 représente l'appareil de Breton. En regard des extrémités polaires d'un puissant aimant en fer à cheval A , se trouve une plaque rectangulaire de fer doux P, montée perpendiculairement sur un axe horizontal ; un mouvement de rotation trèsrapide est communiqué à cette plaque par nue roue dentée E, que l'on fait tourner à la main à l'aide de la manivelle MD , et qui commande le pignon F par l'intermédiaire d'une chaîne sans fin. Les branches de l'aimant sont engagées dans l'intérieur des bobines d'induction B, B', -sur chacune desquelles s'enroulent

Fig. 393. — Appareil magnéto-faradique de Bretou frères. — A. Aimant fixe en fer à cheval. — B, B'. Bobines d'induction traversées par les branches de l'aimant et recouvertes chacune de deux fils enroulés en hélice, l'un fin et long, l'autre gros et court. — ■ C. Roue dont le contour est alternativement en bois et en métal, et qu'on introduit dans le circuit, quand on ne veut recueillir que des courants de même sens. — D. Axe de la roue dentée E qui commande le pignon F. — G, G'. Bornes où se fixent les rhéophores. — H. Axe qui porte la plaque de fer doux et qui transmet le mouvement de rotation au rhéotome C. — M. Manivelle qui sert à mettre en mouvement la roue dentée. — P. Plaque de fer doux tournant devant le pôle de l'aimant. — T. Bouton qui supporte une tige en fer doux. - V. Vis de rappel pour régler la distance de la plaque P à l'aimant. — Les autres pièces sont des conducteurs rigides on flexibles destinés à établir les communications nécessaires entre les parties précédentes.

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deux lils, l'un gros et assez court, l'autre lin et beaucoup pins long, superposé au premier. On a ainsi deux circuits clans lesquels l'aimant développe des courants induits dont les effets ne sont pas tout à fait les mêmes, ce qui tient à la différence de résistance des lils : les courants du fil gros el court ne donnent que de faibles commotions, tandis que ceux du lil long en déterminenl d'énergiques. On peut à volonté recueillir les cornants de l'un ou l'autre tirmil , suivant la manière dont on établit les communications entre les diverses parties de l'appareil. En G et G' sont des bornes auxquelles se fixent les rhéopbores.

Quand on ne veut employer que les courants d'un même sens, on introduit dans le circuit le rbéotome G, qui consiste en une roue dont le contour est alternativement en bois et en métal ; cette roue reçoit son mouvement de rotation de la manivelle M qui fait tourner l'armature de fer doux, et le mouvement est combiné de telle sorte que les courants d'un certain sens passent par les parties métalliques , tandis que les courants de sens opposé sont interceptés par le bois.

Pour graduer l'intensité des courants induits développés, on manœuvre la vis de rappel V, qui permet d'approeber ou d'éloigner plus ou moins l'aimant A de l'armature de fer doux P ; les distances sont données par un index gf, qui se meut le long d'une écbelle divisée. En outre, une tige en fer doux, suspendue au bouton T, peut être appliquée latéralement contre les pôles de l'aimant ; dans cette position elle prend un état magnétique opposé à celui de l'aimant et amoindrit ainsi l'action inductrice de ce dernier sur le fil des bobines.]

[351e. Appareil magnéto-faradique de Duciienne. — Indépendamment des deux appareils volta-faradiques dont nous avons donné la description §§ 3501 et 350e, M. Duciienne (de Boulogne) a imaginé un grand appareil magnétofaradique d'une construction assez compliquée , mais remarquable par les moyens qu'il met à la disposition de l'opérateur pour varier et graduer l'énergie des effets produits.

L'appareil de Duchenne repose sur le même principe que ceux de Dujardin et de Breton: la rotation d'une armature de fer doux en regard des pôles d'un aimant permanent. Dans l'appareil de Ducbénne (Fig. 394), l'aimant est formé de deux branches cylindriques, parallèles, disposées horizontalement et réunies à leurs extrémités postérieures par une plaque transversale de fer doux. Deux bobines E, E entourent les branches de l'aimant; chaque bobine est recouverte de deux hélices superposées , l'une formée d'un fil de cuivre de '/a millimètre d'épaisseur et de 24 mètres de longueur, l'autre d'un fil de l'/a de millimètre de diamètre et de 600 mètres de long:. L'armature en fer doux est mise en mouvement par un mécanisme composé d'une grande roue A , divisée en 64 dents et reliée par une chaîne sans lin à une petite roue à pivot armée de 8 dents ; on fait tourner la grande roue à l'aide de la manivelle M. Les rhéophores se fixent aux bornes P et P', entre lesquelles se trouve un commutateur lT, qui permet de recueillir à volonté le courant du gros lil ou celui du (il lin, suivant le sens dans lequel on tourne le boulon T ; ce commutateur est construit comme celui de l'appareil volta-faradique du même auteur.

Un rhéotome placé dans le circuit du gros fil de chaque bobine détermine des interruptions du courant, au nombre de 2 ou 4 par révolution. Ce rhéotome consiste en un cylindre de bois 15 monté sur l'arbre qui porte l'armature

Fig. 394. — Appareil rnagnéto-favadique de Duchenne.

de fer doux et tournant en même temps. que celle-ci ; une virole métallique munie de quatre dents également espacées, dont deux plus courtes que les autres , enveloppe le cylindre de bois. Un ressort S , auquel aboutit l'une des extrémités du gros fil , s'appuie sur la partie pleine de la virole ; un second ressort S', en communication avec l'autre bout du même fil, presse contre la partie du cylindre en bois , sur laquelle sont les prolongements métalliques de la virole ; on peut , à volonté , disposer ce ressort de manière que pendant la durée d'une révolution de l'armature il rencontre les quatre dents ou seulement deux. Toutes les fois que le ressort S' touche une dent , le circuit du gros fil se trouve fermé et le courant développé sous l'influence de la variation de l'état magnétique de l'aimant circule dans l'intérieur de l'hélice; au contraire, lorsque le ressort abandonne une dent pour se mettre en contact avec le bois du rhéotome , le circuit primitif est interrompu et le courant ne peut plus passer par le même chemin que précédemment. Mais si une autre voie s'offre à lui, il s'y engage sous forme d extra-courant de rupture. La disposition qui permet de recueillir cet extra-courant est la suivante : une plaque horizontale de laiton G, qui porte l'armature en fer doux , le rhéotome et tout le mécanisme moteur, se trouve en communication métallique, d'une part, avec l'extrémité du gros fil qui aboutit au ressort S , d'autre part , avec le commutateur U, par l'intermédiaire de ce que M. Duchenne appelle le régulateur des intermittences. Cette partie de l'appareil consiste dans un axe métallique qu'on peut faire tourner à l'aide du bouton D ; cet axe porte deux ressorts : l'un , supérieur et long , I , dont nous indiquerons plus loin Pusâgej l'autre ressort, plus court, se dirige vers la plaque G, contre laquelle il presse,

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us;,

quand la position du bouton D est convenable. Un fil métallique part du régulateur des intermittences pour se pendre au commutateur U, et de là à l'une

des bornes P ou P' ; de son côté, le ressort S' est relié au <•< uitateur par

un fil métallique. On a ainsi un circuit dérivé extérieur, dans lequel le coulant du gros fil se précipite quand il ne peut plus passer directement par le rbéotome.

Le régulateur des intermittences étant placé comme nous venons de le supposer, on recueille autant d'extra-courants que le rhéptome produit d'interruptions, c'est-à-dire deux ou quatre par révolution de l'armature de 1er doux , seize ou trente-deux par chaque tour de la grande roue. Si on veut avoir des intermittences plus espacées, il suffit de faire tourner le bouton D, de gauche à droite, de manière que le ressort inférieur quitte la plaque G, tandis que le ressort supérieur I rencontre successivement , soit deux , soit quatre goupilles a, a, fixées sur la roue A , à intervalles égaux. Dans ces nouvelles conditions, l'extra-courant de rupture n'est pas recueilli à chaque interruption produite par la rotation du rhéotome ; il ne passe dans le circuit extérieur, dont fait partie le corps, que lorsque ce circuit est fermé par le contact du ressort I avec l'une des goupilles de la grande roue.

Quant au fil long et fin, il est complètement indépendant du gros fil et sans communication avec le rhéotome ; il correspond au fil induit des appareils volta-faradiques. Les courants qui y prennent naissance ont une origine en quelque sorte mixte, savoir, l'influence des variations magnétiques de l'aimant et l'action inductrice du courant qui s'établit et s'interrompt alternativement dans le gros fil. L'une des extrémités du fil fin aboutit au commutateur des hélices U , et par suite à la borne P ; l'autre se termine à la plaque G et se trouve ainsi en communication avec la borne P', par l'intermédiaire du régulateur des intermittences.

M. Duchenne a recours à deux moyens pour graduer l'intensité des courants fournis par son appareil. 'Un premier moyen consiste à faire varier la distance qui sépare l'armature de fer doux de l'aimant ; à cet effet, une vis de rappel N , que l'auteur nomme régulateur de l'armature, permet d'approcher ou d'éloigner la plaque G qui porte l'armature et son mécanisme moteur. La seconde méthode de graduation repose sur l'emploi de deux manchons en cuivre H, H, qu'on fait glisser à l'aide de la tige R, de manière à recouvrir les bobines sur une étendue plus ou moins considérable.

Quand on ne se sert pas de l'appareil , il faut mettre l'armature en contact avec les pôles de l'aimant permanent et en même temps exercer sur cette armature une certaine traction , afin d'entretenir la puissance de l'aimant ; c'est dans ce but qu'on fixe sur la tête de la vis de rappel N un petit levier courbe , à l'extrémité duquel est suspendu un sceau C , renfermant des balles de plomb ; le poids du sceau ainsi chargé tend à faire tourner la vis dans le sens voulu pour que l'armature soit sollicitée à se séparer de l'aimant , ce qui arriverait si la charge était trop forte.]

[3511'. Appareil magnéto-faradique de Gaiffe. — Cet appareil, représenté dans la Fig. 395, réunit les dispositions fondamentales des appareils de Glarke

680 DE l'électricité,

el de Ère-ton ; non-seulement les branches de L'aimant permanent el fixe y sont entourées d'hélices conductrices j mais encore l'armature mobile porte à ses extrémités deux bobines d'induction. Les courants induits développés dans

Fig. 395. — Appareil niagnéto-faradique de Gaiffe.

les deux systèmes de bobines peuvent être recueillis , à volonté, séparément ou ensemble. La puissance de l'appareil se trouve ainsi accrue , sans qu'il soit nécessaire d'en augmenter les dimensions.]

[351e. Influence de la vitesse de rotation sur l'intensité des effets produits par les machines magnéto-faradiques. — Quand on augmente la vitesse de rotation des appareils magnéto-faradiques, on accroît l'intensité des effets qu'ils produisent, nonseulement parce que les courants induits se succèdent plus rapidement, mais encore parce que chacun d'eux individuellement augmente d'intensité. Toutefois il existe, d'après M. Lenz et M. de La Eive, un maximum de vitesse au delà duquel les effets diminuent d'énergie, et ce maximum dépend de la résistance du circuit induit ; plus la résistance est grande , moins la valeur de la vitesse maxima est élevée. Enfin , la vitesse de rotation qui correspond au maximum des effets dépend aussi de la rapidité avec laquelle le fer change d'état magnétique ; il peut même arriver que le fer, s'il n'est pas parfaitement doux, n'ait pas le temps de s'aimanter et de rentrer à l'état neutre pendant la durée de chaque demi-tour, et qu'alors aucun courant. induit ne puisse prendre naissance.]

[351 f. Comparaison entre les appareils volta-faradiques et magnéto-faradiques.

— Nous empruntons à l'article Électricité , publié par M. Buignet dans le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie, les considérations suivantes qui nous paraissent avoir une certaine importance pratique :

« Il n'est pas sans intérêt d'examiner comparativement les deux systèmes d'appareils d'induction que nous venons de décrire. Tous deux rentrent, en réalité , dans un type commun , puisque, dans les uns comme dans les autres, on se propose d'obtenir, soit par une force mécanique, soit par l'électricité d'une pile, un courant initial, dont la rupture détermine ensuite un extracourant que l'on utilise de diverses manières. Dans les uns comme dans les

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autres, L'action esl considérablement renforcée par la présence d'un fer doux dans l'hélice inductrice.

«Les appareils volta-faradiques diffèrent, toutefois, des appareils magnétofaradiques par la rapidité des intermittences et par l'instantanéité des courants. Au premier abord, il semble que les appareils magnéto-faradiques permettent de graduer à volonté la fréquence des interruptions, puisque celle-ci est intimement liée à la rapidité du mouvement de la manivelle ; mais il arrive que lorsqu'on diminue la vitesse de rotation , et , par suite, le nombre d'interruptions qui se produisent dans l'unité de temps, on diminue aussi l'intensité des effets, puisqu'on rend plus lent le mouvement qui détermine les variations de l'aimantation. Il faut alors, si l'on veut conserver l'intensité constante , tout en taisant varier le nombre des intermittences, rapprocher les armatures à mesure que la vitesse de rotation diminue; mais ce rapprochement doit se faire suivant une loi qui est encore inconnue.

«Les appareils volta-faradiques l'emportent donc sur les appareils magnétofaradiques, en ce sens que l'on peut y faire varier la fréquence des intermittences, sans changer l'intensité du courant, et en ce sens aussi que, les interruptions étant automatiques dans la plupart des cas, on peut soutenir les effets pendant un temps assez long sans l'intervention directe de l'opérateur, avantage qui compense largement l'inconvénient attaché à l'emploi d'une pile. Du reste, les piles dont on fait usage aujourd'hui n'exigent aucun soin immédiat , et permettent la mise en œuvre de l'appareil d'une manière aussi prompte que cela a lieu pour les appareils magnéto-faradiques.»]

352. Effets d'induction unipolaire. — Dans les appareils volta-faradiques, l'établissement ou la rupture du courant inducteur ne peuvent engendrer de courant dans le circuit induit quand celui-ci est ouvert. Néanmoins, même dans ces conditions, à l'instant où le courant inducteur éprouve une variation dans un sens ou dans l'autre , il s'opère dans le fil induit une séparation des électricités de nom contraire : le fluide positif se porte vers l'une des extrémités et le fluide négatif vers l'autre bout du fil. Si , à ce moment, on approche les deux bouts polaires l'un de l'autre, la recomposition des deux électricités a lieu avec production d'une étincelle. Laisse-t-on, au contraire, les extrémités du fil induit éloignées l'une de l'autre, les fluides électriques reviennent sur leur pas et se neutralisent dans l'intérieur du lil , dès que l'état variable du courant inducteur a disparu.

Quand l'action inductrice a une grande puissance , la quantité d'électricité qui s'accumule ainsi à chaque extrémité du fil induit est très-considérable ; en présentant alors à un seul pôle, immédiatement après l'établissement ou la rupture du courant inducteur, un conducteur en communication avec le sol , on peut obtenir une décharge électrique tout à fait semblable à celle que fournissent la bouteille de Leyde ou les machines électriques. •

Si l'on veut que l'induction qui se produit à la fermeture du courant donne une décharge de force notable, on doit employer des bobines d'induction trèspuissantes ; c'est pourquoi aussi les appareils volta-faradiques , dans lesquels la rupture du courant coïncide avec la fermeture d'un circuit dérivé, ne don-

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de l'électricité.

unit pas, en général, des effets appréciables d'induction unipolaire. A L'ouverture iln courant, ces effets n'acquièrent une intensité notable, dans les appareils de force moyenne, que si l'on opère la décharge du pôle eu expérience, à l'aide d'un conducteur communiquant avec le sol; lorsqu'on se sert d'un conducteur parfaitement isolé, il ne se produit pas d'étincelle unipolaire, à moins que l'appareil ne soit d'une très-grande puissance.

Los effets d'induction unipolaire peuvent devenir très-genants, quand l'appareil voltafnradique est employé' a exciter les nerfs ou les muscles, car alors l'excitation ne reste pas limitée aux parties qui se trouvent placées entre les deux points d'application des électrodes ; elle s'étend au delà à une distance indéterminée. Un moyen qui suffit ordinairement pour parer à cet inconvénient, consiste à isoler les parties qu'on veut l'aradiser; on arrive encore plus sûrement à supprimer l'influence fâcheuse des effets d'induction unipolaire, en faisant usage du dispositif dont il a été parlé plus haut (§ 350e).

De nos jours, on a très-souvent recours aux effets unipolaires des appareils d'induction pour se procurer de l'électricité statique. Les étincelles obtenues par ce moyen sont au moins aussi fortes, sinon plus que celles des machines électriques les plus puissantes, et elles ont, en outre, l'avantage de n'être soumises à aucune de ces influences multiples, telles que la température, l'humidité etc., qui agissent si défavorablement sur les machines électriques ordinaires. De tous les appareils d'induction destinés à la production des effets de tension unipolaire, les plus puissants sont ceux que construit M. Ruhmkorff, à Paris, et qui sont connus sous le nom de bobine de Ruhmkorff.

[35211. Bobine de Ruhmkorff ('). — Construite d'après le principe fondamental de tous les appareils volta-faradiques, la bobine de Ruhmkorff est redevable de la supériorité de ses effets de tension à la bonne proportion de ses

Fig. 39G. — Bobine de Ruhmkorff.

différentes parties constituantes et à la réunion d'une série de perfectionnements empruntés à divers physiciens ; les plus importants de ces perfectionnements consistent dans le cloisonnement de la bobine , d'après le système de

(!) DU MONCEL , Notice sur l'appareil d'induction électrique de Ruhmkorff, 5° édit. Paris 18/37.

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Ritchie, dans l'adjonction d'un condensateur dont l'idée est due à Fizeau, et dans remploi de l'interrupteur à mercure de Foucault.

La Fig. 396 représente une bobine de Ruhmkorff, de grand modèle, pouvant donner des étincelles de 50 centimètres de long à l'air libre, et de plus de 10 mètres dans des tubes à air raréfié. Sur la bobine se trouvent enroulées deux hélices concentriques et superposées : l'intérieure, jouant le rôle de circuit inducteur, est formée d'un fil de cuivre gros et court (3 millimètres de diamètre). L'bélice extérieure se compose d'un fil de cuivre de '/,„ de millimètre d'épaisseur sur 100 kilomètres de longueur ; les spires de ce fil , au lieu d'être langées les unes à côté des autres horizontalement, et de former ainsi une série de couches superposées occupant chacune toute la longueur de la bobine, sont disposées par groupes, de manière à constituer autant de tranches circulaires dont l'épaisseur ne comprend que quatre ou cinq tours de fil ; chacune de ces tranches représente en quelque sorte une petite bobine, qui n'est reliée aux voisines que par des fils réunissant les deux bouts des spirales contiguës. Ce cloisonnement de la bobine a pour but d'empêcher la production de décharges latérales entre deux couches de spires ; dans le système d'enroulement habituel , où lés spires superposées aux extrémités de" la bobine se trouvent relativement les unes aux autres dans des états de tension électrique très-différents, les décharges latérales peuvent survenir et détruire l'isolement des spires. Le fil de cuivre est recouvert de soie et enduit d'un vernis à la gomme laque; du papier ciré complète l'isolement. entre les différentes tranches et les différentes couches; en outre, un tube de verre, à parois épaisses, sépare l'hélice induite de l'hélice inductrice. L'axe de la bobine est rempli par un faisceau de fils de fer doux.

Les extrémités du fil induit aboutissent à deux bornes A et B , montées sur des pieds de verre et représentant les pôles de l'appareil. Quant aux bouts du gros fil, ils sont mis en communication avec les pôles d'une pile de Bunsen, par l'intermédiaire d'un commutateur et d'un interrupteur à mercure.

L'interrupteur, imaginé par Foucault, se compose d'un trembleur de Neef , qui fonctionne indépendamment du courant inducteur et qui nécessite en conséquence une pile spéciale formée par un couple unique de Bunsen. Dans la figure, G et D sont les rhéophores de cette pile. La tige du trembleur est portée vers son milieu par une lame élastique verticale pouvant osciller autour de son extrémité inférieure; cette lame est en communication métallique, d'une part avec l'un des bouts du gros fil de la bobine , d'autre part avec l'une des extrémités de l'hélice enroulée autour de l'électro- aimant du trembleur. De la portion de la tige opposée à celle qui se termine par le marteau descendent deux pointes de platine ; chacune d'elles plonge dans un vase de verre renfermant du mercure surmonté d'une couche d'alcool. Le fond métallique d'un de ces verres communique avec le commutateur placé sur le trajet du circuit de la pile qui fournit le courant inducteur ; le fond de l'autre vase est relié à un second commutateur annexé au trembleur. Quand les pointes sont immergées dans le mercure, le circuit inducteur et celui du trembleur sont fermés l'un et l'autre ; mais aussitôt le marteau du trembleur, étant attiré par le petit électro-aimant, fait incliner la lame oscillante de son côté et l'autre

WUNDT, Physique médicale. 4-1

690 DE l'électricité.

extrémité du balancier se relève, entraînant avec elle les pointes de platine qui émergent du mercure; le courant se trouve alors subitement interrompu et dans le circuit inducteur de la bobine et dans celui de l'électro-aimant. Le trembleur revient à sa position première et ainsi de suite. L'alcool a pouf but d'empêcher l'oxydation du mercure.

La disposition habituelle du trembleur de Neef ne saurait convenir à la grande bobine de Ruhmkorff, car le développement de l'électricité atteint dans cet appareil un tel degré d'énergie, que les lames de platine qui garnissent le marteau et l'enclume se détérioreraient rapidement et pourraient même se souder ; l'interrupteur de Foucault présente un autre avantage, celui de produire des interruptions plus brusques. M. Gaiffe a disposé l'interrupteur à mercure de manière à pouvoir l'adapter commodément aux appareils d'induction euxmêmes, en guise du trembleur ordinaire.

Le socle qui supporte la bobine renferme un condensateur formé de 100 lames d'étain, isolées l'une de l'autre par des feuilles de papier enduites de résine et réunies de manière à constituer deux armatures de plus de six mètres carrés chacune ; des fils de dérivation mettent le circuit inducteur en communication avec ces armatures. Les physiciens ne sont pas d'accord sur la manière d'expliquer l'action du condensateur ; cependant la conclusion qui semble ressortir des diverses opinions émises à ce sujet, c'est que le rôle du condensateur consiste surtout à annihiler les effets contraires de l'extra-courant. Toujours est-il que l'annexion d'un condensateur au circuit inducteur a pour effet d'accroître considérablement l'intensité des courants induits qui prennent naissance dans l'hélice à fil fin et long.

Les grosses bobines de Ruhmkorff ne sauraient être utilisées directement dans la pratique médicale, car, avec un ou deux couples de Bunsen, elles donnent des commotions foudroyantes auxquelles il serait plus que téméraire de s'exposer; on reçoit une violente secousse, en appliquant 'seulement le doigt sur le fil induit , même quand celui-ci est recouvert de soie au point touché et que le circuit est fermé. M. Ruhmkorff et M. Gaiffe construisent aussi des bobines de petit modèle donnant des étincelles de 1 à 10 millimètres et des commotions qui sont sans danger ; ces bobines à tension relativement forte peuvent remplacer les machines électriques ordinaires dans toutes les circonstances où l'on a besoin d'électricité statique. L'interrupteur employé alors est le trembleur de Neef ordinaire.]

[352^>. Tubes de Geissler. Applications médicales. Splanchnoscope. — On désigne sous le nom de tubes de Geissler, des tubes de verre contenant une vapeur ou un gaz très-raréfiés ; ces tubes, auxquels on donne les formes les plus variées, portent à chacune de leurs extrémités un fil de platine soudé dans le verre et faisant saillie aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Quand on met ces fils en communication avec les pôles de la bobine de Ruhmkorff, l'étincelle d'induction illumine l'intérieur du tube dans toute sa longueur ; la couleur et l'éclat de cette lumière varient avec le degré du vide , la nature du gaz ou de la vapeur et les dimensions du tube ; c'est dans les parties rétrécies que l'intensité lumineuse atteint son maximum. Un caractère remarquable de la

INDUCTION

lumière électrique produite dans ces conditions, c'est la stratification : au lien de constituer un jet continu , elle apparaît sous la forme d'une série de zones ou stries alternativement brillantes et obscures. Faisons remarquer, en outre, que le développement de chaleur qui accompagne la production de cette lumière est peu considérable'.

Dès 1860, M. Fonssagrives avait songé à tirer parti des propriétés des tubes de Geissler pour l'éclairage artificiel des cavités naturelles du corps humain ; dans ces derniers temps, M. Milliot, médecin français, établi en Russie, a repris ces essais dans le but spécial d'éclairer l'intérieur des viscères profonds qui ne sont séparés de l'extérieur que par une membrane translucide ; l'estomac remplit ces conditions, la muqueuse qui forme ses parois et la peau de l'abdomen qui le recouvre n'étant pas assez opaques pour qu'on ne puisse voir par transparence l'intérieur de l'organe s'il est suffisamment éclairé. M. Milliot, en introduisant dans la cavité stomacale d'un homme ou d'un chien, à l'aide de la sonde œsophagienne , un tube de Geissler, d'une disposition particulière , et en le mettant en communication avec une bobine de RuhmkorfT, a rendu visible au dehors l'intérieur de l'estomac. Tel est le principe du splanchnoscope.]

[Fonssagrives , Eclairage artificiel des cavités du corps à l'aide des tubes lumineux {Comptes rendus de V Académie des sciences, 23 janvier 1860). — Jules Brtjck, Das Stomatoscop, Breslau 1865. — Le même, L'Uréthroscope et le Stomatoscope pour éclairer et rendre diaphanes l'urèthre et ses parties avoisinantes, les dents et leurs parties avoisinantes, au moyen de la lumière électro-galvanique. Breslau et Paris, 1868, in-8°. — Milliot, Splanchnoseopie {Compte rendu du Congrès médical international de 1867. Paris 1868). — Le même, De la dioptro-organo et somatoscopie {Gaz. méd. de Paris, 1870, p. 399.)]

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