‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 97 sur 186 · ÉLECTRICITÉ DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ DES VÉGÉTAUX

intense, que le fil extérieur était plus prés de l'épiderme. Si , quand ce dernier fil est tout prés de l'épiderme, on retire l'autre de la moelle, pour le rapprocher de l'écorce, le courant s'affaiblit jusqu'à ce que le fil soit placé entre le bois et l'écorce, dans la couche de cambium qui les sépare. Le courant change alors de sens, et le fluide positif part de l'épiderme. Si l'on prend un morceau d'écorce détachée de l'arbre, et qu'on applique les fils du réométre sur la face interne et sur la face externe dépouillée de son épiderme, on obtient encore un courant, mais il s'affaiblit beaucoup plus promptement que dans l'expérience précédente ; ce qui prouve que l'action de l'air a pour effet de faire disparaître les propriétés électriques. M. Becquerel a fait aussi beaucoup d'expériences sur des tubercules et diverses racines. Dans toutes ces expériences, il faut avoir soin d'éviter les effets de la polarisation des fils de platine.

M. Becquerel explique les courants dont nous venons de parler, par la réaction de la sève riche en oxygène qui monte dans le ligneux, sur la sève qui descend dans le tissu cortical et qui perd continuellement son oxygène. La sève ascendante se comporte comme un acide à l'égard de l'autre. Il suffit même de plonger dans l'eau , des aiguilles de platine que l'on vient d'enfoncer dans le ligneux et l'écorce, pour obtenir un courant produit par l'action chimique des sucs qui adhèrent à la surface de ces aiguilles. Si l'on enfonce les aiguilles à la même profondeur dans l'écorce, en deux points placés sur la même verticale, on obtient un courant qui indique que l'aiguille inférieure prend le fluide négatif; ce qui devait être, puisque la sève perd de plus en plus son oxygène , en descendant. Si l'aiguille inférieure est plongée dans le sol humide, à quelques mètres des racines du végétal, qui peut, du reste, être ligneux ou herbacé, on obtient un courant qui montre que l'aiguille plongée dans le sol reçoit l'électricité positive. Ce résultat s'explique en admettant que la sève ascendante communique aux racines l'électricité positive qu'elle prend dans sa réaction sur la sève descendante. Au lieu d'enfoncer l'une des aiguilles dans les couches extérieures du végétal , on peut la placer entre plusieurs feuilles superposées tenant encore aux branches. Si on l'enfonce dans le ligneux prés de la moelle, on obtient peu ou point d'effet, comme on pouvait le prévoir. On voit que ces effets tendent à diminuer l'électricité négative du sol et doivent avoir une certaine influence sur l'état électrique de l'air. Enfin , les courants que l'on dérive à l'extérieur de la plante, tendent à prouver qu'il circule dans son intérieur, des courants électriques dans des directions diverses.

M. Buff a publié de nouvelles expériences, dans quelques-unes desquelles il avait soin de ne pas blesser ou mutiler les plantes sur lesquelles il opérait '. Deux vases contenant du mercure recevaient des fils de platine entourés d'un tube de verre et mis en rapport avec un réométre ; sur le mercure était de l'eau dans laquelle étaient plongées les deux parties du végétal dont on voulait comparer l'état électrique. Quand ces parties étaient les feuilles et les racines,

1 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XLI, p. 498.

enlevées du sol sans les déchirer, et débarrassées de la terre qui les entourait, au moyen d'un courant d'eau, on constatait un courant allant des racines aux feuilles à travers la plante. Dans une branche séparée de la tige , le courant marchait aussi vers les feuilles. L'écorce jeune et fraîche, les boutons, les fleurs se comportent comme les feuilles. Dans les champignons, l'intérieur est négatif par rapport à la surface laissée intacte. M. Buff conclut, en général, que les racines et toutes les parties internes des plantes qui sont remplies de sucs , sont négatives , par rapport aux surfaces extérieures plus ou moins humides.

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