Aicaulon Via. Tl. — Dipm*i«B ■e opilUIrr. mba cipUliin
ACTIONS MOLÉCULAIRES DES LtQUIDES 145
Igtires 71 et 72 montrent l'iuâuence de la tension superficielle sur Te des liquides daiiii; les tubes capillaires. On y voit deux systèmes i commujiiquauts, formés par la réunion d'un tube h large section
avec un tube capillaire B ou B'. Dans les tubes larges A et A', veau du liquide est en majeure partie horizontal, nous pouTOns l'infiuence de la courbui-e de la surface; il n'en est pas de même tubes capillaires B et B', où la surface liquide est courbe dans sa concave en B, convexe en B'.
le tube capillaire B (fig. 71) la pression hydrostatique est'moindre ( le tube lai^e A, pour une même de colonne de liquide, puisque )Osante normale de la tension lelle y agit en sens contraire santeur; par conséquent, pour ait équilibre, il faut que le ni-
liquide soit plus élevé en B . La différence des niveaux doit en sens inverse dans le système g. 73), où la tension superficielle on action à celle de la pesan- "^ eau renfermée dans un système
de verre représente le cas de 7i ; en remplaçant l'eau par du mercure, on réalise les conditions ure72.
enston ou la dépression des liquides dans les tubes capillaires est
la loi de Jurin, qu'on peut énoncer de la manière suivante ;] i même liquide etpour des tubes formés de la même substance, •ence de hauteur des niveaux du liquide dans le tube capillaire térieur est en raison inverse du diamètre du tube, [tant que ce
ne dépasse pas 2 millimètres].
lerre des pbé[iomènes du même genre, quand un liquide se trouve ' entre deux parois planes très rapprochées l'une de l'autre : si te touille la substance des parois, il s'élève dans leur intervalle jus- ! certaine hauteur; dans le cas contraire, il s'abaissa au-dessous u extérieur,
des parois planes, la hauteur du liquide est aussi en raison de la distance gui sépare les parois au point considéré; le n'est, toutes choses égales d'ailleurs, que la moitié de la qui se produit dans un tube de diamètre égal à l'intervalle ■v en question. En conséquence, si les parois planes sont i, la lame liquide a partout le même niveau, tandis que, si le des parois est légèrement angulaire, les différences de hauteur îsulteiit donnent au niveau du liquide la forme d'une hyperbole
[)orte de remarquer que, si le liquide mouille les parois entro 1 il se trouve renfermé, la hauteur de l'ascension est indè de l'intensité de l'adhésion et, par conséquent, de la nature des
>ll«MyH, fliri. Utd., z- é.
l'iO D£ LA PESANT£UR
[[73^ ApplicattOQ de la capillarité aa remplissage des tubes à Taccin. — On conserve le vaccin dans des tubes capillaires étirés en pointes aux rleux bouts. Pour les remplir, il suffit d'introduire Tune des pointes dans la pustule vaccinale. Taulro puinte étant aussi ouverte: le liquide pénétrera de lui-nu*mê dans le réservoir de verre et le remplira d'autant plus vite et plus aisément que rinclinaison du tul>e sera plus voisine de rhorizontale.|
|73'. Iniiaeiice perturbatrice delà capillarité sur l'équilibre des aréonétres. — Oo a vu que, dans le voisinage des solides, l'action combinée de l'adhésion et de la cohésion modifie les conditions d'équilibre des molécules liquides, et qu'elle a pour effet de les élever ou de les abaisser par rapport an nivoau général de la masse. Or, en vertu de l'égalité de l'action et de la réaction, le liquide réagit avec une force égale et contraire à celle que le corps plongé exerce sur lui; dès lors, le solide, supposé libre, s'enfouce plus ou moins qu'il ne Taurait fait, si les phénomènes d'ascension ou d'abaissement ne s'étaient pas produits.
Celte remarque a conduit M. Duclaux à une appréciation plus rigoareuse des conditions d'exactitude des aréomètres. La tension superficielle intervenant, en même temps que la densité, pour déterminer le point d'affleurement d'un aréomètre, il s'ensuit que lorsqu'on plonge un de ces instruments dans deux liquides différents, le rapport des volumes immergés n'est égal au rap|)ort inverse des densités qu'au cas où les tensions superficielles des deux liquides sont les mêmes, ce qui n'a pas lieu généralement; de là une cause d'erreur qui entache d'inexactitude la plupart des mesures aréométriques, et qui peut aller jusqu'à affecter le chiffre des centièmes. Les seuls aréomètres h in<lications exactes sont ceux dont la graduation n'est relative qu'à un seul et même liquide : tel est le cas de ralcoomèlrc tle Gav Lussac et du densimètre de Rousseau.
La tension superficielle tl'un liqui'le varie de quantités notables pour des caust^squi n'exiTcen* aucune infltieiice sur la densité. Il suffit, par exemple, de tenir un flacv»ii d'éther débouché au dessus de la surface de l'eau, ou d'y laissi-r tomlKT une rachnv impeiveptible de savon, pour qu'uii aréomètre pb>nge da:.s o* liquide so ndève imiéiliatement de plusieurs millimètres. Ou coii<; it dés L»r> «le ([u«dles précautioîis minutieuses on doit s'entourer, quand on se srrt îles arêomètiv>, si on tient à (obtenir des résultats tant soit peu précis.
73*.Coiipte-goitt»s. — Onan-l un liqui«le s'écoule par une ouverture suffisamment étroite, rêc«»uleme!:t a lieu goutte à goutte; chaque gouttelette |>eut étiv a'^<imiKN' â u:ie jvtit»» cellule d.Mit la membrane* d'enreb^^pi^e est l'>rnuvpar la o«»uciie ctMitractil»*. A rii.stai.t où la goutte se détache, 5on [nùds t*si iu<t»' suffisant pMur r««nipn» la couche superficielle au niveau de roririce d'^v «ulement; >i le hquiie mouille le tube, la couche contractile adheiv au c 'iai»ur extérieur dt» l'oririce de <ortie et, par conséquent, le cen.'le de rupture t>t jdu^ Ijr^'e i{Ut^ da:i^ 1»- c:i^ oùbtub** n'est pas mouillé. iKnio. iv»utr< cil * -^ liiales ^î"a:I!'-.ir^, la jn^^^ur de> gouttes ne dèjiend que du e 'U^'i:: , ^ '.! * \t-r:e'.ir. <• :î i: t» :'i' ir, !•■ r.^uvertur* par laquelle se
lail riH-^uleîueiil,
IK h, r.i:i|d.'î i. -o-»:!'j-t. ^'..uît-v ,.■ ::>M.r!:.» , ùuxde la fipun^ 73 S« coîupo^.: t ûu:. ilawi. ci. In. a:.: !' liqi;. I* ; ;a:> ce fiacon plonge uu luh
ACTIONS MOLECULAIRES DES LIQDIDES
- Compte- goal tel d'A!
[Blâ en pointe k l'extrémitâ supérieure ou inférieure ; la partie moyenne I tube traverse un manchon en caoutchouc B fixé au col du flacon et mmuniquant avec l'intérieur de ce réservoir. Si I'oti comprime entre les igts le manchoD de caoutcliouc, la pression de l'air intérieur augmente, liquide monte dans le tube et s'écoule par gouttes de l'appareil n" 2, tandis 'il remplit l'entonnoir qui surmonte le tube (iu compte-gouttes n" 1 ; dans dernier cas, on ferme avec le igt l'ouverture supérieure de ntoDDoir et, en retirant le tube flacon, on peut s'en servir mme d'une pipette.
Si on opère successivement, Fc un même compte-goutteî; , r UQ même volume de divers [uides, le poids des gouttes tenues et , par suite, leur aibre varie avec la tension perficielle, c'est-k-dire avec composition du liquide.
. Duclaux a déduit de là unt> Bthode, aussi simple que seub)e, pour faire l'analyse quanative d'un mélange d'alcool et d'eau, La sensibilité de ce mode de dosage irie en sens inverse de la teneur en alcool, contrairement à ce qui a lieu « l'alcoomètre de Gay-I-ussac ; un autre avantage de cette méthode résul- PSit, suivant le dire de l'auteur, de ce que, la tension superficielle d'un n n'étant pas influencée par les matières solides tenues en dissolution, le Mge de l'alcool peut être effectué directement, sans distillation préalable.]) M. DliMlitlM. CMfldnt de wdibUlU. — Nous avons expliqué les phénoèoe» di- capillarité, en nous basant sur le rapport qui existe entre la ihésion des liquides et leur adhésion aux corps solides, dril peut arriver u l'attraction exercée par le liquide sur le solide soit assez énergique <Qr vâiiicre la cohésion du solide lui-nième,' lorsque ce cas se présente, corps solide se dissout, c'est-à-dire que ses molécules se séparent les II» des autres et se mêlent aux molécules liquides pour former un tout mngérie qui se préseute ii l'état liquide. [En uii mot, le solide change étal; le changement d'état qui s'accomplit dans ces conditions porte le MDile (lissolutiott, et la masse liquide qui en résulte est ce qu'on appelle, » [tliysique, une solution ou, eu pharmacie, un soluté.\%lie langage lurmaceutique a aussi coneen'é le nom de menstftte, comme synonyme idistolcant, pourdésigner le liquiile dans lequel s'opère la dissolution.]! Ouaiid une substance solide se dissout, il arrive, en général, un moment I l'équilibre s'établit entre les molécules du corps soluble et celles du tejvant et où ce dernier refuse de dissoudre d*- nouvelles quantités (\t» iliére; on dit alors que le liquide est salure, et le rapport entre la quané maximum de substance dissoute et la quantité <le menstrue sert (\e Mure k ce qu'on appelle la capacité de saturation du liquide (ou \^ e//îcwn^ rfe «0/w6i7i7c du soUde par rapport ai li'i'»»'^'" c''"S"'e™\- "L-a
capacité de saturation varie avec la nature du dissolvant et avec celle de la substance dissoute : [ainsi, pour saturer à froid 100 parties d*eau, il faut 300 parties de sucre de canne et seulement 3,3 de chlorate de potasse, tandis que 100 parties de glycérine sont déjà saturées par 40 parties de sucre et dissolvent, par contre, plus de 10 parties de chlorate de potasse.) La solubilité dépend aussi de la température, mais suivant une loi qui varie avec la nature des corps en présence; elle augmente, en général, en même temps que la temi)érature ; toutefois quelques substances ont un maximam de solubilité correspondant à un degré thermométrique déterminé; noai reviendrons sur cette question dans l'étude de la chaleur (cf. Liv. V, chap. n).
La ilissolutionest un phénomène plus ou moins voisin de la combinaison chimique: elle s'en distingue par ce fait quelle s'opère suivant des propoitionsqui ne sont ni définies ni fixes; mais elle s'en rapproche en oe que le volume du mélange ne représente pas la somme des volumes do dissolvant et de la substance dissoute; il est presque toujours plus petit, de sorte que le poids spécifique <ie la solution excède d'une quantité appréciable la moyenne des poids spécifiques des corps mélangés. Ce résultai pi*ouve que, dans le phénomène de la dissolution, les molécules du solide et celles du liquide se rapprochent, sous l'influence de leurs attractions réciproques, de manièiv k être plus près les unes <les autres que ne 1 étaient primitivement les molécules du dissolvant; d'où Ton est en droit de couclore que l'attraction exercée par le liquide sur le solide est sujiérieure, non seulement à la cohésion de ce dernier, mais encore à celle du liquiiie lui-même.
74*. IfliMbition. — H existe un certain nombre de solides qui, placés en présence de liquides déterminés, manifestent des pliénomènes un peu dif* férents de ceux que nous avons rapportés à la capillarité et à la dissolution. iVest ce qui arrive, notamment pour des substances de nature organique, quand la force avec laquelle leurs molécules sont atlirèes }iar le liquide n'est pas suffisamment énergique ])Our détruii*e entièrement leur Cohésion et iH>ur les faire passer à l'état liquitie. L)eux cas peuvent alors ^e prèsenti.*r : ou bien les molécules liquides pénét]*ent dans les iuter* stices moléculaires du solide et y sont retenues ; c'est en cela que consiste VnnOibiiion; ou bii*n le curi»s soliile se désagrège en particules plus o« moins tenues qui se dissemineiit dans l'intérieur de la masse liquide pour constituer une solution imparfaite, Oi\ jïeut considérer ce genre de solution comme un mélange d'une certaine quantité de liquide pur avec des Inarticulés solides imbibt'es de ce même liquiile.
Tous les tissus organiques, à l'exception du tissu graisseux, possè<lent la propriété de >'iinbibiT d'eau. — Certains pixxluits du règne v^tald du règne animal forment avi-c l'eau des solutions imparfaites : l'amidon, U gonmie, le blanc tl'œuf, les zymases sont dans ce cas.
7S. DlffosiM iM li%iid«s. — U^s attractions qui s'exercent entre les molécules des solides et celles des liquides peu\ent aussi se manifester entre ilfli molécules appartenant toutes à fetat liquide. mai> de nature difiTérente. On dit de deux substances qui jouissent de cette propriété qu'elles sont diff%' sibles ou husciùlis lune avec l'autre : l'eau, par exemple, est miscihk â\ei: une solution de sucrt\ ou avec l'alcool, mais elle ne diffuse ni avec l'huile ni avec le nu-rcure.
L'osniose joue un rôle capital, en physiologie, dans l'absorption despro duits de la digestion et dans les échanges de matériaux qui constitaeol la nutrition des tissus; aussi convient-il de donner quelque développemenl k l'étude des phénomènes osmotiques ^*K
[Équivalent endosmotique. — Quand on veut comparer entre eUei différentes substances, au point de vue de leur diffusibilité au travers da membranes organiques, il est indisi)ensable d'opérer toujours dans lei mêmes conditions; les liquides seuls doivent varier ; encore faut-il avoii soin de rapporter toutes les expériences à un seul et même liquide prii comme terme de comparaison, puisque le pouvoir diffusif dépend de la nature des corps en présence; l'eau a été choisie pour servir de substance étalon.
Pour étudier les phénomènes d'osmose dans leur plus grande simplicité, il faut donc expérimenter toujours à la même température, avec la même membrane, et prendre l'eau pour y faire diffuser le liquide osmogène.
A cett(» fin, on introduit le liquide en expérience dans un tube ddl l'orifice inférieur est fermé par une membrane et plonge légèrement dans Yen d'un réservoir : un appareil ainsi disposé porte le nom iVendosmotnètre* Or, tant que la concentration du liquide osmogène reste sensiblement la mèiM et que la proportion de substance dissoute qui a passé dans le réservai extérieur est insignifiante, il y a un 7*appovt constant entrée le poids dé Veau qui pénètre dans V intérieur de Vendosmomètre et le poids delà substance dissoute qui en sort. Ce rapport représente ce qu'on appdk l'équivalent endosmotique d'un corps, ou la quantité d'eau qui se 8U^ stitue, par voie d'osmose, à 1 gramme de cette substance (JoUy).
Avec les membranes animales, l'équivalent endosmotique est le plus soovent supérieur à l'unité, c'est-à-dire que la quantité d'eau qui remplace k corps osmogène est plus grande que le poids de cette substance qui soil de Tendosmomètre ; d'autrefois elle n'en est qu'une fraction. Dans li premier cas, l'osmose est dite positive; dans le second, elle est négaiite.
L'équivalent endosmotique d'un corps dépend : 1** de sa nature chimique; 2" du degré de concentration de sa solution. Ludwig a montré qu^ pour la plupart des solutions à osmose positive, l'équivalent endosmotique augmente avec le degré de la concentration; il varie en sens inverse quiwi l'osmose est négative. Mais ces variations suivent une marche très lente, tant qu'on ne dépasse pas la limite h partir de laquelle le coips qui sediffuie perd son eau de cristallisation ou d'hydratation. Ainsi, d'ajtrès Eckbard, une solution contenant 4,6 **/„ de chlorure de sodiutn possède unéquivalefit endosmotique égal à 1,5; si la proportion de sel est de 11,1 Vot l'équivaleit s'élève à 2, .S; et il devient égal à 3 quand la coi.centration de la Itqueureil de ::i(j,57o. JoUy a trouvé un équivalent endosmotique de 200 pour Thydnle lie potasse et de O.Itt pour l'acide sulfurique monohydraté. L'équivaleul ài Nuliate de soude diminue quand la concentration augmente, bien que ce id ait une osmose positive (Ludwig).
Vitesse de diffusion dans l'osmose. — La vitesse avec laquelh
<i) L'auUar r**nvoiii, pour (*<*lt« étude, A ton Trait'' de ph^tioloffie de Chommê (y. WmniT. l'wh d"!- Pky^io'oji' d*»« .V'*«''à^rt, 91 S7- H. -'• ôdit. Brl;ing«<n 18Ô8,. Les déUiU que noiu piKoM cri>r>i»t]i, «ont «;n in3J«*iire piiti*», uq« tradictioo libro el r4taniéo do cos paragnphM au T^mti ^
ACTIONS MOLÉGDLAIRKS. DKS LIQUIDES 151
l'effectue l'échange entre l'eau pure et une substance dissoute est constante, lussi longtemps que la concentration de la solution reste la même, que l'eau waserve sensiblement sa pureté et que la température ne varie pas.
Les vitesses de diffusion des différents corps, à travers des cloisons poreuses, ne dépendent pas des équivalents endosmotiques ; mais elles sont eu relation avec la solubilité du corps considéré et avec sa composition chimique. La vitesse de diffusion augmente en même temps que la solubilité; des substances voisines sous le rapport chimique possèdent des vitesses (le diffusion peu différentes les unes des autres.
En outre, le degré de concentration de la liqueur a une influence marquée sur la vitesse de diffusion qui croit plus rapidement que la proportion de matière dissoute n'augmente. Dans l'osmose entre l'eau et une solution saline, la vitesse avec laquelle les molécules de sel se dirigent vers l'eau est d'autant plus grande que la solution saline est plus concentrée : il en est de même de la vitesse du courant qui entraîne les molécules d'eau vers la ttlation ; mais l'accélération de ces deux courants n'est pas égale : elle est phw grande pour celui qui va de l'eau vers la solution saline que pour cdui qui marche en sens opposé. On voit par là que, plus une solution eit concentrée, plus est grande la proportion d'eau qui, dans un temps lonné, traverse une cloison poreuse pour se mêler au sel.
Ainsi sexplique le fait indiqué plus haut, à savoir que l'équivalent endosnotique croit avec la concentration de la liqueur.
Osmose entre des solutions de composition et de concentration DIFFÉRENTES. — Quand l'osmose s'opère, non plus entre une solution et l'eau pure, mais entre deux solutions différentes, les effets produits Upendent, d'une part, du degré de concentration des deux liqueurs, d'autre |ttrt, de la nature chimique des corps dissous.
L'influence de la concentration entre seule en jeu, du moment qu'on Eût diffuser deux solutions renfermant le même corps, mais en proportion différente. Dansée cas, la proportion de substance dissoute diminue dans la liqueur la plus concentrée, pendant qu'elle augmente dans la solution la plus étendue; en même temps, il se produit un changement de volume, comme cela a lieu quand l'osmose s'effectue entre une solution saline et l'eau pare; mais la variation de volume est moins rapide avec deux solutions. Si ou maintient constant le degré de concentration de chacun des liquides, l'échange qui s'opère à travers la cloison poreuse entre les principes constituants de ces solutions ne varie pas non plus : chaque gramme de sel qui, dans un temps donné, passe de l'une des solutions dans l'autre, est remplacé par un poids déterminé d'eau, et le rapport des quantités pondérales d'eau et de sel. qui se substituent ainsi l'une à l'autre, est à peu près le •nême que si l'osmose avait lieu entre la solution la plus concentrée et deTeaupure; dans ces conditions, l'équivalent endosynotique veste donc ^lisiblement constant. D'autre part, la vitesse avec laquelle s'opère la 'liffusion croît en raison inverse de la différence de concentration des deux solutions en présence.
Lorsqu'on soumet à la diffusion osmotique deux solutions renfermant des
corps de nature chimique différente, l'échange entre les principes dissous
^effectue d'autant plus rapidement que ces substances ont une plus grandç
152 HE LA PESAXTECU
affinité chimique Tune pour l'autre. Ainsi la vitesse des courants osmotiques est plus grande entre un acide et une base qu'entre deux acides ou eiitre deux sels. En outre, l'un des courants prédomine d'autant plus qu'on opère sur des corps à affinités mutuelles plus énergiques : quand on met, par exemple, un acide en présence d*un alcali, l'acide se porte vers Talcali et le contre-courant fait entièrement défaut.
Colloïdes et gristalloïdes. — Tous les corps que M. Graham désigne sous le nom de colloïdes^ la gomme, l'albumine, la gélatine, etc., ont pour caractère commun, lorsqu'ils sont à l'état de solution aqueuse, de ne traverser que très difficilement les membranes organiques. Mais, en raisoDde Taltraction que ces substances exercent sur l'eau, elles possèilent un équivalent endosmotique élevé et qui parait compris entre celui des alcalis et celui dos sels ; du n»ste, le courant endosinotique, aussi bien que l'exosmotique. a une vitesse très faible.
M. Graham oppose aux colhûdes les suLscarces qu'il appelle cristalMdes et qui pi^ssèdeîit -a pn»priété de travers^^r f;iciliMnent les membranes organiques. Les colloïdes sont des subslancL*s qui ne cristallisent pas et qui donnent une consistance gélatineuse h l't-au dans laquelle on les dissout: la plupart des matières cristalloïdes, au contraire, peuvent être obtenues! l'état cristallisé.
L'albumine dissoute a plus d'aflinité exosraotique pour les sels que pour IVau purt\ et son courant de diffusion augmente assez rapidement avec 11 concentration de la solution saline. G'pendant , si la proportion Je sd dissous tst excessive, les échansres moléculaires s'arrêtent, du moins a ré^arvl de ra!bumi:.e. laquelle ne cède plus que de 1 eau au bain salin.
Dl\ltse. — Ouai.d on fait diffuser dai.s IVau un mélange de colloïdes et de o: istalloï îes er; s ^lutioii, aucune trac^ de matière coUonle ne traverse la membrane au début de rexpér:e:.ce. Si on met, par exemple» dans uî» endosmometrt» un mèlar.ge «le gon.me et de sucre dissous dans l'eau, îe sucre seul traverse !a merubraiie ie rappar^-il |H.»ur se répandre liai:* le Kr.:. e\ter;e*,:v. iVtst t-:: s^* Kisa:.: >:r Cv : r;:.oipe que M. Graham a nuacire v.v.-^ ni^v.vtl'.t' :i:é**î-:r^ |-^;;r • :> r- r, da^s u:; n.é'ang»/ de différente* s<\u::.^r.^. la seiarati» :i drs oristall^»: IvS -.\iv-c îes C'-lIi»: î»s. C»n introduite n:el,i aie /;a::s ui; Tvs^n- ir ?. ::a::î co:.st::-:e :ar u:.r- s. rte de tamis itonl îe !v^* d r>: eu cm '« >• mi re .v; :.' .:\r::-r r. :. colle cu'on a rendu Inès rv^>:sM:.: t: ::v,p.itrescible. e:. 1t ::vm;a:.: ^:3^.^ Irn^i-îr sullurique): ce tinu* e.-t : 1.KV s.:r u:. la::: dVa.: *:'-:. ".*.«> :a:.s l-vuel les .ristailoLies se n-iuto* après .i\,^:r :r,iverso la :..ç:v.bra:.e.
iV::e r.:eîhvvle de >e:\;.Mî\^:. ^s i.*. r:<:- rt: le lo:v. ierf^a/w^etTappapeil
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iCTIOr^S MOLÉCULAIRES DES LIQUIDES 153
îDOUYeler fréquemment l'eau distillée dans laquelle flotte le dyaliseur. le tous les corps colloïdes, c'est la gomme qui possède la diffusibilité la las faible. M. Graham et M. Eckhard ont constaté que les membranes anilales et le parchemin végétal ne laissent passer aucune trace de gomme ; f. Schumacher a observé une légère diffusion de cette substance, eu mployant une membrane de collodion. Avec des solutions de pectine et de jcjatine on obtient le double courant d'endosmose et d'exosmose, même i travers les membranes animales. M. de Wittich a reconnu que les )eptones se distinguent de toutes les autres substances albuminoïdes par eur plus grande diffusibilité.
Influence de la nature de la cloison poreuse sur l'osmose. — L'équivalent endosmotique est en général plus élevé, toutes choses égales railleurs, quand la membrane interposée entre les deux liquides qui diffusât l'un vers l'autre est desséchée, au lieu de se trouver à l'état frais ou ravoir été préalablement imbibée ; la membrane en se gonflant devient m peu moins perméable à l'eau et, au contraire, plus perméable aux ds. L'équivalent endosmotique n'a donc pas une fixité absolue, même lans le cas où on emploie toujours la même espèce de membrane, et il we dans des limites assez étendues, suivant la nature de la cloison poeuse. Les diaphragmes qui n'ont pas la propriété de se gonfler dans l'eau, dles sont les cloisons d'argile, ne font pas éprouver des variations de ce enre à l'équivalent endosmotique; aussi sont-ils plus propres que les memnines organiques à faire connaître l'influence de la dimension des pores ar l'osmose.
En employant des diaphragmes d'argile dont les pores sont de plus en tas larges, on trouve qu'il arrive un moment à partir duquel l'effet de la toison poreuse sur la diffusion des liquides disparait complètement : il se roduit un simple mélange, mais point d'osmose, c'est-à-dire que l'équiaient endosmotique est alors égal à l'unité.
A mesure que les pores diminuent de largeur, l'équivalent endosmotique 'éloigne de l'unité, s'élevant pour les corps à osmose positive, s'abaissant ourles substances à osmose négative. Mais après avoir atteint une valeur laximum correspondante à une étroitesse déterminée des pores, l'équiaient endosmotique se rapproche de nouveau de l'unité jusqu'à ce qu'enfln i ne se produise plus ni osmose, ni diffusion ; à ce moment-là, la cloison »l devenue entièrement imperméable aux liquides. Ainsi donc, relativement ui dimensions des pores du septum interposé, il existe deux valeurs miles, en dehors desquelles l'endosmose n'a plus lieu; dans l'intervalle e trouve une valeur particulière à laquelle répond un changement dans î sens des variations de l'équivalent. La largeur des pores qui corres- Oûd à ce point de rebroussement varie considérablement suivant la nature es solutions qu'on fait diffuser; elle est d'autant plus petite, pour les otutions salines mises en présence de l'eau, que le sel a plus d'affinité Ottrce dernier liquide.
L'épaisseur de la cloison, c'est-à-dire la longueur des pores, exerce sur es phénomènes osmotiques la même influence que leur largeur: plus la fc>ii est épaisse, plus l'équivalent endosmotique s'écarte de l'unité.
Ce que nous venons dédire des diaphragmes en argile s'applique éga-
lement aux membranes organiques. Aussi est-ce probablement aux dimensions variables des pores qu'il faut attribuer en grande partie les différenoei qu*on observe dans l'osmose, suivant que la membrane employée est sid» ou humide, suivant que la pression est plus ou moins forte, etc. Si doue on voulait déterminer la part d'influence qui revient aux propriétés phjsiques et chimiques des septums membraneux, il faudrait essayer comparativement des membranes de nature différente, mais identiques quant aux dimensions de leurs pores. C'est là une entreprise à laquelle on ose i peine songer; jusqu'à présent, du moins, c'est tout au plus si Pon api établir, sous ce rapport, quelques points de repère.
Les cloisons d'argile et la plupart des membranes organiques, notamment toutes celles d'origine animale, employées comme diaphragmes osmotiques entre Talcool et l'eau, laissent passer ce dernier liquide en pins forte quantité que l'alcool. La proportion est renversée quand on opin avec une membrane de caoutchouc ou de coUodion : le courant le pin intense est dirigé de l'alcool vers l'eau. Ces différences dans le sens di courant endosmotique sont dues aux pouvoirs d'imbibition des membnuMl relativement à tel ou tel liquide : toutes les membranes qui favorisent b passage de l'eau dans l'alcool s'imbibent facilement d'eau; les membrtnei qui font, au contraire, prédominer le courant dirigé de l'alcool versl'eai, attirent l'alcool avec une plus grande énergie.
Théorœ de l'osmose. — Les phénomènes généraux de l'osmose reposant sur deux faits fondamentaux, Timbibition des cloisons poreuses, réaultÉl de l'adhésion des liquides aux solides, et la diffusion des liquides.
Qu'on se représente uiie membrane, dont l'une des faces soit baignée par un liquide A et l'autre par un liquide B. Pour qu'il y ait osmose, c'elh à-dirt^ mélange des deux liquides avec transport réciproque et inégal (b leurs éléments constituants, il faut : 1^ que les rleux liquides soient misciblai; 4^' que l'un des liquides, par exemple, le liquide A, ait plus d'af&nité qjiê l'autre pour la substance de la membrane; 3^ que l'affinité du mélange dfll deux liquides pour la membrane soit intermédiaire entre les adhésions <b chacun <ît»s li(iuid('s à cette mêm«» cloison.
Dans ces conditions, le mêlante des dt'ux liquiiles ne peut plus s'opénr suivant le même mode que la diffusion libre sans interposition de doisoa poreuse. G>nsidérons, en. effet, ce qui va se produire dans un pore quaiconque du diaphragme : le liquide A, qui a le plus d'affinité pour la soksUuice de lacloison,'i»ènètr<*ra dans le pore et le remplira en entier, chassari au besoin devant lui le liquide B. :iu cas où ce dernier tendrait amm à s'introtluireilans cet espace: paneiiue sur l'autre face du diaphragma, la liqueur A se )*êpandra dans la liqueur B en vertu de l'affinité des deox liquides l'un pour Tautn'; puis <le nouv.dlf»s quantités du premier liquida traverseront 1«» |K>ri* pour remplacer la portion qui s'est diffusée dans la liquide B, et ainsi do suit*». De là un transport continu du liquide A veri le liquide B. d*où !-êsulte h» courant que Dutrochet a appelé etidosmotiq^^ Telle est, du moins, la marclu» tlu phénomèn*» dans la couche de liqui<la en contact immê liât avt»o la pan>i intérieure du pore: mais dans le liW central les ileux li(|uides se mêlani^ent en suivant les lois de la diffusioa libre, car dans c^tle partie du port» ils sont soustraits à l'action élective de
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i cloison. Dès lors, il s'opère entre les molécules des deux liquides un change par parties égales, qui donne naissance à deux courants, Tun irigé dans le même sens que le courant endosmotique et venant le renoroer, l'autre dirigé en sens contraire et constituant le contre-courant m courant exosmotique de Dutrochet; ce dernier a pour effet de faire ttsser du liquide B dans le compartiment occupé primitivement par le iqûde Â.]
INDICATIONS BIBLIOOBAPHIQDBS BBLATIVBS A L*OSllOtB
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