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DE VAPORISATION

261*. Chaleur rendue latente par la dissolution des solides. Mélanges réfrigérants. — La chaleur latente conserve la même valeur quel que soit le moyen employé pour produire le chanjçement d'état du corps considéré. Lorsque, par exemple, la vapeur d'eau est liquéfiée au moyen de la pompe à compression (§100), on trouve que de la chaleur devient libre, exactement comme si la con- «leitsation était Teffet d'une soustraction de caloricpie. | Diminuo-t-on , au contraire, la pression, l'eau s'évapore et prend à elle-même la chaleur nécessaire pour passer à l'état de vapeur; il en résulte une production de froid qui peut ^^ assez intense pour congeler l'eau non évaporée.]

Il y a également absorption de chaleur quand un sel se dissout dans l'eau. *^'après les recherches de M. Person, la (juantité de chaleur nécessaire pour la ^^ssolution d'un certiiin poids de sel diminue avec la concentration de la liqueur. ^n explique ce fait de la manière suivante : la dissolution d'un sel comprend ^^Ux phases ; le sel passe d'abord à l'état liquide, puis il se diffuse dans l'eau ; '* chaleur qui devient latente par le fait du changement d'état est évidemment P^portionnelle à la quantité de sel dissous; quant à la chaleur absorbée par la "effusion du sel , elle augmente avec la quantité du dissolvant. Li diminution ^ température qui a lieu chaque fois qu'on étend une solution concentrée, P'X)uve que le fait seul de la diffusion d'ime solution saline dans Teau absorlie

On utilise l'absorption de la chaleur par dissolution des sels dans Teaua pour produire artificiellement du froid. Les mélanges de glace ou de neige ave<Ldes sels solubles sont surtout propres à cet usage, car, dans ces mélanges ré — frigérantSy deux causes interviennent pour abaisser la température, la fusiow-i de la glace et la dissolution du sel. Ainsi, on mêlant du chlorure de sodium £k delà neige, on obtient un froid de 20" au-dessous de zéro. [A défaut de neijr*:? ou de glace, on peut composer des mélanges réfrigérants avec certains selst^t de l'eau pure ou additionnée d'acides.

Le médecin se trouve assez souvent dans le cas de recourir à l'application d u froid pour combattre une inflammation , pour arrêter l'écoulement du sangr , pour calmer la douleur ou pour abolir localement la sensibilité etc.; s'il n'n pas de glace sous la main , il y suppléera par l'emploi d'un mélange réfritrr-rant, en se rappelant toutefois qu'il ne doit pas a])pliquor un froid par trop intense 5 sous peine de gangrener les tissus. Nous donnons ici les formules de* quelques mélanges réfrigérants faciles à préparer :

Neige ou glace pilée 2 parties

Sel marin i partie

Ce mélange produit un froid de — 20®.

Eau 1 partie

Nitrate de potasse i »

L'abaissement de température produit par ce mélange est de — 10"% la température initiale s'élevant à -H 10®.

Sulfate de soude 3 parties

Acide nitrique 2 »

Avec ce mélange on fait descendre la température de -f-IO»» à — 19"».

Sulfate de soude 8 parties

Acide chlorhydrique 5 »

L'abaissement de température est de — 17» à partir de -\- lO*».]

261^. Liquéfaction des gaz. Froid produit par révaporation des gai condfBiéi- Appareil de Carré pour la fabrication de la glace. ^ Quand on vent prodnirt* 0 froid très-intense, on a recours h Tevaporation des gaz liquéfies. I/acide carbonique»' liquëiio îi ()** sons nne pression de 38 atmosphères environ. Abandonna k Tair, le liquio*' ainsi obtenu se vaporise très-rapidement, et le froid produit est tel qu*une partie Je I* substance se congèle. Cet acide carbonique solide se trouve k la température de — <'•**• en y ajoutant de Tetlier et en plaçant le mélange sous le récipient de la machine pnen* matiquo, on peut faire descendre la température îi — l(H)o et au-dessous.

Le froid intense produit par la vaporisation d'un mélange d*acide carbonique tolide^t d'ëther a permis h Faraday de liquéfier et de solidifier des gax encore plus diflficilemert coercibles conmdo, par exemple, le gaz ammoniac, Taeide sulfureux, le protoxyàt à'tzote etc. Nous indiquons ci-dessous les points de fusion des plus importants de ce^ pusous la pression ordinaire.

Acide carbonique ... — 58*> i Acide sulfureux . . . . — 7(H» Ammoniaque — 75o | Acide sulfliydriquc. . . — 86**

Protoxyde d*azote .... — 10r>o

ibaut da point où ils passent h l'ijtal liquido , ces gnz et qnelqneB antrei qui n être BoïHiSia, ont été liqariSda (g&z olëlîaat, gaz acide chlorhydriquo), M mêmea écarta que les vapeurs, reUtiTement aux lois de Mariotte et de

"é a imaginé un appareil destiné ù la fabrication de la glace et fondé I produit par Tévaporation de l'ammoniaque. Cet appareil comprend: udière cylindrique A (Fig. 279) lenfcrmant une solution très-conmmonîaquc ;

Il gaz animonidc -^e dcg-igc de l'eau et se rend dans le congélasc liquéfie pir sa propre pn's'iioii. L'appareil est alors pnM à foncn retiie le Longthleur lie 1 eau froide pour y mettre à sa place la

1 ammoiiijque liquefioc dibtille en sens invei'se et re}>a.«se dans la m elle se dissout de nouicau djns l'eau. La rlmleur absorbée à l'étit a vapeur qui prend naissance esL si considérable, qu'on inti'oduisanl igéiateur un vase cylindrique d rempli d'eau, on voit celle-<i se con-

rapidement.]

pareil de Richardson pour l'anesUiésie locale. — Le froid produit par >n rapide de l'étlicr ou d'autres liiiuides très-volatils a été utilisé en our oblenir l'insensibilité locale des tissus sur lesquels on a à praopérations douloureuses.

irdson a imaginé dans ce but un appareil k l'aide duquel l'éther est étîit li'extrènie division sur les parties à anestbésior. Ot appareil «î e Hijis [wrtios : 1" un (laion " (Fig. 280) qu'on remplit à moitié •b; 2" un tube métallique cet/, à double en velop|>e concentrique, redcux tubes placé| l'un dans l'autre eiiln; lestiuels existe un espace ibc intérieur plonge dans l'étlier, l'extérieur n'atteint pas la surface

502 CIIALKUlt.

(lu liquide el s'aiTète en/; tous les doux .sont coudés et terminés en pnnto — leur extrémité supérieure d, le plu.<< extérieur ilépassaut l'autre d'environ u centimMi'c ; ce double tube traverse un bouchon qui ferme lierrnétiqueinei le na<:on ; 3" un systi'mc de deux poires en caoutchouc j et k reliées entre oHcir par un lui* /i de munie siibstance. L'une d'elles porte une ouverture i niuu "^ d'une soupape qui s'ouvre de deliors en dedans. C«tle poire, alternativeiut'^ comprimée avec la main et abandonnée à elle-même, fait l'oriice de soufiN'l ^ lance un courant d'air dans la fieronde poire A', ({ui agit, comme chambre à ûf pour régidariser <>t rendre continu l'écoulement du (;az ; de là , par l'inliïmi^diaire d'un tube de caoïitehouc qui s'adapte à une tubulure talénde g du liiV niélalliqui^, l'air pénêti-c dans le llacon et y augmente la pression extérieure.

Sous t'intluence de cet excès du pression, léther monte iliuis le tulio in'"lieur, piindant ijuo l'jiir s'écoule à l'extérieur par l'espace ménagé enlnl-* deux cnvcinppi's. Il résulte de ictte disposition que le jet de liquide aiu-*!!'" ^'ique est euvelopité à sa sorlii- i«ir un courant de gaz qui le fiuleêrine, l'ol-i* iHi-e le 11-duit on i;oiitlelettes d'une ténuité i<xliénie. L'étber est ainsi jinf^' ■ious forme de nuu<>i> sur les parties i|u"ou veut anestliésjer et s'év:qion' tri*rapideuient , d"oi"i prmlnction de froid et consL-cutivenieut wrle de lu «iHbUité.

A délaul de l'appareil ife Iticbardson , un |ieut faire sen'îr au même ii>»p un des nombreux instruments ijui ont été ima<;inés dans ces derniers tiiiif' pour f.iihrnscr les liquides {fnilvi-rixiiteurs de l.u t. de Sieple, de Citintf. l'ic). L'apiiarcil à anesthésie locale de Stapli'r ne diflëi-e de lelui .le IfiiharJ- S.H1 que p;ir la snlistilulio» au lui»- à doidile .iivelnj.ik'd'un dis|M.silif aiwl.*"' à -ebii qui c\ist.- ihms le iii,lv,;-is.itcH,- d,- .sic.;/-' - l'air et le liquide s'"-""leni jMr deux lubcs t-ntièieiiient isolés il auencé-s de lelle stirte que le «Hinul >;aiteux atlleure lesti-émité du tube qui donne issu* à l'éllier. J

tfbll4»0rmphle s Foubeut, Do rancsthcsic locale (Dissort, inaug.). Paris 1854. — RiCHABDBON, On a ncw and rcady mode of producing local anssthesia {Medic, T\meâ and Gazette^ 3 fe'vrier 1866, p. 115. — M. Perbin, article: Anesthéale chirurgicale {Dictionnaire encyclopéd. des sciences médic, 1866, t. IV, p. 483). — Stapfek, Nouvel appareil pour ranosthdsie locale {Bulletin de VAc<id, de niéd., 5 février 1867, t. XXXn, p. 425). •— Jeânkel, Formulaire internationaL Paris 1870, sect. X (Anesthëslqucs) , p. 397).]

B. Ce qn'on entend par chaleur spécifique. — Nous avons déjà fait la remarque, nd il s'est agi de choisir une unité de chaleur (cf. § 260) , qu'il faut des Dtités de chaleur très-différentes pour échauffer les divers corps d'un même ibre de degrés. C'est là un fait que nous apprend l'oljservation de tous les ■8. Si l'on dispose sur un poêle, l'une à côté de l'autre, une plaque de métal ine plaque de pierre de même poids, on constate que la première s'éuffe bien plus vite que la seconde; preuve que le métal a besoin de beaup moins de chaleur que la pierre pour arriver à la môme température. On ainsi conduit à se poser cette question : quelle est la quantité de chaleur Bssaire jK)ur élever d^un nombre déterminé de degrés la température d'un ps donné ?

ci encore nous prendrons, comme unité de mesure, la calorie , c'est-à-dire lialeur nécessaire pour élever la température d'un kilogramme d'eau de 0» degré. On a reconnu que la quantité de chaleur qui élève de i® la tempéi-aî d'un kilogramme d'eau est sensiblement la même dans toute l'étendue de belle thermométrique; que, par conséquent, il faut à très-peu près autant clialeur pour échauffer de 09*» à 100* une certaine masse d'eau que pour nener de 0^ à 1". C'est ce qu'il est facile de prouver au moyen de l'expéicc suivante : on mêle ensemble 1 kilogramme d'eau à 100^» et 1 kilogramme '; on trouve que le mélange prend une température de 50 degrés. Nous ivons donc définir d'une manière générale la calorie : la quayitité de char nécessaire jpour élever de i degré la température d'un kilogramme

'ous les corps solides, liquides et gazeux, pourvu qu'ils ne changent pas d'éprésentent celte même constance de la quantité de chaleur nécessaire pour échauffer de i", quelle que soit leur température initiale ; nous ne tenons pas ipte ici dos légers é(^rts dont il sera parlé plus loin (cf. §263). Ainsi, le mere à l'état solide exige», pour s'échauffer de 1 degré, une cerLùnc? (juantilé de leur, toujours la même, que la température monU.» de — iOO"à — 09" ou de ri* à — ^O*»; si le mercure est liquide, il lui faut, pour élever sa température I®, une quantité de chaleur différente de la [»reniièr(», mais constiinte dans te l'échelle therniométricpie ; enfin, la (pianlité de chaleur qui échauffe «le Bgré la vapeur de mercure est encore autre , et néanmoins invariable. Dans nt de comparer les corps (mi égard à cette pro[)riélé , on est convenu d'ap- T chaleur spéci fique' on capacité calorifique d'un corps, la quantité dt? leur néces.sain» pour élever de 1° la température d'un kilogramme de ce w, en supposant qu'il ne change pas d'état.

CHALKirU.

262*. Chaleur spécifique des solides, des liquides et des gas. — Nous av réuni dans le til)leau suivant les chaleui-s spécifiques d'un cerLiin nombre corps, craprès les recherches de divers observateurs.

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