DES QUANTITÉS D'ÉLECTRICITÉ
rapport suivant lequel la charge se partageait entre l'armature et la sphère. La charge de celle-ci se déterminaitensuiteavec la balance de torsion, par la méthode du plan d'épreuve, et on la rapportait à l'unité de fluide électrique, en connaissant, par des expériences préalables, le moment du couple de torsion correspondant à un angle donné. Au lieu du plan d'épreuve, on employait une petite boule égale à celle de l'aiguille de la balance. Les formules qui donnent le partage de l'électricité entre deux sphères en contact, ont donné le rapport de 1 à 0,0079377 entre la quantité d'électricité que conservait la sphère, et celle que prenait la petite boule ; et comme le rapport de la charge de la sphère à celle de l'armature delà bouteille était de 1 à 0,03276, on en concluait le rapport entre la charge de cette dernière et celle de la petite boule. En6n, on déterminait le nombre d'unités qui correspondait à la charge de cette dernière. La moyenne des expériences a donné 22171000 unités, pour la charge de la bouteille, et, par suite, 155370 millions pour la quantité d'électricité positive ou négative qui passait par chaque section d'un conducteur parcouru par un courant d'intensité égale à l'unité électro-magnétique.
M. Weber prend pour unité d'intensité électrochimique, l'intensité du courant qui décompose pendant l'unité de temps 1 milligramme d'eau, ou une quantité équivalente d'un électrolyte quelconque; il trouve que cette unité correspond à 106,66 unités électro -magnétiques. H faudra donc, pour décomposer 1 milligramme d'eau, 16572 billions d'unités, et 9 fois plus, ou 149 148 billions, pour décomposer un équivalent d'eau. Cette dernière quantité, accumulée sur un nuage placé à 1000 mètres de hauteur, et agissant sur une quantité égale de fluide contraire placée à la surface de la terre, exercerait une attraction équivalente à 2 268 000 kilogrammes !
On doit conclure de ce qui précède, que les piles galvaniques dégagent des quantités prodigieuses d'électricité, mais qu'elles ne donnent que de faibles tensions, à moins qu'on n'emploie un très grand nombre de couples; tandis que les machines à frottement, qui peuvent donner de fortes tensions, ne produisent que de très faibles quantités d'électricité. Cependant, certaines machines hydro-électriques peuvent approcher sous ce rapport des piles proprement dites.