‹ Traité élémentaire de physique médicale (volume 2)Chapitre 175 sur 201 · QUANTITÉ · texte numérisé non relu

QUANTITÉ

d'eau sur 1 gramint

do sel.

CATUI0N8 transport!^.

ASIOX^ trmnsporiéi.

0,618 0,6^4 n,62« Oûil6 0,641 0,60«) 0,500 0,479

325». Endosmose électrique. — Quand on place entre les deux électroiles uœ cloison poreuse qui divise en deux leli(iui(le électrolyticjue, on renianjiie qut» li migration des ions s'accompagne d'un transport de tout le liquide en massr; lorsqu'il n'y a pas de cloison poreuse, le phénomène n'est pas apparent, pam que la pression hydrostatitjue réUtblit constamment l'équilibre. Ca) transport des molécules liquides est connu sous le nom d'endosmose électrique: '\\^ entièrement indépendant de l'électrolyse, et il se diri<;e du pAle positif an négatif; en conséquence, la hauteur du liquide augmente du coté de rélti-lni^i'' négatif. D'après les expériences de M. Wiedemann, la quantité de liqiii«ioqiii passe dans un temi)s donné à travers un diaphragme en tern» de pijx» e*t «lirectement proportionnelle S Tintensité du courant, et, toutes ihoïM»s ♦V^d'.d'ailleure, elle est indépendante de la surface ainsi (jue de Tépaisseur df la rl*!son. Du reste, ce mouvement de totalité de Télectrolyte est sans aucune iutluei^v sur la migration des ions.

La cloison poreuse , sans laquelle le transport du liquide en masse ne peut p»* «manifester quand le courant est fuible, n'est plus nëccssuire avec un ruurant tn-ïiitense. M. Quincke a trouve que, dans ce dernier cas, la phipart des lii|uidi s fs-r.:-:traînés dans le sens du courant positif. En introduisant, par exemple, TcIiTtrol)!»- •:&::* un tube recourbé en U, on voit le liquide monter dans la branche où plun^rt» rrKitr c négatif et baisser dans celle où se trouve Télectrode positif. Ici eneurc, Ciinitni; ùftfcr Tendosniose électrique, la hauteur à laquelle s*élève le liquide est propurtionu^lî* « rintensité du courant. 8i on prend de Teau renfermant un sel bon condiict* ur. t:l <.•du chlorure de sodium, Tascension du liquide est moins considérable. Quanti K- Ii<jt;!J' renferme en suspension des i)articules très-fines d'une substance solide, M. Jiir^iii«."c i observé que ces particules sont entraînées dans une direction opposée à Oi-lb- «b l'i»';c'est-à-dire dans \v. sens du courant négatif. Mais, d'après M. Quincke, si le e«»unint'< faible, les corpuscules solides se meuvent aussi dans le sens du courant po>itîf. 1 c '^ s'explique si l'on eonsidèrcî que le niouvvment des jiarticules solides e«ît détrrmiiwrt I partie par (relui du liquide : lu progression du liquide est plus rapide dans U couche ^ ' tenante ù la paroi du tube, tandis que dans les couches centrales il y a tendaiiec ^ mouvement rétrograde; en coiméquence, les corpuscules solides situés pr^

EFFETS DE L'ÉLECTRiaiÉ DYNAMIQUE. G23

sont entraînes par le liquide dans un sens oppost^ à celui de leur mouvement propre , tandis qu^au centre les deux mouvements se font dans le même sens.

Un phénomène physiologique qui a sans doute quelque rapport avec ces effets mécaniques du courant galvanique est le suivant : j*ai constaté que les muscles éprouvent un raccourcissement durable quand on les soumet k Taction d^un courant constant. Pendant le passage du courant, on voit en même temps, comme Ta fait remarquer M. Kûhne, un mouvement continuel d^ondulation qui marche vers le pôle négatif, et s^r ce dernier il te produit une dépression déjà observée antérieurement par M. Schiff. Le mouvement ondulatoire peut être rattaché à Técoulement du liquide contenu dans les muscles , et la dépression au rapprochement des parties solides de la fibre musculaire.

326. Théorie de l'électrolyse. — Les phénomènes d'électrolyse n'ont pas encore pu être réunis dans une théorie qui embrassât tous les cas. Le premier, Grotthus a posé les bases de la théorie actuellement en honneur. Il a supposé que les éléments constitutifs de tout composé binaire, ou se comportant comme tel, renferment, à l'état naturel , des ^ ^ ^ ^

quantités égales d'électricité de nom contraire. Pendant l'acte de la com- j binaison, les deux fluides se séparent, de sorte que l'un des éléments, rhydrogène par exemple, soit chargé ,,^ 3^, ,,, .^^^. ,^ ,,,,,,,,,j.,, ,, ,,,^„.

d'électricité positive, et l'autre, l'oxygène, d'électricité négative. Dans les circonstances ordinaires, les molécules d'eau qui résultent de cette combinaison sont orientées suivant toutes les directions, de sorte qu'il ne se manifeste point d'électricité libre. Mais si Ton vient à plonger dans l'eau deux électrodes , et qu'on fasse passer le courant , les molécules commencent par s'orienter toutes de la môme manière : les atomes d'oxygène se tournent du côté du pôle positif, et les atomes d'hydrogène du côté du pôle négatif comme le montre la Fig. 340, où l'on voit une file de molécules d'eau HiOi , H^O,, H-Oj..., ayant toutes leur atome d'oxygène, figuré par un cercle blanc, tourné vers l'électrode positif P, et leurs deux atomes d'hydrogène, représentés par deux points noirs, tournés vers l'électrode négatif N. Dans l'instant suivant, l'hydrogène H, de la première molécule se porte sur l'électrode négatif qui l'attire, tandis (|ue l'oxygène 0, 8*unit aussitôt à l'hydrogène H, de la molécule suivante , laciuello abandonne son oxygène 0, à l'hydrogène H, de la troisième molécule, et ainsi de suite; l'oxygène O5 de la dernière molécule devenu libn» se rend au pôle positif. Puis les molécules restantes s'orientent de nouveau comme la première fois, et la même série de phénomènes se reproduit indéfiniment. Les éléments électro -positifs, c'est-à-dire les atomes d'hydrogène, cheminent donc du pôle positif au négatif, par étapes successives, en passant d'une molécule à l'autre: les atomes d'oxygène se transportent en sens inverse par un mécanisme semblable. En somme, l'électrolyse consiste dans une série de décompositions et de recompositions successives et non dans un transport direct des éléments d'un pôle à l'autre.

Nous pouvons ramener la constitution de tous les électrolytes à celle du type eau. En effet, ils présentent les trois formes suivantes : 4** comme l'eau, ils ré-

024 DE l'électuicité.

sullent de la combinaison d'un élément positif avec un élément négatif; tel fot

le cas de la potasse K* 0, du chlorure de sodium Na Cl etc...; 2» un élémenl négatif peut être uni à un radical composé faisant fonction d'élément positif;

par exemple le chlorure de sodium (NH* Cl); 3^ enfin, l'élément positif éUnl

+ simple^ le négatif est un radical composé; ainsi, le sulfate de soude Na^ (SO'l

»-». .-Sa. .'^ /-Sa. /^*1

le nitrate de soude Na (NO^). A cette dernière classe appartiennent , en général, tous les sels oxygénés. La Fi;;. 350 représente l'électrolyse d'un sel

ng. S50. - Théorie de r^iectroiye d'nn «eL ternaire : Ic métal 0 représenté pir

un carré noir se dépose sur l'électrode négatif, tandis que l'acide, sous forme de triangle noir d, et l'oxygène r de h base se rendent au pôle positif.

Berzelius a étendu l'hypothèse de Grotthus à toutes les réactions chimiques. Il a admis que, dans toute combinaison de deux atomes hétérogènes, il se produit une décomposition du fluide neutre semblable à celle qui a lieu au contact de deux métaux hétérogènes. La combinaison chimique des atomes serait alors un effet de l'attraction mutuelle des électricités de nom contraire. Suivant Be^ zelius , l'ordre des corps simples rangés d'après l'intensité de leurs affinités chimiques serait identique à celui de leurs tensions électriques. Mais la liste dressée par le chimiste suédois est en certains points très-hypothétique, cir il y a des corps très-voisins Tun de l'autre dans la série des tensions qu'on ne parvient pas à combiner ensemble.

Si la théorie de Grottlius donne , en général , une idée nette des décompositions électrolytiques , elle est loin de suffire pour expliquer en détail tous les phénomènes qui s'y rattachent; cette remarque s'applique notamment à Tinégalité de migration des ions et à l'endosmose électrique. Pour se rendre coroplo du premier de ces phénomènes, M. Hittorf suppose que le mouvement des ions de nom contraire s'effectue avec une vitesse différente : tandis que, par exemple, dans l'électrolyse du sulfate de cuivre, le cuivre s'avance vers le pôle négatif d'une longueur égale au 1/3 de la distance qui le sépare de la molécule suivante, l'élément électro-négatif (SO^ -+- 0) parcourt en sens op[K)sé un cbenûii représenté par 2/3 de la distance moléculaire pour se rendre au pôle positif; en général, les vitesses de progression des deux éléments sont dans le rapport

de a

?]nfin, M. Wiedemann a essayé d'édifier une théorie de l'électrolyse , en !» appuyant sur le principe de la conservation de la force. Il part de celte doninr que la majeure partie du travail accompli par le courant dans Télectrolyte n apparaît point à l'extérieur, le travail consommé étant en grande partie régêiwfv à nouveau. Ainsi, dans l'électrolyse du sulfate de cuivre au moyen d'électrode* en cuivre, le travail dépensé pour précipiter le métal de la solution sur Fêlei*- ^^^^ ^ travail que développe au pôle positif la âisso-

lution d'une égale quantité de cuivre. En outre, la séparation des éléments dans chaque molécule de la solution consomme un certain travail ; mais la recomposition de ces éléments avec ceux des molécules voisines rend libre la même quantité de travail. Comme travail extérieur accompli il ne reste donc que : l® le transport d'une certaine quantité de métal sur l'électrode négatif; 2» le transport sur l'électrode positif d'une certaine quantité de sel, ce qui augmente la concentration de la liqueur dans cette partie de l'électrolyte ; 3» dans le cas où le liquide est divisé en- deux portions par une cloison poreuse, la translation en masse du côté de l'électrode négatif d'une certaine quantité de solution non décomposée ; 4<' enfin , il disparait une grande quantité de travail qui est absorbé par le frottement mutuel des molécules que le courant met en mouvement ; le travail ainsi perdu reparaît sous forme de chaleur, et comme , d'après ce qui a été dit plus haut, la chaleur développée par un courant est proportionnelle à la résistance des conducteurs , nous devons en conclure que les obstacles qui s'opposent au mouvement imprimé par le courant sont directement proportionnels à cette même résistance. Cela nous explique la relation qui existe entre la transmission de l'électricité et la décomposition chimique, ainsi que les eflets mécaniques qu'on observe dans l'électrolyte.

Noas n^avons pas besoin do faire remarquer que les considérations précédentes ne Muraient, en aucune façon, prétendre k constituer une théorie rigoureuse; elles avaient furtont pour but do jeter plus de clarté sur les phénomènes élcctrolytiques. Récemment If. Clausius a soulevé des objections sérieuses contre la base même de la théorie de Qrotthns. Pour que les éléments d'un composé se séparent, il faut employer une certaine force; aussi longtemps que le courant ne Ta pas acquise dans Félectrolyte , il ne peut pas y survenir de décomposition chimique; et par contre, une fois la limite franchie, la décomposition devrait atteindre un grand nombre do molécules à la fois, car elles se trouvent toutes placées sous rinfluence de la même force. Or c'est ce qui n^arrive pas : le plus faible courant, on Ta vu , détermine une décomposition qoi croit avec Tintensité du courant. M. Clausius écarte la difficulté en invoquant sa théorie de Tétat liquide (cf. § 284^): il admet, en général, que les atomes' constituants d*une iBolécule matérielle ne sont pas réunis les uns aux autres d'une manière fixe et invariable, mais qu'ils exécutent des vibrations dans toutes les directions; dans les liquides, les trajectoires décrites par les atomes seraient assez grandes pour qu'un élément positif pût facilement pénétrer dans la sphère d'activité de l'élément négatif d'une autre molemie, et vice versa. Un élément devenu libre de cotte manière chemine dans l'intérieur là liquide jusqu'à ce qu'il rencontre un élément do nom contraire avec lequel il se comtrfne. 8i un courant traverse l'électrolyte, il tend à pousser tous les éléments posjtif^ rers le pôle négatif, et tous les éléments négatifs vers le pôle positif; les premiers se rendront donc en plus grand nombre sur l'électrode négatif, et les seconds sur l'élecsrode positif. Jusqu'ici cotte hypothèse n'a pas encore été appliquée k l'explication déaillée des phénomènes électrolytiques.

[326'>. Galvano-canstiqae chimique. — Tandis que la galvano-caustique tbernique utilise les effets calorifiques du courant de la pile pour porter à Tincanlescence des cautères métalliques destinés à détruire les tissus par ustion |cf. § 322«»), c'est aux effets chimiques que la galvano-caustique chimique nnpninte ses moyens de cautérisation. Nous avons vu, § 324<^, qu'en faisant passer un courant galvanique à travers une substance animale , vivante ou morte, on opère la décomposition des sels minéraux renfermés dans les par-

WTTNDT, Phyilque inédicmle. 40

626 Ï^E L KLECTRICITK.

lies placées sur le trajet de Télectricité ; les acides se rendent à réleclrode positif et les alcalis à Télectrode négatif. Or les éléments ainsi séparés réagissent sur les parties avec lesquelles ils se trouvent en contact. Si les électrodes sonl inaltérables , c'est sur les tissus que se porte Faction des acides et des alcali? et il en résulte une cautérisation semblable à celle que produisent les caustiqu» potentiels : au pôle positif on obtient une eschare dure et rétractile commf celle que déterminent , en général , les acides ; au pôle négatif, Teschare due à la présence des alcalis, est molle et non rétractile. Il est bien entendu <iq<> la cautérisation se limite aux parties directement en contact avec les électrodes.

La galvano-caustique chimique exige Temploi d'une pile à forte ten.sion, car les tissus organiques qui sont interposés dans le circuit ofTrent une grande résistance au passage du courant ; il s'ensuit qu'il faut augmenter la résistance intérieure en associant les couples en série. On doit , d'ailleurs , choisir des éléments à petite surface , pour éviter autant que possible les effeU calorifiques. Les piles de Gaiffe, de RuhmkorfT, de Pincus, décrites pi^écédemment (voy. §§ 309i, SOO»', 309») sont très-propres à cet usage.

La forme à donner aux électrodes est nécessairement subordonnée à la déposition des parties qu'on veut cautériser. En général , on se sert d'aiguillt^ métalliques que l'on implante dans les tissus à une certaine di.stance l'une «le

l'autre.

Si l'on veut obtenir des effets de cautérisation aux deux électrodes, il (aot les choisir en métal inattaquable par les produits de décomposition ; l'électrode positif devra donc être en platine ou en acier doré ; pour l'électrode négatif, on pourra prendre du cuivre ou de l'acier, car ces métaux ne sonl pa^ attaqués par les alcalis. Quand un seul des électrodes est destiné à agir, on applique l'autre à la surface du corps ; c'est de cette manière qu'on procède lorsqu'il .s'agit de cautériser des rétrécissements de l'urèthre.

C'est à M. Cisinelli, de Crémone, en 1860, que revient l'honneur d'avoir érigé la galvano-caustique chimique eu méthode bien définie, d'en avoir t'ompris le mode d'action et la portée.

— On a aussi utilisé l'action coagulante de l'électrode positif sur le ^anj: pour la cure des anévrysmes ; ce mode d'application de la méthode éh»ctroIv tique constitue ce (ju'on appelle la (jalvano-punrture .]

[Bibliographie t Cihinrli.i, DcH' aziono cliiinica deir ellcctrico Ropra î toiticnti or^- ' nici vivcnti c délie suc applicazloiii alla terapentica ; Crémone 18«»2. — A. Teitiik. La galvano-caustique chimique {Annales de Vélectrottiérapie, janvier 1863 ; Arch. y^-t de m/Jerin^, janvier ISOO). — Scoutettkx, De la méthode dlectrolytiqnc danf *-"* applications aux opérations chinirgicales {Bull, de PArad. de méderine^ 11 jnilM 1865, t. XXX, p. 969). — Ch. Sakazik, art. Cautère (\our. Dict. de mt'd. et de r^^' prat.y 1867, t. Vï, p. 582). — Mallez et Tripier, De la guérison dnrable des rrtrr cissements de Turëthrc par la galvano-canstique chimique, 1** édition. Vwn< 1^>': 2« édit, Paris 1870.]

327. Polarisation galvanique. Résistance an passage. — I^s réactions iliimiques que produit le passage du courant galvanique dans un conductetir liquide modifient la composition de ce «lernier; il jHMit en résulter un alTaiNi''>*fnent d'intensité du courant, .soit paiT4' «pie la n*.<(ist;inco du liquide au^'uitiiU'.

EFFETS DE L'ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. b27

soit parce que les produits de décomposition donnent naissance ù un courant secondaire marchant en sens contraire du courant principal. Le plus souvent c'est la dernière de ces cjiuses, désignée assez improprement sous le nom de polarisation galvanique , qui rend inconstants les courants dirigés à travers les liquides. La résistance n'augmente que lorsque les électrodes se recouvrent à la suite de Télectrolyse d'un dépôt mauvais conducteur, comme par exemple, une couche d'oxyde.

Les produits de décomposition gazeux constituent la source la plus fréquente de la polarisation galvanique; tel est le cas qui se présente dans l'électrolyse de l'eau ou des solutions aqueuses : l'oxygène devenu libre à l'électrode positif et l'hydrogène déposé sur l'électrode négatif forment un couple gazeux qui en» gendre un.courant marchant en sens inverse du courant primitif, c'est-à-dire allant de l'hydrogène à l'oxygène à travers le liquide. Gomme la force électromotrice qui produit ce courant secondaire est due au contact des gaz avec les électrodes métalliques, sa grandeur dépend aussi de la nature dos métaux employés : elle est , par exemple, bien plus considérable avec des électrodes en platine qu'avec des électrodes en cuivre. Tous les électrolytes qui donnent naissance à des ions gazeux se comportent comme Teau : ainsi en est-il de l'acide nitrique, de l'acide chlorhydrique etc. Dans l'électrolyse des sels alcalins, où l'acide se rend au pôle positif et l'alcali au pôle négatif, le contact des électrodes métalliques avec des liquides hétérogènes engendre de son côté des courants secondaires qui renforcent notablement celui que développe le couple gazeux.

On démontre l'existence des courants de polarisation, en interrompant au bout d'un certain temps le courant primitif, et en mettant en communication avec un galvanomètre les électrodes qui plongent dans l'électrolyte : on observe alors une déviation de l'aiguille aimantée , plus ou moins grande, selon l'intensité du courant secondaire ; mais ce dernier s'affaiblit très-rapidement et ne tarde pas à s'arrêter. C'est qu'en eftet, le courant de polarisation décompose à son tour l'électrolyte, et comme il marche en sens contraire du courant primitif, il transporte l'oxygène sur l'électrode où se trouve l'hydrogène et nkiproquement; les deux gaz en présence se recombinent pour former de l'eau , et peu à peu les électrodes se dépouillent de la couche gazeuse qui donnait iiais.sance au courant secondaire. De là un moyen fort simple de détruire la polarisation des électrodes : il suffit de supprimer le courant primitif et de fermer le circuit en réunissant les électrodes par un fil conjonctif.

On attribuait autrcfoiH k oo qu^on appelle la rénstance au passage y raffaiblissemcnt quVprouve le courant quand un conducteur liquide est introduit dans le circuit, car on supposait que le courant dprouvait une résistance h, son entrde dans le liquide et k sa •ortie. 8*il en était ainsi, Tintcnsitë du courant dans un circuit qui renfcnne un electrolyte

serait donnée dans tous les cas par Toquation: I ^^ ^ i^- » Hi représentant la

rëaistance intérieure , Kc la résistance extérieure , et r la résistance au passage.

Admet-on, au contraire, comme nous Tarons fait plus haut, que dans la majorité des caa, Tafiaiblissement du courant est dû k Tintervention d'une force électro-motrice agissant en sens contraire, alors Tintcnsité du courant résultant sera exprimée par Téqna-

tion : I = ^* — - , dans laquelle e désigne la force électro-motrice due k la polarisa- Kl -f- Kp

628 DE L KLECTRICITÉ.

tion. DanR cette derniëre hypothëse y la polarisation serait indépendante de Tintengitë du courant et de retendue de la surface des électrodes; diaprés les expériences de MM. Beetz et Poggendorff, cette loi n^est suffisamment exacte que pour les conraoU trës-forts; quand les courants sont faibles , la polarisation n'est pas constante; elle augmente jusqu'à un certain maximum avec l'intensité des courants et par suite aussi arec là grandeur des électrodes. C'est seulement à partir du moment où ce maximum est tt-

E — c teint que l'équation 1= ^- „ peut s'appliquer en toute rigueur, et qu'elle permet

alors, par l'emploi des méthodes indiquées précédemment, de déterminer la valeur de

la force électro-motrice e due à la polarisation. On a trouvé que la force électro-motricf

développée par des électrodes de platine plongeant dans l'eau varie entre 1,8 et 2,8, «

on la rapporte à celle d'un couple de Danlell prise pour unité. U suit de là qu'on se

peut décomposer l'eau dans un voltamètre qu'en employant au moîfts trois couples de

Daniell ou deux de Grove.

La formule I = r; — ; — 5- montre immédiatement que dans une pile la force électio-

Kl -I- Ke

motrice de polarisation e a d'autant moins d'influence sur Tintensité du courant que U

force électro-motrice Ë du couple principal est plus grande. Si, au contraire, £ est égal

à e ou même plus petit que e, l'intensité du courant ne tarde pas à devenir nulle. D'im

autre côté , lors même qu'on a : E < e, jamais le courant ne peut changer de sens, aam

longtemps que le circuit primitif reste fermé; car rinvorsion du courant produirait aiv-

sitôt une polarisation qui aurait pour effet de renforcer le courant primitif. L'action du

contre-courant engendré par la polarisation ne peut donc prévaloir au point de renverser

le sens du courant primitif; elle peut, tout au plus, l'annihiler complètement; mais eDf

ne va pas au delà. Du reste, avec un courant d'une intensité donnée, la polarisatioa

galvanique n'acquiert jamais du premier coup son maximum; elle ne disparaît pas 000

plus instantanément quand on rompt le circuit de la pile et qu'on réunit les électrode*

par un fil coT\jonctif: elle augmente dans le premier cas et diminue dans le second irec

une vitesse décroissante. Des secousses imprimées aux électrodes, la diminution de U

pression hydrostatique à laquelle ils sont soumis , l'élévation de la température , ce i*oDt

là autant de causes qui diminuent l'intensité de la polarisation.

328. Destmction de la polarisation dans les piles à courant constant. — Nou< avons déjà fait remarquer (cf. § 309) que rinconstance de la pile de YolLi H des piles analogues est due au courant secondaire enjjendré par la polarisation des éléments. Dans un couple formé, par exemple, d'une lame de zinc et d'uuf lame de cuivre plongeant dans une solution étendue d'acide sulfurique, àe l'oxygène se porte sur le zinc et de Thydrogène sur le cui\Te; il est vrai qu** Toxygène s'unit au ?inc et donne un oxyde qui avec l'acide sulfurique produit du sulfate de zinc; mais l'hydrogène, par son contact avec le cuivre auquel il adhère, engendre un courant secondaire un peu plus faible, sans doute, que I»* courant qui se produirait entre l'oxygène et l'hydrogène, assez fort toutefois pour affaiblir considérablement le courant primitif. Dans ce cas, la force élei- Iro-motrice résultant de la polarisation est à retrancher de celle de la pile ; IVffet produit est par conséquent le même que si la force électro- motrice do U pile était variable. La force électro- motrice résultante diminue progressivenieiii à partir du moment où on ferme le circuit de la pile, et elle descend jusqu'à uii minimum qui approche parfois de zéro. Cependant cette dernière limite n e*t jamais complètement atteinte, lors même qu'on a e > E ; car, comme nous Pavons vu plus haut, le degré de la polarisation dépend de rinten.<;ité du courant, et (juand ce dernier est fortement affaibli par le développement d'une grande

KKKETS \}K 1,'BLEUTniUITfi DYNAMIQUE. &JS

Toi-ct! électii>-ii]ott'icc secondaire e, la polarisutiuii produite a au^si une \uleur relaUvemeiit minime. Dans une pile composéo de plusieurs! couple», le cuurant r^ultanl s'airaiblit d'autant plus vite <|ue le nombre des éléments est plus grand, car en mi^me temps l'intensité du courant primitif augmente.

Nous avons Indiqué § 300 le moyen employé (kns les piles à courant constant pour détruire la polarité secondaire des éléments, moyen qui consiste à empêcher, par im choix convenable des métaux et des liquides, le dépôt de produits pouvant engencti-er un contre-courant.

32S'. Électrode^ non polarisablBi. — On peut s'opposeï' à la (lolarisalion îles électrodes i{ui conduisent le cuurant à Iravei's un liquide, de la même inanièie qu'on empêche la polaiilé secundairc des élément:] d'une pile. Des électrodes sur lesquels la pularisaUou ne peut se produire sont dits hnpolarisabtes.

Les électrodes de ce genre qu'on emploie le plus fréquemment sont fonnés de lames de zinc amalgamé plongeant dans une solution de sulfate de zinc. On s'en sert surtout dans les expériences électro- physiologiques , soit pour feire passer des courants constants à travers des parties animales, soit pour recueillir les courants cngcnilrés par les tissus musculaires et nerveux. Dans un cas comme dans l'autre, il faut prentlre gai-de que les tissus sur lesquels on expérimente ne soient mis en contact avec un liquide qui pourrait les attaquer.

ttg- ïil. ■ ■ Appireil il élmmlci non pi>l»rl«»hli;H, p»iir L'l'huIi: .Iph eoinnli

Quand l'électrode est destiné à porter le cuui'ant sur un point du corps, du manière à produire une excitation , on lui donne la forme d'un (ulio de verre fermé à sa [jartie inférieure par un bouchon on argile pliisti(|ue , et rempli d'une solution de sulfate de zinc dans laquelle plonge une lame de zinc amalgamé ; à la partie supérieure du tube est soudée latéralement une tige de verre ijui (t'engage dans une monture métallique reliée à un sup|<ort par l'inlermédlain^ d'une articulation dite ijeiwu à coquille, (\m [lermct d'amener l'éleclroile dans

1)K L KLECÏHICITK.

toutes les positions imaginables. La lame de zinc, portée par la monture iiit> talli([ue, est mise en communication avec l'un des pôles d'une pile con^but»'. Quant au bouchon d'argile, on peut lui faire prendre la forme la plus convenable pour l'approprier à celle des parties animales sur lesquelles on rapplique.

Pour recueillir le courant propre des nerfs ou des muscles, on emploie k* dispositif suivant : deux auges en verre V,V (Fig. 351) sont remplies d'une solution de sulfat? de zinc, dans chacune desquelles plongent d'une part um» lame de zinc amalgamé Z, de l'autre un coussinet de papier à fdtrer /) qui se replie au dehors et s'appuie sur le bord de l'auge ; ce coussinet est imbibé luimême de solution de sulfate de zinc. Les lames de zinc sont mises en communication avec les deux fils du galvanomètre G. Le tissu dont on veut étudier les propriétés électriques est placé entre les deux coussinets de papier et complète ainsi le circuit. La Fig. 352 représente la manière dont on dispose un

muscle pour observer un courant propre dirigé en dehors de l'organe de la surface longitudinale à la section transversale naturelle. Dans la fV* 353, la section transversale esl artificielle.

Au lieu de lames de nnc plongeant dans une solution de sulfate de zinc , on a aussi employé comme électrodes non polarisables des lames de cuivre dans du sulfate de cuivre ou des lames de platine dans de l'acide nitrique fumant ; ces derniers surtout sont à Tabri de la polarisation , car l'hydrogène mis en lil»ertê réduit l'acide nitrique à l'état d'acide hyponitrique, tandis que l'oxygène oxyde de nouveau ce dernier composé. L'amalgation du zinc remplit le même nMe dan^ les électrodes impolarisables que dans les piles à courant constant.

Au reste, il n'est pas plus possible d'obtenir des électrodes absolument impolarisables que des piles à courant parfaitement constant ; de faibles déjwts de> produits de décomposition ne sont pas à éviter. L'inconstance d'une pile est due aussi jusqu'à un certain point aux changements qui surviennent dans la concentration et la composition des liquides. Cette cause existe également dans le dispositif de la Fig. 351 , et c'est pour cela qu'en général cet appareil constitue à lui tout seul un électro-moteur, très -faible il est vrai. On peut s'assurer qu'il engendre par lui-même un courant galvanique : si , en effet, ou réunit les deux coussinets de papier par un troisième coussinet trempé dan* une solution de sulfate de zinc, on observe une déviation plus ou moins graïKle de l'aiguille du galvanomètre. La méthode dite de com])ensaiion permet de neutraliser l'effet de cette force électro-motrice constante, qui <ijoute son action à celle du tissu en expérience.

Fig. 352. — Muscle de grenouille à surface unturellc^ dëpoMc sur le» coussinetu do TappAreil h électrodes non polarisables.

Fig. 353. — Muscle de grenouille à section transversale artificielle.

MAGNÉTISMI-:. ti31

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