‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 73 sur 188 · V H = V II · texte numérisé non relu

V H = V II

Cette dernière formule nous montre que: le produit du volume d'une masse gazeuse par la pression qu'elle supporte est une quantité constante.]

Des recherches d'une extrême précision, dues à M. V. Regnault, ont appris que la loi trouvée par Mariolte , et qui était supposée s'appliquer à tous les gaz, n'est cependant rigoureusement exacte pour aucun d'eux. La plupart éprouvent une diminution de volume plus rapide que ne l'exigerait la loi de Mariotte : l'air atmosphérique, l'azote, l'acide carhonique sont dans ce cas] au contraire, la compressihilité de l'hydrogène diminue à mesure que la pression augmente , au lieu de rester constante comme le voudrait la loi susdite. On voit donc que , sous le rapport de la compressihilité-, les gaz se divisent en deux groupes.

D'après M. Regnault, la chaleur aui'ait une influence marquée sur la marche de la compression : pour les gaz du premier groupe (air, azote, acide carhonique), l'élévation de la température ferait disparaître l'écart entre la loi de Mariotte et les résultats observés , tandis que pour l'hydrogène cet écart augmenterait; l'effet inverse se produirait par l'abaissement de la température.

Au point de vue des rapports de la chaleur avec l'état gazeux des corps, il importe de tenir compte des écarts de la loi de Mario tte ; aussi reviendrons-^ nous sur ce point à l'occasion de l'étude de la chaleur (voy. liv. V. chap. I). Mais, considérées en elles-mêmes, les différences résultant de ce désaccord entre la loi théorique et la réalité sont si faibles que, dans les circonstances ordinaires, on peut les négliger toutes les fois qu'il s'agit seulement de déterminer le volume ou la densité d'un gaz en fonction de la pression qu'il supporte ; c'est ainsi, par exemple, qu'on s'appuie sur la loi de Mariotte dans la recherche des hauteurs par le baromètre, dans la mesure de la pression par la réduction du volume d'une masse gazeuse (manomètres à air comprimé) etc.

Parmi les gaz dont la compressibilité augmente avec la pression, il en est un grand nombre qui, arrivés à un certain degré de compression, passent à l'état liquide; ce changement d'état est toujours annoncé par un accroissement très-rapide de la compressibilité, qui est suivi de la disparition presque complète de cette propriété , sitôt que la liquéfaction du gaz est un fait accompli. Le froid, en diminuant la force élastique des gaz, favorise leur passage à l'état liquide sous l'influence de la pression. C'est ainsi qu'à la température de zéro, l'acide carbonique exige, pour être liquéfié, une pression de 37 atmosphères; l'acide sulfhydrique devient liquide à 10 atmosphères, le gaz ammoniac à 4,4 et l'acide sulfureux déjà à 1,5 atmosphère. Jusqu'à présent on ne conuaît que cinq gaz qui n'aient pas pu être liquéfiés; ce sont : l'oxygène, l'azote, l'hydrogène , l'oxyde de carbone et le bioxyde d'azote. Pour ce qui est de l'hydrogène, il y aurait lieu de supposer que ce gaz n'est pas liquéfiable, puisque sa compressibilité diminue avec la pression.

ABSORPTION, ÉCOULEMENT ET DIFFUSION DES GAZ

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