MOUVEMENTS MOLÉCULAIRES PENDANT L* AIMANTATION
longueur, et paraissait indépendant de la grosseur de la barre. Pour une même barre, rallongement semble proportionnel au carré du magnétisme développé. Quand le courant cesse, la barre de fer se raccourcit moins qu'elle ne s'était allongée, à cause du magnétisme qui persiste. Les barreaux d'acier , quand ils ne sont pas trop fortement trempés, s'allongent aussi , mais bien moins que les barreaux de fer ; et, au lieu de se raccourcir quand on supprime le courant, ils éprouvent un nouvel allongement, moindre que le premier ; ce qui peut être attribué à l'état de tension des molécules de l'acier trempé, car le fer fortement écroui donne les mêmes résultats. L'influence de l'état de tension est évident quand on opère sur des fils de. fer fortement tendus ; alors le passage du courant détermine un raccourcissement sensible à partir d'une certaine tension, qui est de 350 kil. au moins pour un fil de 5mm de diamètre. A partir de la limite, le raccourcissement parait être sensiblement proportionnel à la racine carrée de la tension. L'acier fortement trempé se raccourcit aussi pendant le passage du courant, mais seulement quand ce dernier est capable de lui faire dépasser l'état de saturation relatif au magnétisme permanent ; si
rgOl
Fig. 4225.
le courant est trop faible pour cela, il n'y a pas de changement de longueur. La compression ne semble produire aucun des effets delà tension.
Cas où le fil sert de réophore. — M. W. Beatson a observé un allongement dans un fil de fer parcouru directement par le courant. Cet allongement a lieu dés que le circuit est fermé, et ne peut se confondre avec celui que produit réchauffement du fil ; car une contraction égale a lieu dés que le courant est interrompu. Ces changements étaient observés au moyen d'un levier attaché au fil par l'un de ses bras, beaucoup plus court que l'autre '.
Action transversale produite par l'hélice. — Les expériences qui précédent prouvent que l'action de l'hélice produit une composante parallèle à son axe. Comme les volumes ne varient pas pendant les changements de longueur, il faut qu'il existe aussi des composantes perpendiculaires à l'axe. C'est ce qui résulte directement des expériences de M. Wertheim 2. Une barre de fer doux f, f, fixée par le milieu dans un étau e (fig. 1225), est entourée par une bobine B composée de 1336 tours d'un fil de cuivre de 2mni,5 de dia-
i Bibl. univ. de Genève (Archives des sciences), t. II (4 846), p. H 3. 3 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXIII, p. 305.
ELECTRO- MAGNETISME.
mètre. Les extrémités de la barre sont placées sous des microscopes m, m\ que Ton peut déplacer parallèlement à eux-mêmes, au moyen de vis micrométriques v, v' . Chaque microscope est soutenu par deux colonnes c, c\ dont l'ensemble peut tourner autour d'un axe vertical. Quand on place les colonnes comme en c', le microscope se meut dans le sens de Taxe de la barre et sert à en observer les variations de longueur ; quand on les place comme en c, il sert à observer les déplacements latéraux.
Au moyen de cet appareil, M. Wertheim a constaté que : i° quand l'axe de la barre coïncide avec celui de la bobine, il se produit un allongement, d'autant plus prononcé que la bobine est plus éloignée de l'étau e ; 2° quand cette coïncidence n'a pas lieu, l'allongement est accompagné d'un déplacement latéral vers le côté de l'hélice le plus rapproché. La (lèche de ce déplacement à l'extrémité, est d'autant plus grande que la bobine est plus éloignée de l'étau, et que son axe s'écarte davantage de celui de la barre. La flèche est aussi sensible* ment proportionnelle à l'intensité du courant. L'unité d'intensité était celle qui faisait dévier de 40° l'aiguille d'un réomètre. En désignant par P le poids qui produirait la môme flèche f rapportée à l'unité d'intensité, quand la distance D est successivement de 80mm et 50B,m, M. Wertheim a trouvé les résultats moyens qui suivent :