MIS DES SELS
QUàlTITt
D'un MB i OBAMIB DB BEL
UTNieiS
rUAMWnMJtM
latis
Chlorure de sodium
Chlorure de potassium .... *
Sulfate de soude
Nitrate de soude.
Sulfate de potasse
Nitrate de potasse
325* Kadosfliose élactrivie. — Quand on place entre les deux électrodes une cloison poreuse qui divise en deux le liquide électrdytique, on remarque que la migration des ions s'accompagne d'un transport de tout le liquide a masse ; lorsqu'il n'y a pas de cloison poreuse, le phénomène n'est pas apparent, parce que la pression hydrostatique rétablit constamment l'équilibre. Ce transport des molécules liquides est connu sous le nom d'emfasinafe électrique; il est entièrement indépendant de l'électrolyse, et il se dirige du pôle positif au négatif; en conséquence, la hauteur du liquide augmente du côté de l'électrode négatif. D'après les expériences de M. Wiedemann, la quantité de liquide qui passe dans un temps donne k travers un diaphragme en terre de pipe est directement proportionndle à l'intensité du courant, et, toutes choses égales d'ailleurs, elle est ind^peadan te de la surface ainsi que de l'épaisseur de la cloison. Du reste, cf mouvement de totalité de l'électrolyte est sans aucune influence sur la migration des ions.
La cloison poi'euse, sans laquelle le transport du liquide en masse ne peat pas quand le courant est faible, n'est plus nécessaire avec un courant très intense. M. Quinckêi trouvé que, dans ce dernier cas, la plupart des liquides sont entraînés dans le sens qm Fos attribue au courant électrique. En introduisant, par exemple, rélectroljie dans vu tsbf recourbé en U, on voit le liquide monter dans la branche où plonge rélectrode Mgalif el baisser dans celle où se trouve Télectrode positif. Ici encore, comme dans 1* électrique, la hauteur à laquelle s'élève le liquide est proportionnelle à rintansité dn Si on prend de Teau renfermant un sel bon conducteur, tel que du chlorure de sodium, 1* sion du liquide est moins considérable. Quand le liquide renferme en suspensioa des pertH cules très fines d*uDe substance solide, M. Jurgensen a observé que ces perticiilss «il entraînées dans une direction opposée k celle de l'eau, c'est-à-dire en sens inverse àm ooi* rant électrique; mais, d'après M. Quincke, sice dernier estfeible.les corpuscoles solite « meuvent aussi du pôle positif vers le pôle négatif. Ce fait s'explique si Ton considère qet k mouvement des particules solides est déterminé en partie par celui du liquide: la pit du liquide est plus rapide dans la couche attenante à la paroi du tube, tandis que couches centrales il y a tendance à un mouvement rétrograde; en cooséquflDoe,
EFFETS DE L*ÉLECTRiaTÉ DYNAMIQUE 715
•olides situés près de la paroi sont entraînés par le liquide dans un sens opposé à celui de leur mouvement propre, tandis qu*au centre les deux mouvements se font dans le roêma •ens.
Un phénomène physiologique qui a sans doute quelque rapport avec ces effets mécaniques du courant galvanique est le suivant : j*ai constaté que les muscles éprouvent un raccourcissement durable quand on les soumet à l'action d'un courant constant. Pendant le passage du courant, on voit, en même temps, comme Ta fait remarquer M. Kiihne, un mouvement continuel d'ondulation qui marche vers le pôle négatif, et sur ce dernier il se produit un« dépression déjà observée antérieurement par M. Schiff. Le mouvement ondulatoire peut être rattaché à Tccoulement du liquide contenu dans les muscles, et la dépression au rapproche^ ment des parties solides de la ûbre musculaire,
326. Théorie do Téloclrolyso. — Les phénomènes d'électrolyse n*ont pas encore pu être réunis dans une théorie qui embrassât tous les cas. Grollhus, le premier, a posé les bases de la théorie actuellement en honneur. Il a supposé que les éléments constitutifs de tout composé binaire, ou se comportant comme tel, renferment, à l'état de liberté, des quantités égales d'électricité de nom contraire. Pendant l'acte de la combinaison, les deux fluides se séparent, de sorte que l'un des éléments, l'hydrogène, par exemple, soit chargé d'électricité positive, et l'autre, l'oxygène, d'électricité négative. Dans les circonstances ordinaires, les molécules d*eau qui résultent de cette combinaison sont orientées suivant toutes les directions, de sorte qu'il ne ise manifeste point d'électricité libre. Mais si Ton vient à plonger dans l'eau deux électrodes, et qu'on fasse passer le courant, les molécules commencent par s'orienter toutes de la même manière : les atomes d'oxygène se tournent du côté du pôle positif, et les atomes d'hydrogène du côté du pôle négatif, comme le montre la figure 418, où l'on voit une file de molécules d'eau HiOi, HtO„ H3O3.,., ayant toutes leur atome d'oxygène, figuré par un cercle blanc, tourné vers l'électrode positif P, et leurs deux ato- f1^* ^^ ^ ^^«< ^ mes d'hydrogène, représentés par h \/\ / \ /\ / \ ^ deux points noirs, tournés vers p+ ôJ Ù8 CC 08 l'électrode négatif N. Dans l'in- "^ ^'* •«''« •«»* •4'^
liant suivant, l'hydrogène H* de la k,o. as, - Théorie de réiectroijte de re.u. première molécule se porte sur l'électrode négatif qui l'attire, tandis que l'oxygène d s'unit aussitôt à l'hydrogène Hf de la molécule suivante, laquelle abandonne son oxygène 3b à l'hydrogène H3 de la troisième molécule, et ainsi de suite; l'oxygène 3» de la dernière molécule devenu libre se rend au pôle positif. Puis les nolécules restantes s'orientent de nouveau comme la première fois, et la neme série de phénomènes se reproduit indéfiniment, Les éléments électro- M>siti(s, c'est-à-dire les atomes d'hydrogène, cheminent donc du pôle posiif au négatif, par étapes successives, en passant d'une molécule à l'autre; es atomes d'oxygène se transportent en sens inverse par un mécanisme lemblable. En somme, l'électrolyse consiste dans une série de décompositions et de recompositions successives, et non dans un transport direct des iléments d'un pôle à l'autre.
Nous pouvons ramener la constitution de tous les électroly tes à celle du jrpe eau. En effet, ils présentent les trois formes suivantes :
!• comme l'eau, ils résultent de la combinaison d'un élément positif avec
716 DK L ELECTRICITE
un élément négatif; tel est le cas de la potasse K' 0, du chlomre de sodian
Na Cl, etc.; 2* un élément négatif peut être uni à un radical composé faisant fonctiou
d'élément positif; par exemple, le chlorure de sodium (NH* CL); 3*" enân^ l'élément positif étant simple, le négatif est un radical composé:
ainsi, le sulfate de soude Na* (SO^), le nitrate de soude Na (NO*). A cette
dernière classe appartiennent, en géuéraly tous les sels oxygénés. La figura
fl^ ^ ^ . ^ m-m sr\ ^^^ représente 1 electrolyse d un sel
r -'.o^ ' .^^ ;'{^^ ' r^*l ternaire : le métal o représenté pir
If *^-\ 1^.* i*\j K'v un carré noir se dépose sur l'électrode
!*"• Ag Jlifi^ A§ y^ J négatif, tandis que Tacide, sous forme
Fîg. 4ir. - Théori. de lélectrolx- d'on n^, ^^ 1''^^''^^^ """^^ ^^ «^ loxygèlie T ii
la base ligure par un petit ccitk blanc, se rendent au pôle positif.
Berzelius a étendu l'hypothèse de Grotthus à toutes les réactions diimiques. Il a admis que, dans toute combinaison de deux atomes hétérogêDes, il se produit une décomposition du fluide neutre semblable à œlla quii lieu au contact de deux métaux hétérogènes. La combinaison chimique des atomes serait alors un effet de l'attraction mutuelle des électricités de nom contraire. Suivant Berzelius, Tordre des corps simples rangés d'apnb l'intensité de leurs affinités chimiques serait identique à celui de Iran tensions électriques. Mais la liste dressée par le chimiste suédob «t en certains points, très hypothétique, car il y a des corps très ToisinsToB de l'autre dans la série des tensions qu'on ne parvient pas à comfaiwr ensemble.
Si la théorie de Grotthus donne, en général, une idée nette des déooapositions électrolytiques, elle est loin de suffire pour expliquer en dêCiil tous les phénomènes qui s'y rattachent; cette remarque s'applique uotammest à l'inégalité de migration des ions et à l'endosmose électrique. Pour se rendif compte du premier de ces phénomènes, M. Hittorf suppose que le moaTSflMit des ions de nom a>ntraire s'effectue arec une vitesse différente : tandis pt dans l'électrolyse du sulfate de cuivre, par exemple, le métal s*aTnnoe ta le pâle négatif d*une longueur égale au 1^3 de la distance qui le sépare dêb molécule suivante, l'élément électro-négatif (SCP+0) parcourrait en seu opposé un chemin représenté par 2, 3 de la distance moléculaire pour « rendre au pôle positif : en général, les vitesses de progression des deux et
1 II — 1
ments seraient dans le rapp<irt de — à .
Enfin, M. Wiedemann a essavé d'édifier une théorie de rtiectrolne. » s'appuyant sur le principe de la conservation de la force. Il p^rt de CfIS' donnée que la majeure partie du travail accompli par le courant dans ^âe^ trolyte n'apparait point à l'extérieur, le travail consommé étant en pvà partie régénéré à nouveau. Ainsi, dans l'électrolyse du sulfate de enivre if moyen d'électrodes en cuivre, le travail dépensé pour précipiter le métal Jf
EFFETS DE L*&BCTHICITÉ DYNAMIQUE 7lT
la solution sur l'électrode négatif est compensé par le travail que développe au pôle positif la dissolution d*une égale quantité de cuivre. £q outre, la séparation des éléments dans chaque molécule de la solution consomme un certain travail ; mais la recomposition de ces éléments avec ceux des molécules voisines rend libre la même quantité de travail. Gomme travail extérieur accompli, il ne reste donc que : 1^ le transport d'une certaine quantité de métal sur l'électrode négatif; 2^ le transport sur Télectrode positif d'une certaine quantité de sel, ce qui augmente la concentration de la liqueur dans cette partie de l'électrolyte ; 3"* dans le cas où le liquide est divisé en deux portions par une cloison poreuse, la translation en masse du côté de Télectrode négatif d'une certaine quantité de solution non décomposée; 4* enfin, il disparait une grande quantité de travail qui est absorbé par le frottement mutuel des molécules que le courant met en mouvement; le travail ainsi perdu reparait sous forme de chaleur, et comme, d'après ce qui a été dit plus haut, la chaleur développée par un courant est proportionnelle à la résistance des conducteurs, nous devons en conclure que les obstacles qui s*opposent au mouvement imprimé par le courant sont directement proportionnels k cette même résistance. Cela nous explique la relation qui existe entre la transmission de l'électricité et la décomposition chimique, ainsi que les effets mécaniques qu'on observe dans rélectrolyte.
Noos n*avoQs pas besoin de faire remarquer que les considérations précédentes ne 8au« raient, en aucune façon, prétendre k constituer une théorie rigoureuse; eUes avaient surtout pour but de jeter plus de clarté sur les phénomènes électroljtiques. Récemment M. Clausius MBOuleré des objections sérieuses contre la base même de la théorie de Grotthus. Pour que les éléments d*un composé se séparent, il faut employer une certaine force ; aussi longtemps que le courant ne Ta pas acquise dans Télectrolyte, il ne peut pas y sur? enir de décomposition chimique, et, par contre, une fois la limite franchie, la décomposition devrait atteindre un grand nombre de molécules k la fois, car elles se trouvent toutes placées sous Tinfluence de kl même force. Or, c*est ce qui n'arrive pas: le plus faible courant, on Ta vu, détermine une décomposition qui croît avec Tintensité du courant. M. Clausios écarte la difficulté en iavoquant ■a théorie de i*état liquide (cf. § ^4^) ; il admet, en général, que les atomes constituants d*uo6 molécule matérielle ne sont pas réunis les uns aux autres d*une manière fixe et invariable, mais qu'ils exécutent des vibrations dans toutes les directions; dans les liquides, les trajectoires décrites par les atomes seraient assez grandes pour qu'un élément positif pût ladlement pénétrer dans la sphère d*uctivité de l'élément négatif d'une autre molécule, et 9ice tersa. Un élément devenu libre de £ette manière chemine dans l'intérieur du liquide jusqu^a ce qu'il reucontre un élément de nom contraire avec lequel il se combine. Si un courant traverse l'électrolyte, il tend k pousser tous les éléments positifs vers le pôle négatif, et tous les cléments négatifs vers le pôle positif; les premiers se rendront donc en plus grand nombre sur Télectrode négatif, et les seconds sui* l'électrode positif. Jusqu'ici cette hypothèse n'a pas encore été appliquée à l'explication détaillée des phénomènes électroly tiques.
[326^. GAlfaao-catttiqis chlaiq«e. — Taudis que^ la galvano-caustique thermique utilise les eflfets calorifiques du courant de la pile pour porter à Tiucandescence des cautères métalliques destinés à détruire les tissus par ustion (cf. § 322'), c'est aux effets chimiques que Idigalvano-cai^tique chimique emprunte ses moyens de cautérisation. Nous avons vu, § 324% qu'en faisant passer un courant galvanique à travers une substance animale, vivante ou morte, on opère la décomposition des sels minéraux renfermés dans les parties placées sur le trajet de Télectricité ; les acides se rendent à l'électrode
718 DE L'hâscrmcirà
positif et les alcalis à l'électrode négatif. Or, les él^ents ainsi séparés rougissent^ sur les parties avec lesquelles ils se trouvent en contact. Si les électrodes sont inaltérables, c'est sur les tissus que se porte l'action des acides et des alcalis, et il en résulte une cautérisation semblable à celle que produisent les caustiques potentiels : au pôle positif on obtient un eschare dure et rétractile, comme celle que déterminent, en général, les acides ; au pAle négatif, l'eschare due à la présence des alcalis, est molle et non rètractik. Il est bien entendu que la cautérisation se limite aux parties directement ei contact avec les électrodes.
La galvano-caustique chimique exige l'emploi d'une pile à forte tenaioi, caries tissus organiques qui sont interposés dans le circuit offrent unegrasde résistance au passage du courant ; il s'ensuit qu'il faut augmenter la rêsbtance intérieure en associant les couples en série. On doit d'ailleurs choisir des éléments à petite surface, pour éviter autant que possible les effets calorifiques. Les piles de Gaiffe, de Ruhmkorff, de Pincus, décrites préoédeoment (voy. § 309^, 309'', 309') sont très propres à cet usage.
La forme à donner aux électrodes est nécessairement subordonnée à h disposition des parties qu'on veut cautériser. En général, on se sert d'aiguilles métalliques que l'on implante dans les tissus à une certaine distaaœ Tune de l'autre.
Si Ton veut obtenir des effets de cautérisation aux deux électrodes, il faut les choisir en métal inattaquable par les produits de décompositioo ; l'électrode positif devra donc être en platine ou en acier doré ; pour l'électrode négatif, on pourra prendre du cuivre ou de l'acier, car ces métaui m sont pas attaqués par les alcalis. Quand un seul des électrodes est deatiaé à agir, on applique l'autre à la surface du corps ; c'est de cette manière qn'oi procède lorsqu'il s'agit de cautériser des rétrécissements de l'urètre.
C'est à M. Cisinelli, de Crémone, en 1860, que reyient l'honneur d'aroir érigé la galvano- caustique chimique en méthode bien définie, d'en aroir compris le mode d'action et la portée.
On a aussi utilisé l'action coagulante de l'électrode positif sur le sauf pour la cure des anévrismes ; ce mode d'application de la méthode électrolytique constitue ce qu'on appelle la galvano-puncture.]
[BibUographis : Cisinelli, DelV azione chimica delV ellectrico sùpra i teêtuii
viventi e délie sue applioasioni aUa terapeutica; Crémone, 1862. A. Tripier, La galvano-caustique chimique {An7iale$ de VélectrothérapUf janTicr ISO;
Arch, gén. de médecine, }&BYÏer 186Ô).
ScouTBTTBN, De la méthode électrolytique dans ses applications aux opérations cbiraficai^f-
{Bua, de VAcad. de médecine, 11 juillet 1865, t. XXX, p. 969). Ch. Sarazin, arU Cautère (Nauv, Dict, de méd» et de ehir. prat^ i867« t. VI, p. 562). Mallbz et Tripier, De la guérison durable des rétrécissements de Vurètre par Im getBê0^
caustique chimique^ 1» édition.' Paris, 1867; 2«édit., Paris, 1870.] Bbard, Traitement des tumeurs érectiles par l'électrolyse, m Nevô-Yùrh fnetf. Kee , t8<& fiAUrooR, Discussion sur le traitement des anévrismes, in Brit. méd Journ,^ 18791
Consultez, en outre, les bibliographies des pages 700 et 707.
327. Polàrisatloli galTsiiiqiid. Résistance an passage. — Les réactions chimiqiift que produit le passage du courant galvanique dans un conducteur liqvi^ modifient la composition de ce dernier; il peut en résulter unaffaihlk^ ment d'intensité du coxitaul, ^o\\. ^^^tc^ ^^ la résistance du liquide
EFFETS DE L'BLECTRiCrrJS- DVNAlf IQUB 71.9
mante, soit parce q[ueles produits de décomposition donnent naissance à un courant secondaire marchant en sens contraire du courant principal. Le plus souvent c'est la dernière de ces causes, désignée assez improprement sous le nom de polarisation galvanique^ qui rend inconstants les courants dirigés à travers les liquides. La résistance n'augmente que lorsque les électrodes se recouvrent, à la suite de Télectrolyse, d'un dépôt mauvais conducteur, comme, par exemple, une couche d'oxyde.
Les produits de décomposition gazeux constituent la source la plus fréquente de la polarisation galvanique; tel est le cas qui se présente dans rélectrolyse de l'eau ou des solutions aqueuses : l'oxygène devenu libre à l'électrode positif et Thydrogène qui se dégage sur l'électrode négatif forment un couple gazeux d'où résulte un courant marchant en sens inverse du courant primitif , c'est-k-dire allant de l'hydrogène à l'oxygène à travers le liquide. Comme la force électro-motrice qui produit ce courant secondaire est due au contact des gaz avec les électrodes métalliques, sa grandeur dépend aussi de la nature des métaux employés ; elle est, par exemple, bien plus considérable avec des électrodes en platine qu'avec des électrodes en cuivre. Tous les électrolytes qui donnent naissance à des ions gazeux se' comportent comme l'eau: ainsi en est-il de l'acide nitrique, de l'acide chlorhydrique, etc. Dans l'électrolyse des sels alcalins, où l'acide se rend au pôle positif et l'alcali au pôle négatif, le contact des électrodes métalliques avec des liquides hétérogènes engendre de son côté des courants secondaires qui renforcent notablement celui que développe le couple gazeux.
On démontre l'existence des courants de polarisation, en interrompant au bout d'un certain temps le courant primitif, et en mettant alors en commu-' nication avec un galvanomètre les électrodes qui plongent dans l'électrolyte : on observe dans ces conditions une déviation de l'aiguille aimantée, plus ou> moins grande, selon l'intensité du courant secondaire; mais ce derniers'affaiblit très rapidement et ne tarde pas à s'arrêter. C'est qu'en effet le courant de polarisation décompose à son tour l'électrolyte, et conun'e il marche en sens contraire du courant primitif, il transporte l'oxygène sur Télectrode où se trouve l'hydrogène et réciproquement; les deux gaz en présence se recombinent pour former de l'eau, et peu à peu les électrodes se dépouillent de la couche gazeuze qui donnait naissance au courant secondaire. De là un moyen fort simple de détruire la polarisation dès électrodes : il suffit de supprimer le courant primitif et de fermer le circuit en réunissant les électrodes par un fil conjonctif .
On aUribuait autrefois à co qu*on appelle la résistance au passage raffaihllMement ' qa*éproave le courant quand un conducteur liquide est introduit dans le circuit, car on supposait que le courant éprouvait une résistance k son entrée dans le liquide et à sa sortie** S*il eu était ainsi, l'intensité du courant dans un circuit qui renferme un électroljte serait donnée dans tous les cas par Téquation :
Ri 4- R. -4- r '
Ri représentant la résistance intérieure Rtf, la résistance extérieure, et r la rénstanee au passage.
AdmetH»i,au contraire, comme nous Tavons fait plus haut, que, dans la miO<>n^ dés cas,*
72tf te L*éLECTRIGITB
raflkiblissemént du oourant est dû à rinterrention d^une force éleekro-moirioe agiwuki et 8608 coatraire, alors rûatenaité du courant résultant sera exprimée par Téquation:
Ri H- Ht
dans laquelle e désigne la force électro-motrice due à la pdarisation. Dans cette dernière hypothèse, la polarisation serait indépendante de Tintensité du courant et de rêteodae de b surface des électrodes; d'après les expériences de MM. Beetz et Poggendorff, cette ki n'eit suffisamment exacte que pour les courants très forts ; quand les courant sont faibles, la polirisation n'est pas constante; elle augmente jusqu'à un certain maximum arec llntenaité dei courants et par suite aussi avec la grandeur des électrodes. C'est seulement à partir di moment où ce maximum est atteint que l'équation
Ri 4- Ra '
peut s'appliquer en toute rigueur, et qu'elle permet par l'emploi des méthodes is- (liquées préc^emment, de déterminer la valeur de la force électro-motrice « due à la polatisation. On a trouvé que la force électro-motrice développée par des électrodes de plate plongeant dans l'eau varie entre 1,8 et 2,8, si on la rapporte à celle d'un couple de DeaicO prise pour unité. 11 suit de là qu'on ne peut décomposer l'eau dans un Toltamètrs qa'co employant au moins trois couples de Daniell ou deux de Qrove.
La formule 1 =:
Ri -h R«
montre immédiatement que, dans une pile, la force électro-motrice de polarisation e a d*aaM moins d'influence sur l'intensité du courant que la force électro-motrice E du couple prinàpd est plus grande. Si, au contraire, E est égal à e, l'intensité du courant ne tarde pas à deTeoir nulle. D'un autre côté, jamais le courant ne peut changer de sens, aussi longtemps que \t circuit primitif reste fermé; car Tinversion du courant produirait aussitôt une polarisatioD qui aurait pour effet de renforcer le courant primitifl L'action du oontre-cownant engendré par la polarisation ne peut donc prévaloir au point de renverser le «eus du courant priaitiii elle peut, tout au plus, l'annihiler complètement; mais elle ne va pas au delà. Du reste, avec un courant d'une intensité donnée, la polarisation galvanique n'acquiert jamais da premier coup son maximum; elle ne disparaît pas non plus instantanément quand on roii:pt le circuit de la pile et qu'on réunit les électrodes par un fil conjonctif : elle augmente daii le premier cas et diminue dans le second avec une vitesse décroissante. Des aecoosses imprimées aux électrodes, la diminution de la pression hydrostatique à laquelle ils sont sousi. l'élévation de la température, ce sont là autant de causes qui diminuent Tinlensité de li polarisation.
328. Destruction de la peUriMtâoa dtat les ^es à cetraat eeattuL — Nous «tod^ déjà fait remarquer (cf. § 309) que riaconstunce de la pile de Yolta et des piles analogues est due au courant secondaire engendré par la polarisati'Zi des éléments. Dans un couple formé, par exemple, d'une lame de zinc et d'une lame de cuivre plongeant dans une solution étendue d'acide sulfurique, de l'oxygène se porte sur le zinc et de Thydrogène sur le cuivre ; ù est vrai que Toxygène s'unit au zinc et donne un oxyde qui avec Tacide sulfurique produit du sulfate de zinc ; mais l'hydrogène, par son contact am le cuivre auquel il adhère, engendre un courant secondaire an peu ptif faible, sans doute, que le courant qui se produirait entre roxygèneetrbrdnv gène, assez fort toutefois pour affaiblir considérablement le courant primitif- Dans ce cas, la force électro-motrice résultant de la polarisation est 1 r^ trancher de celle de la pile ; l'effet produit est par conséquent le même que ai la force électro-motrice de la pile était variable et diminuait progressif ^
BPFETS DE L'éLECntlClTJ DTNAMIQUK 721
ment à partir du moment où l'on ferme le circuit de la pile, jtisqa'h atteindre un minimam qui approche parfois de zéro. Cependant cette dernière limite n'est jamais complètement atteinte ; car, aini^î que nous l'avons tu plus haut, le degré de la polarisation dépend de l'intensité du courant, et quand ce dernier est fortement affaibli par le développement d'une grande force èlec- Ipo-motrice secondaire e, la polarisation produite a aussi une valeur relativement minime. Dans une pile composée de plusieurs couples, le courant résultant s'affaiblit d'autant plus vite que le nombre des éléments est plus grand, car en même temps l'intensité du courant primitif et par suite la polariaation des électrodes augmentent.
Nous avons indiqué, § 309, le moyen employé dans les piles b courant constant pour détruire la polarité secondaire des éléments, moyen qui consiste à empêcher, par un choix convenable des métaux et des liquides, le dépôt deproduits pouvant engendrer un contre-courant.
3U*. tleetrodu un poUrlublM. — On peut s'opposer à la polarisation des électrodes qui conduisent le courant à travers un liquide, de la même manière qu'on empêche la polarité secondaire des éléments d'une pile. Des électrodes sur lesquels la polarisation ne peut se produire sont dits impolarisables.
Les électrodes de ce genre qu'on emploie le plus fréquemment sont formés de lames de zinc amalgamé plongeant dans une solution de sulfate de zinc. On s'en sert surtout dans les expériences électro-physiologiques, soit pour faire passer des courants constants à travers des parties animales, soit pour
recoeillir les courants engendrés par les tissus musculaires et nerreuz. Dana un cas comme dans l'autre, il faut prendre garde que les tissus sur lesquels on expérimente ne soif^nt mis en contact avec un liquide qui pourrait les attaquer.
Quand l'électrole est destiné à porter le courant sur un point du corps, de manière à produire une excitation, on lui donne la forme d'un tube de Terre fermé à sa partie inférieure par un bouchon en argile plastique, et
Wo.iiiT>U'>»]Tiit, rbft-mtJ. 1' Mit. «
722* DE L'ÉLECTRICIté
rempli d'une solùtioti de sulfate de zinc dans laquelle plonge une lame de zinc amalgamé ; à la partie supérieure du tube est soudée latéralement une tige de Terre qui 6*eogage dans une monture métallique reliée à un support parVintermédiaire d*une articulation dite genou à coquille^laqxxdle permet d'amener Télectrode dans toutes les positions imaginables. La lame de ziDC, portée par la monture métallique, est mise en communication avec Tun des pôles d'une pile constante. Quant au bouchon d*argile, on peut lui faire prendre la forme la plus convenable pour l'approprier à celle des parties animales sur lesquelles on l'applique.
Pour recueillir le courant propre des nerfs ou des muscles, on emploie le dispositif suivant : deux auges en verre V, V (flg. 420) sont remplia d'une solution de sulfate de zinc, dans chacune desquelles plongent, d'une part une lame de zinc amalgamé Z, de l'autre un coussinet de papier k filtrer p qui se replie au dehors, et s'appuie sur le bord de l'auge ; ce coussinet est imbibé lui-même delà solution que contiennent les auges. Les lames dezioc sont mises en communication avec les deux fils du galvanomètre G. Le tissa
dont on veut étudier les propriétés électriques est placé entre les deux coussinets de papier et complète ainsi le circuit. La figure 421 re-
Pio. 421. — Mu»cl« de grc- Fio. 422. — Muscle de gre- présCUtC la manière doot Ofi
nooOIe à surface natarelle, nouille à section transver- r<icrk/\c/* un ««««-.c^Ia .«mi»
déposa sur les coussinete de «de artificielle. dlSpOSe UU mUSCle pOUT
rappareil à électrodes non obscrver UU COUraut prODIt
polarisables. j* • i j i j it
"^ dirigé, en dehors de 1»-
gane, delà surface longitudinale à la section transversale naturelle. Duis la figure 422, la section transversale est artificielle.
Au lieu de lames de zinc plongeant dans une solution de sulfate de zinc, on a aussi employé comme électrodes non polarisables des lames de cuivre dans du sulfate de cuivre ou des lames de platine dans de l'acide nitrique fumant; ces dernières surtout sont à l'abri de la polarisation, car l'hydrogène mis en liberté réduit l'acide nitrique à l'état d'acide hyponitrique, tandis queFoiTgène oxyde de nouveau ce dernier composé. L'amalgamation du zinc rem^ le même rôle dans les électrodes impolarisables que dans les piles k courtot constant.
Au reste, il n'est pas plus possible d'obtenir des électrodes absolomeot impolarisables que des piles k courant parfaitement constant; de feiMei dépôts des produits de décomposition ne sont pas à éviter. L'inconstanoe d'une pile est due aussi, jusqu'à un certain point, aux changements qui surviennent dans la concentration et la composition des liquides. CÀf cause existe également dans le dispositif de la figure 420, et c'est pour oeil, qu'en général, cet appareil constitue à lui tout seul un électro-moteur, W faible il est vrai. On peut s'assurer qu'il engendre par lui-même un coorut galvanique : si, en efiet, on réunit les deux coussinets de papier par u troisième coussinet trempé dans une solution de sulfate de zinc, on(* serve une déviation plus ou moins grande de l'aiguille du galvanomètit La méthode dite de compensation permet de neutraliser l'effet de cette fcr» électro-motrice constante qui ajoute son action à celle du tissu en expémaoe.