‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 50 sur 186 · PROPAGATION DANS LES CORPS ISOLANTS · texte numérisé non relu

PROPAGATION DANS LES CORPS ISOLANTS

de la face positive ou de la face négative. Le spermaceti, ou blanc de baleine» convient particulièrement pour ces sortes d'expériences, parce qu'il isole assez imparfaitement.

4350. Quantités d'électricité enlevées par ue laaie isolante. —

M. Matteucci a fait de nombreuses expériences sur ce sujet, au moyen d'une balance de torsion ( fig. 4015), dans laquelle on peut introduire, par dessous, la lame isolante /, fixée à une tige de verre portée par un pied c. Quand les deux boules électrisées o et a sont écartées de 30° et en repos, on applique la lame / par son centre contre la boule o, pendant 5 minutes , puis on la retire. On trouve alors que l'écart des boules a et o a diminué , ce qui montre que la lame / a emporté une partie de l'électricité de la boule o. En agissant sur le micromètre m, de manière à diminuer la torsion du fil, on ramène l'écart à 30°, et le rapport entre les quantités d'électricité de la boule o avant et après le contact de la lame J, est donné par celui des angles de torsion.

Voici les principaux résultats trouvés par cette méthode : 1° la quantité d'électricité enlevée par une lame isolante à une boule métallique électrisée, est plus grande que celle

qui serait proportionnelle à la charge de cette dernière, et la dépasse d'autant plus que cette charge est plus grande. 2° Pour une même charge , la quantité enlevée est plus grande avec la lame la plus mince et la moins étendue , et ce résultat est d'autant plus prononcé que la charge est plus forte. 3° La diminution dans la quantité enlevée quand l'épaisseur augmente, n'est pas proportionnelle à l'augmentation d'épaisseur.

Il résulte de là que la forme d'un corps qui touche une boule métallique électrisée, a une grande influence, à égalité de masse, sur la quantité de fluide qu'il lui enlève. Par exemple, une lame de soufre de 25 centimètres carrés de surface et de %mm d'épaisseur enlève, en 5 minutes, A fois plus d'électricité environ, à une boule métallique, quand elle la touche par son contour arrondi, que lorsqu'elle la touche par le centre d'une de ses faces. La même masse de soufre, mise sous la forme d'un petit cylindre de 40mm de long, terminé par une pointe par laquelle elle touche la boule, lui enlève encore plus d'électricité pendant le même temps.

Influente de la •abstanee de la laaie. — Le soufre et la gomme laque enlèvent à peu prés les mêmes quantités d'électricité, mais le verre en enlève beaucoup plus que ces deux corps. Les différentes espèces de verre agissent aussi d'une manière différente. 11 suffit qu'une même lame de verre

Fig. 4045.

ait été chauffée et refroidie dans de l'air plus ou moins sec, ou que l'état de sa surface ait été modifié, pour qu'elle produise successivement des effets différents. Si l'on enduit une lame de verre, de couches de gomme laque sur ses deux faces, la perte qu'elle produit diminue à mesure que le nombre de couches augmente, et finit par être égale à celle que produirait une lame formée entièrement de gomme laque. Avec les charges qu'employait M. Matteucci, la couche de vernis devait avoir une épaisseur de } de millimètre pour qu'il en fût ainsi. Une lame d'étain, recouverte de couches de gomme laque assez épaisses pour que l'électricité ne pût les traverser, se comportait aussi comme une plaque formée seulement de gomme laque.

influence de in température. — Une très petite augmentation de température suffit pour diminuer notablement le pouvoir isolant des corps. Ainsi, la boule fixe de la balance de Coulomb, complètement isolée par une tige de gomme laque de imœ de diamètre et de Abmm de longueur, quand la température est de 15 à 20°, ne l'est plus qu'imparfaitement à 22°. La chaleur a plus d'influence sur la gomme laque que sur le soufre; c'est vers 13° que leur pouvoir est sensiblement le môme. M. Matteucci ayant enveloppé une boule métallique électrisée, avec deux hémisphères creux pratiqués dans les deux moitiés d'un cube en gomme laque, trouva que la perte de la boule était exprimée, à 13°,8, par la fraction ^ ; et dans un moule semblable en soufre, par 5V; la perte dans l'air sec pendant le même temps étant égale à ^y. Mais à la température de 35°, cette perte fut de ^ï dans le moule de gomme laque, et de 4*ô seulement dans le soufre.

435 f . Différente entre les denx flnfdes. — Il résulte d'expériences faites avec les deux espèces d'électricité, que le fluide négatif passe plus facilement que le fluide positif, d'une boule électrisée, sur une plaque de soufre ou de gomme laque qui la touche.

Figures de Leiehtenfcerg. — Une expérience ancienne montre la différence de propagation des électricités sur les matières résineuses. On prend un plateau de résine bien uni et à l'état neutre, et Ton dépose sur sa surface, au moyen du bouton dune bouteille de Leyde que l'on tient par la panse, de l'électricité positive, suivant des lignes quelconques. On répète cette opération, mais en suivant d'autres lignes, après avoir chargé l'intérieur de la bouteille, d'électricité négative. On a ainsi, sur la résine, des lignes électrisées positivement, et d'autres négativement. On projette alors sur la résine ainsi préparée, un mélange de poudres fines de minium et de soufre, au moyen d'un petit soufflet dans lequel on les a introduites. Les deux poudres s'électrisent en passant par la tuyère du soufflet; le soufre, qui est électrisé négativement, se porte sur les courbes électrisées positivement, et le minium sur celles qui ont reçu le fluide négatif. On a donc des bandes jaunes et des bandes rouges. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les bandes jaunes présentent des ramifications multipliées et divergentes , tandis que les rouges ont des contours unis; ce qui indique une différence dans la manière dont les fluides déposés successi-

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