Tome II
IC)4 TBAITÉ filÉMBNtAîîlE
dans le djlamant arec le eharbon , et égal en poids a prës delà moitié de ce combustible y eût échappé à l'attention de quatre chimistes d'un mérite aussi distingué. Telle fut cependant la conséquence à laquelle deu^ géomètres célèbres se trouyërent conduits par l'observation et par la théorie , et dont l'énoncé était que le diamant renfermait plus du tien de son poids d'hydrogène^ et que c'était à la présence de ce principe que derait être attrjbuée sa grande puissance réfractive.
1075. Mais cette conséquence, amenée par un travail qai^ considéré en lui-même , était d'un grand intérêt, n'a pu tenir contre de nouvelles analyses d'autant plus ooncluantes^ qu'elles ont été entreprises daus la vue de la vérifier , et que ce motif était , pour les auteurs, une invitation à chercher l'hydrogène dans le diamant, et à déployer toute la puissance des moyens chimiques, pour le saisir et le mettre en évidence, supposé qu'il existât.
1076. M. Guy ton, qui était intéressé personnellement dans la vérification dont nous venons de parler , a repris son travail sur le diamant *, il n'a rien négligé pour s'assurer de la fidélité des instrumens dont il s'est servi , et de la justesse du résultat auquel il devait arriver, et il a fini par considérer de nouveau le diamant comme du carbone pur, uni peut-être à quelques atomes d'eau de crbtallisation (1).
1077. M. Dav}*, à qui il était réserve de répandre un dernier trait de lumière sur le sujet de la question présente , a étendu SCS recherches aux diflerentes substances carbonées susceptiUes d'oiïrirdes termes de comparaison avec le diamant. Il a déterminé les petites différences qui les en distinguaient , et dont la principale consistait dans une légère quantité d'hydrogène que renfermait exclusivement la plombagine et le charbon ordinaire. La conséquence qui découle de l'ensemble de ce beau travail, est que le diamant , en brûlant , ne donne absolument que du gai acide carbonique pnr (2) , expression qui ne fait que répéter en
(1) Annales de Chimie et de Physique , nov. i8ia.
(a) Aunale* de Chimie cl de Physique , 1. 1 , p. 16 cl suit.
d^autlrës tenues ce qu^ayaient déjà dit toutes les analyses précédentes. -
1078. Ainsi fut décidée sans retour une question dont la solution ajoute une nouvelle surprise à celle qu'avait fait naître la combustion du diamant Les extrêmes parurent se tçucher, lors^ qu'on vit le plus dur et le plus brillant de tous les minéraux^ et l'un des plus limpides, s'identifier par sa composition avec oc corps noir, opaque et si tendre, (fUe nous dbteuons par la com* bustion des matières végétales.
1079. Nous placerons ici une observation qui ne nous parait pas indifierente : c^est que , sans faire intervenir la considération d'aucun principe composant , d'une nature particulière., on conçoit comment les puissances réfractives se trouvent augmentées dans les corps combustibles en restant proportionnelles aux densités. On sait qu'en général une forte action d'un corps sur la lumière est accompagnée d'une forte action de ce corps sur la chaleur, ou, si l'on veut, de la chaleur sur ce corps, puisque toute action est réciproque^ Il en résulte que la disposition d'un corps à subir la combustion dans laquelle la chaleut joue un si grand rôle, semble être liée à la propriété de réfracter fortement la lumière. La disposition de certains corps à la combustion devient ainsi comme un facteur commun qui multiplie les puissances réfractives de ces corps , en sorte que l'échelle de ces der^
,nières continue de suivre la même loi que les densités, aveO Cette seule difierence, que les degrés de cette échelle se trouvent plus élevés qiie' dans les cas oii les corps ne seraient pas combustibles.
1080. Nous citerons à l'appui de ce qui vient d'être dit , une Isxpériience très intéressante faite par M. Davy en i8i4, dansla-* quelle la chaleur la plus active à laquelle le diamant puisse être exposé , a été accon^pagnée d'une émanation propoi*tionnelle dé lumière. Pendant que ce savant chimiste sWcupait des rechercl^es dont nous atons parlé plus haut, il avait à sa disposition la len<* tille de Tschirnausen, que l'usage qui en avait été fait à Florence pour opérer la combustion du diamant avait rendue céldbre^ M. Davy remarqua que ce corps, après avoir été fortement chaufie,
ïgÔ TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
-eu mojen de celte méhie lentille ^ dans uûe capsule mince de platine que l'on avait percée de plusieurs trous , pour laisser & l'air une libre circulation , continuait de brûler, à l'aide du gax oxigëne dans lequel il était plongé , lorsqu'on l'avait retiré du foyer de h. lentille. La lumière qu'il produisait était à la fois tranquille et d'un rouge si éclatant, que la plus vive clarté du B^leîl ne l'éclipsait pas; et la chaleur était si intense, que^ dans une expérience o& trois fragmens*de diamant, du poids de o^, 1 19*' furent brMés, un fil délié de platine, qui avait setyi k les fixer dans la capsule, fut fondu, et cela , quelque temps après que les diamans eurent été soustraits à l'action du foyer (1).